Cinéma / LE DEFI DU CHAMPION de Leonardo d’Agostini

Star du football à vingt ans, autour de ce jeune joueur aussi talentueux qu’ingérable, auquel la direction du club va imposer l’ultimatum d’un parcours disciplinaire éducatif. Le cinéaste Italien brosse un superbe portrait de la médiatisation du star-systèm, de ses coulisses, de ses dérives et des clichés, par l’approche originale qui en est explorée. Premier long métrage très réussi du cinéaste italien.

Chritian Ferro ( Andrea Carpenzano ) Buteur félicité par ses coéquipers – Crédit Photo : Destiny Films Distribution-

Christian Ferro (Andrea Carpenzano) est un de ces nombreux et talentueux jeunes joueurs propulsés trop rapidement au rang de stars et devenus millionnaires dont les dérapages font le « une » quotidienne de l’univers des médias, amplifiée par les réseaux sociaux . Toujours prêts à s’enflammer sur une action ou un but fabuleux, où à s’indigner des dérapages sur, ou, en dehors du térrain  des stars du Foot  . C’est ce qui va arriver à Christian dont les adversaires connaissent le caractère impétueux et ses  réactions… si on le provoque ou  le bouscule, qu’il s’agisse de supporters… ou d’adeversaires sur le térrain. Le carton rouge, faisant suite à une faute commise à son encontre, la provocation de l’adversaire et la réaction impulsive  déclencheant bagarre et son explusion,  lors d’une rencontre décisive, déchaînant les commentaires et la colère des dirigeants du club  qui décident de le sanctionner. Le cinéaste, grand amateur de football a éffectué un long travail en amont sur le sujet et,  en suppoter de l’AS Roma s’est vu « ouvrir » les portes du club par son dirigeant l’une des gloires du football Italien : Francesco Totti. Dès  lors , son approche réaliste   voulue  en a été facilitée, lui permettant d’inviter le spectateur  à « pénétrer »   dans les coulisses et  à  au coeur du milieu qui entroure ces gloires naissantes, afin d’en éclairer les aspects qui révélent leurs fragilités mises à l’épreuve : «  la question est de savoir si l’entourage du joueur est avec lui … pour lui , ou pour tout ce qu’il représente ? (…) pour un jeune, alors que c’est le sport qui doit être la chose importantte , c’est le pouvoir de l’argent qui prend le pas...», relève-t-il . Et  dès lors son « immersion »   au coeur du systéme par son réalisme fait mouche , s’appuyant de surcroît  , sur l’ exemples de deux jeunes Joueurs hors -normes,  dont les carrières ont été entachées par leurs comportements réputés « ingérables »,  dont il s’est inspiré . Il s’agit d’Antonio Cassano , attaquant originaire de Bari et qui a joué d’ailleurs à l’AS Roma de 2001 à 2006 , et passé ensuite entr’autres par le Real de Madrid et l’AC Milan. Choix completé par le cinéaste , suite à la lecture d’un article  dans la presse italienne , évoquant les démêlés de cet autre joueur , devenu célèbre en France : Mario Ballotelli pour avoir évolué  à L’ OGCNice ( 2016/ 2018)  et à Marseille (2018/  2019 ) , mais aussi en équipe d’italie , à Manchester City et dans les deux clubs Milanais. Joueurs , tous deux réputés   « ingérables » , ayant des  « caractères en réaction« , dont les médias s’emparent et s’en font sont l’écho amplificateur des comportements , sur et en dehors ,du térrain. Mario Balotelli   en a souvent occupé les espaces médiatiques , réagissant  aux provocations  et  interventiosn irrégulières  de ses adversaires sur le  terrain , interpellant les arbitres . Et surtout  défiant  le  public sur  les  propos racistes et insultes  dont il était l’objet , et qu’il ne supportait plus – en ayant souffert dès sa petite enfance –  et  se prolongeant  plus tard , lors  des rencontres du championnat  italien chez une partie du  public et supporters  de l’equipe adverse …

Vitorio , Le prof ( Stefano Accorsi) et Chritian Ferra ( Andrea Carpenzan - Crésit Photo : Destiny Films distribution-o
Vittorio , le prof ( Stefano Accorsi ) et Chritian Ferro ( Andrea Carpenzano ) – Crédit Photo: Destiny Films Distribution-

Le « carton rouge » de la mise à l’écart du groupe et de l’ultimatum auquel , ici , le heros Christian  devra satisfaire, va être à l’origine de cette approche réaliste dans laquelle le cinéaste a voulu s’inscrire et surtout , lui permettant d’affiner son regard sur cet univers complexe du monde du football , dont les interêts qui y prédominent empêchent , parfois , de trouver les solutions aux comportements de ces jeunes qui n’en possédent pas  toujours les «  codes »  , et s’y trouvent emportés par un torubillon qui ne fait que les enfermer encore un peu plus dans la spirale négative. C’est la belle idée du récit de s’attacher à en décrypter tous les aspects . S’appuyant sur les exemples en héritage de la belle humanité qui s’inscrivait dans les films des grands cinéastes d’hier, les Risi , Monicelli , Scola…ou , plus récemment de Paolo Sorrentino. Il en explore  et prolonge  ici , une superbe déclinaison au cœur du relationnel entre le joueur et son entourage : coéquipiers, entraîneur, dirigeants , agents , et aussi  celui des amis vrais et , ou, trop souvent  inrérressés. Sans oublier le contexte extérieur( supporters, médias…) engendré par la notorité,   qui fait vendre. Ce  vent de la   » trourmente » qui vous emporte  dans son cercle et ses  pièges . Ceux  du train de vie    ( piscines, villas, voitures de grandes marques.. du luxe et des plaisirs ) ,  que  les gros salaires génèrent . Avec  leur  lot de parasites qui savent si bien faire fructifier l’amité intérrésée et hypocrite. D’abord désorienté, Valério ( Stefano Accorsi ) , pris à contrepied dans un univers qu’il ne connaît pas …il ignore même le nom de la « star du foot! » ..qu’il  doit préparer  à réussir,  le Bac ! .  Ce gage de  réussite et de sérieux  exigé , qui permettrait au joueur de réintégrer  l’équipe . C’est si mal parti,  avec le « gamin » taciturne et son entourage qui n’y aide pas et perturbant les lecçons, que Valério envisage de renoncer!. Mais le besoin d’argent et de travail, l’ oblige  à s’accrocher . Contraiement à Silvio Berlusconi  patron de l’AC milan qui , avait engagé un policier pour surveiller Balotelli , c’est une autre méthode  « éducative» ,  que Valério, va  alors tenter d’expérimenter cherchant à pénéter les    « codes » qui pourraient lui permettre de susciter , l’écoute et la motivation du joueur . Observateur , voyant celui-ci intervenir à une séance collective de « mise en place tactique », par l’entraîneur , il se lance le défi : désormais son enseignement sera sur le même modèle ! . La superbe séquence qui l’illsutre , où  deson  cours sur les enjeux des influeneces ayant conduit à la première guerre mondiale 191/ 18 , il en fait l’enjeu d’une…  « tactique politique » qui s’apparente…à  celle d’un match de football , où il faut battre l’adversaire ! . Le tour est joué … voilà que le « langage » qui résonne désormais,  à la portée de Christian . Les repères de celui-ci auquel le « prof » a trouvé l’accès , vont   désormais  permettre la trasnmission du savoir … et, bingo! : celle-ci deviendra même objet de partage et d’ouverture, aux autres   !.. .

Christian ( Andrea Carpenzano) ,  rumine sur le banc de touche – Crédit Photo : Destiny Films Distribution-

Le magnifique « bascul » du récit et son emblématique enseignement qui permet de sortir Christian de l’enfermement dans lequel la notoriété et l’argent l’aveuglaient , vont dès lors changer son regard sur son univers… et sur ceux qui l’entourent , en même temps qu’il laisse entrevoir ses douleurs enfouies au plus profond  rejailissant  à vif  en forme de réactions violentes irrépréssibles . Ses yeux qui s’ouvrent aux autres et aussi à lui-même , lui font mesurer la solitude  de la « bulle »  dans laquelle il s’était enfermé,  génératrice de ses excès au moindre déclic de contrariété , qu’illustre sa phrase «  toi , tu me touche pas ! » , en forme d’avertissement . Cette métamorphose , le cinéaste l’illustre par de  belles séquences libératrices,  réveillant d’autres élans jusque là , réprimés :   Christian  se surprend à réagir diféremment , à  être à l’écoute  inaugurant  des relatiosn saines et sérieuses qui vont lui permettre de se sentir revivre . Revivre au térrain qu’il va retrouver, et cette fois-ci ( belle séquence )  ne pas  tomber dans le piège de la provocaton. Se libérant d’un comportment agressif , il finira par mesurer  « l’ours mal lêché», et égoîste qu’il était devenu , aveugle et centré sur son nombril, et,  finalement si facile à manipuler …comme le révélera, cette escroquerie  dont il sera, la victime . Se rendant compte  que c’est son professeur qui a fait l’éffort de le comprndre  alors qu’il le considérait comme un poids imposé … la glace qui va finir par se rompre , Christian la prolongera dans un schéma tactique qu’il saura  , à son tour convertir en surprises inattendues  du subtil  cheminement vers ce professeur , et  une belle amitié . Acceptant  de sortir de leur carapace , chacun  baissant la garde , confiant enfin le poids des douleurs enfouies et y trouvant , tous deux la chaleur  du réconfort .  Christian  y évoquant, son enfance difficle et la douleur de la perte maternelle , expliquant les raisons de son engagement pour des actions  solidaires sur les maladies . C’est émouvant , et dans l’exercice , le duo Stefano Accorsi/ Andrea Carpenzano, fait merveille . Andrea Carpenzano y est bouleversant en  subtilités  de jeu  dont  il  enrichit  sa métamorphose ,  et se hisse au niveau de son partenaire , un des plus grands comédiens italiens de sa génération, dont on sait les qualités humaines et l’engagement qui sont les siens, sur les sujets des films dans lesquels il s’investit. L’harmonie entre les deux comédiens, rejaillit sur le film. D’autant que les auteurs refusent de verser dans l’angélisme , n’écartent pas le risque de rechute du joueur, objet d’une belle séquence dont on vous laisse découvrir l’enjeu .  Christain qui bénificiera aussi,  du  soutien de la jeune fille qu’il a connue dans son enfance – si diférente de celles que son argent a attirées ! – venue à Rome pour travailler et se payer ses études . Le mettant en garde envers son entourage de profiteurs , face auxquels,   la méthode éducative qui l’a métamoprhosé n’est pas forcément  l’assurance tout- risque auxquels  il s’expose . . Comme le souligne la dernière image du film , et cette inscription sur le mur auprès duquel Valério est assis :   «  choisit ton propre chemin ». L’éducation donnée t’a ouvert le chemin , mais celui de ta réussite, c’est à toi seul de le prolonger! . La balle est dans  ton camp. Un beau méssage sportif, à méditer….

Le film à reçu le Ruban d’argent du meilleur film, et le Prix du Public au Festival de Villerupt 2019. 

(Etienne Ballérini)

LA DEFI DU CHAMPION de Leonardo d’Agostini – 2019- Durée : 1h 46

AVEC : Andrea Carpenzano , Stefano Accorsi, Ludovica Martino, Mario  Sgueglia, Anita Caprioli,  Massimo Popolizio … …

LIEN: Bande -Annonce du film LE DEFI DU CHAMPION de Leonardo d’Agostini – Destiny Films Distribution-

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