Cinéma / Boris Lehman à Nice

L’association « Cinéma sans frontières » en partenariat avec Heliotrope et Regard  Indépendant, poursuit son exploration du cinéma 100 % indépendant, et nous convie à une rencontre exceptionnelle avec le cinéaste belge Boris Lehman les vendredi 6 et samedi 7 mars à 20h30 au cinema Mercury à Nice.

Peu connu du grand public, puisqu’il refuse les projections dans le circuit commercial, Boris Lehman construit depuis des années une œuvre prolifique (plus de 500 films au compteur), poétique et inclassable.
Ses films sont tout à la fois enquête sur le réel et enquête sur soi-même. Un de ses courts-métrages s’intitule d’ailleurs « Tentative de me décrire « .

Composées  à chaque fois d’un court et d’un long métrage,  les deux soirées tenteront à leur tour de donner un aperçu de l’œuvre et de l’artiste.

Le premier soir, « La dernière s(c)ène « , court-métrage de 14 minutes dont le titre est en soi tout un programme puisqu’il reprend à la fois la Cène, peinte par Léonard de Vinci, et la scène/ mise en scène par Boris Lehman et 12 de ses amis dans un décor urbain saisi au vol avant sa disparition. C’est vraiment la dernière scène dans tous les sens du terme.
Puis « L’homme portant « , un presque long de 60′ où la vie et le cinéma se recouvrent jusqu’à devenir indissociables. On y voit effectivement le cinéaste porter ses bobines d’un endroit à l’autre jusqu’à en faire une performance. Il faut savoir que Boris Lehman accompagne toujours les projections de ses films et avant le numérique,  ça voulait dire effectivement transporter des bobines ( du 16 millimètres la plupart du temps dans son cas, mais quand même !).
On le voit surtout inventer concrètement de nouvelles manières de filmer, et donc de voir le monde.
Et par une mise en abîme dont il a le secret, ce ne sera plus Boris Lehman qui porte le cinéma, mais Boris Lehman porté par le cinéma, littéralement à dos d’homme! Pour vous donner un indice,  c’est ce que le cinéaste a appelé la « vidéoportation ». Mais il faut le voir pour le croire !

La deuxième soirée débutera par « Choses qui me rattachent aux êtres « , court-métrage de 15 minutes où Boris Lehman présente les objets de son quotidien qui lui ont été offerts par ses amis. Une sorte d’inventaire à la Prévert que le cinéaste résume joliment en m

disant « Je suis ce que les autres m’ont donné « . Au passage, tout de même, les bobines de « L’âge d’or » de Buñuel et Dali et la pomme de Personne!

Pour conclure, le dernier film, tourné en 2016, dont le cinéaste dit que ce sera son dernier. C’est  un film particulièrement poignant. Intitulé justement « Funérailles « , on voit le cinéaste mettre méticuleusement en scène sa sortie.  Du choix du cercueil au joyeux cortège des amis qui traverse le champ de patates de Waterloo, de la toilette du corps à la lecture de l’homélie qu’il a lui-même  écrite, on y voit un homme tenter d’apprivoiser la mort. Il  se souvient de Kafka demandant à Max Brod de brûler presque tous ses livres et réalise l’autodafé que Max Brod s’était refusé à exécuter. C’est une image qui serre le coeur. D’autant  qu’elle sera suivie par une scène encore plus poignante où Boris Lehman jette ses bobines aux quatre vents  du haut d’un bunker de la seconde guerre mondiale sur la côte belge ( avec bruits de bombardements et d’explosions à la clef, histoire qu’on n’oublie pas de quoi il s’agit). Elles finiront par prendre feu, et on se prend à espérer que c’était au moins des copies. Rien n’est moins sûr. L’homme est radical.

C’est à coup sûr l’une des questions qu’on lui posera pendant cette rencontre.

 

 

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