Cinéma / CinéLatino – La compétition fiction – Le palmarès

Les jurys des différentes compétitions en version dématérialisée ont rendu leur verdict. Blanco en Blanco de Theo Court, déjà Orrizonti du meilleur réalisateur à Venise, remporte le Grand Prix dans la catégorie long métrage de fiction.

CiaoViva - CineLatino 2020 - AfficheLes sélections des compétitions (longs métrages de fiction et documentaires) de cette 32e édition de CineLatino n’auront présenté que des films inédits en France et (pour certains) en Europe. Du côté des fictions, sur les 12 œuvres sélectionnées, 8 ont donné lieu à des premières françaises et 4 à des premières européennes. Huit films sont passés par Cinéma en Construction (CC), Toulouse ou San Sebastian. Deux longs métrages ont été réalisés par des femmes (Fernanda Valadez et Clarisa Navas). Avec sept films, le Mexique et le Brésil représentent la majeure partie de la sélection (4/3). A noter enfin la sélection d’un long métrage bolivien, Sirena.

Dans l’Editorial du programme de Cinélatino, Francis Saint-Dizier, à l’origine des Rencontres, ne manquait pas d’évoquer le contexte sociale et politique en Amérique latine : « Depuis plus d’un an, de nombreux pays d’Amérique latine sont agités par des mouvements sociaux de grande ampleur et connaissent des bouleversements de la vie politique. Les manifestations de rue ont été ou sont encore massives au Chili,en Colombie, en Équateur. Le Brésil a destitué par la voie judiciaire Dilma Rousseff et emprisonné l’ex-président Lula pour pouvoir élire un président d’extrême droite. En Bolivie, la droite raciste a renversé Evo Morales ; au contraire, l’Argentine a reconduit au gouvernement les péronistes, mais le Mexique d’AMLO (ndlr :Andrés Manuel López Obrador, le Président en exercice) est toujours traversé par une violence devenue endémique… ». Une situation et ses conséquences dont les films d’auteur présentés à Toulouse (qui ne reposent pas sur la rentabilité et le profit) se font une nouvelle fois l’écho. Que ce soit dans la réalité où dans un univers onirique à la limite du fantastique, dans le présent ou dans le passé, à la ville (ou en périphérie) ou à la campagne, la violence et la misère sociale sont omniprésentes, tout comme l’exil, l’errance, la solitude, le rejet de l’autre, la difficulté (l’impossibilité?) d’aimer ou, plus simplement, de comprendre, d’écouter.
Les films de la sélection

Algunas Bestias de Jorge Riquelme Serrano (2019 – Chili). CC 2019 (il avait d’ailleurs remporté les trois prix!). Le site internet (en anglais).
Blanco en Blanco de Theo Court (2019 – Chili). CC 2019
Helen de André Meirelles Collazzi (2019 – Brésil). CC 2019
La Paloma y El Lobo de Carlos Lenin (2019 – Mexique). Premier film. CC 2019
Las Mil y Una de Clarisa Navas (2020 – Argentine)
Planta Permanente de Ezequiel Radusky (2019 – Argentine)
Rodantes de Leandro Lara (2019 – Brésil). CC 2017
Santuario de Joshua Gil (2019 – Mexique)
Sin señas particulares de Fernanda Valadez (2020 – Mexique). CC 2019
Sirena de Carlos Piñero (2019 – Bolivie). CC 2018
Un Animal amarelo de Felipe Bragança (2020 – Brésil)
Ya no estoy aqui de Fernando Frías de La Parra (2019 – Mexique). CC 2018

Palmarès Compétition longs métrages de fiction :

Grand Prix Coup de Coeur, décerné par un jury de professionnels : Pablo Agüero (Réalisateur, Argentine), Paz Lázaro (Programmatrice Berlinale, Espagne), Marie-Pierre Macia (Productrice, France) : Blanco en Blanco de Theo Court. « Pour son protagoniste en état de grâce (Alfredo Castro), son portrait d’une période historique bouleversante et l’apothéose de sa séquence finale. »
Entretien Theo Court et son acteur Alfredo Castro à la Mostra de Venise (Septembre 2019 – Fred Film Radio – VO espagnole – 6mn11)
La bande annonce de Blanco en Blanco (Stray Dogs – VO espagnole, ST anglais – 1mn51).

CiaoViva - Blanco en Blanco - Grand Prix - CineLatino 32e
     Blanco en Blanco – Grand Prix Coup de Coeur – Crédit photo : Stray Dogs

Le Jury a par ailleurs décerné une mention spéciale à deux autres films :
Las Mil y Una de Clarisa Navas
« 
Pour avoir réussi, avec ses longs plans séquence et un point de vue décalé, à nous surprendre en capturant la quintessence d’un monde et de ses personnages« .
Ya no estoy aqui de Fernando Frías de La Parra.
« Pour l’intensité de son regard sur un personnage magnétique et son exil intérieur. »
Prix FIPRESCI (Remis par la Fédération Internationale de la Presse cinématographique) : Santuario de Joshua Gil. « Porteur d’un regard à la fois poignant et éthéré, ce film scrute un paysage unique de la campagne mexicaine profonde. Les combats quotidiens d’une communauté rurale y semblent en connexion avec la puissance et la volonté de Mère Nature. Pour la gravité de ce thème ancré dans la société contemporaine, et les exceptionnelles qualités visuelles et sonores mises en œuvre, le jury FIPRESCI a décerné à l’unanimité, son prix Cinélatino 2020 à Santuario du réalisateur Mexicain Joshua Gil. »
Prix SFCC (Remis par des membres du Syndicat Français de la Critique de Cinéma) : Santuario de Joshua Gil. « Nous saluons la puissance de cette proposition artistique où se déploie un authentique regard de cinéaste. (…) Progressivement, le film opère une fascinante envolée, ajoutant au constat politique et historique une dimension fantastique et cosmique : à travers la souffrance d’un peuple, le cinéaste évoque avec mysticisme la question du deuil et donne à voir un vaste dérèglement du monde d’une cinglante actualité. »
Prix CCAS (Remis par les bénéficiaires de la CMCAS de Toulouse) :
Algunas Bestias de Jorge Riquelme Serrano. « Ce huis clos familial (…) traduit les faces les plus sombres de l’âme humaine. [Il] traite parfaitement et avec maturité d’un sujet particulièrement dérangeant et choquant. »
Prix Rail d’Oc (Remis par les cheminots cinéphiles) :
Helen de André Meirelles Collazzi. « Film très réussi, bien filmé dans une belle maîtrise des petits espaces avec beaucoup de sensibilité et d’optimisme et qui met en valeur le rôles des femmes. (…) Ce film résonne comme un acte politique de résistance à cette société qu’incarne aujourd’hui Bolsonaro. »

Palmarès de la compétition documentaires

Prix Documentaire des Rencontres de Toulouse
Mapa de sueños latinoamericanos de Martin Weber (Argentine). « Ce film nous a touché·e·s par l’approche humaniste de son réalisateur (…) qui a entrepris de retrouver des laissés pour compte de plusieurs pays d’Amérique latine. (…) Aujourd’hui, malgré la souffrance et les désillusions, les trajectoires de ces personnes nous donnent à réfléchir sur les notions d’espoir, de désenchantement et de résilience. Avec une photographie soignée, le réalisateur nous incite à explorer les liens que nous tissons avec notre passé et les rêves que nous faisons pour notre futur. »
Prix SIGNIS
Sete anos em Maio de Affonso Uchôa (Brésil). « Récit poignant abordé par trois différentes formes narratives. Il porte un message d’espoir, vers plus de justice et de dignité humaine, et dessine un chemin où la vie est plus forte que la mort. »

Philippe Descottes

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