Cinéma / AD ASTRA de James Gray

Après The Lost City of Z et la jungle amazonienne, avec Ad Astra, James Gray embarque le spectateur dans un captivant voyage initiatique et introspectif aux confins du système solaire…

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Roy McBride (Brad Pitt) – Crédit photo : 20th Century Fox

« Que diable allait-il faire dans cette galère » (ou fusée) ? Telle est la question que l’on serait tenté de se poser à propos de James Gray embarqué dans un « space opera » (ou film d’aventure spatiale) coproduit et distribué par 20th Century Fox… Mais après tout, pourquoi pas puisque d’autres cinéastes, et non des moindres, s’y sont déjà intéressés par le passé et avec réussite. Au 2001 : l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick et son pendant Solaris d’Andreï Tarkovski, on ajoutera, entre autres, Gravity d’Alfonso Cuaron et Interstellar de Christopher Nolan.
A
d Astra (qui vient de l’expression latine « Ad astra per aspera » -« vers les étoiles, à travers la difficulté » – et qui est également le titre du magazine de la National Space Society) se situe dans un avenir plus ou moins proche. La Lune a été colonisée et Mars est en passe de l’être. L’exploitation des ressources lunaires a engendré la violence. A la suite d’explosions radioactives, des surcharges électriques ont eu des conséquences catastrophiques sur Terre et la mettent en péril. Pour l’état-major du SpaceCom, l’astronaute Clifford McBride (Tommy Lee Jones), parti en mission vers Neptune à la recherche de formes de vie intelligentes, pourrait être à l’origine de ce mystère. Mais voilà, il a été porté disparu il y a 16 ans. Néanmoins, l’hypothèse qu’il soit toujours vivant n’est pas à écarter. Pour la vérifier, Roy McBride (Brad Pitt), son fils, brillant astronaute lui aussi, est envoyé aux confins du système solaire…
Nous y voilà. Les liens avec les autres œuvres de James Gray apparaissent plus évidents. Dans The Lost City of Z (2017), il était déjà question d’un père et d’un fils et l’immensité de la jungle amzonienne faisait écho à celle de l’espace d’Ad Astra. Si le réalisateur quittait ses habituels décors new-yorkais, il poursuivait toujours l’exploration des relations familiales de ses précédents films. Il en va de même ici. Il aurait été étonnant qu’il ne conçoive qu’un « simple » film de science fiction, laquelle lui permet de s’interroger entre autres, sur la filiation, les travers de l’âme humaine et la solitude de l’homme.

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Clifford McBride (Tommy Lee Jones) – Crédit photo : 20th Century Fox

Si un parallèle peut être établi avec 2001 : l’Odyssée de l’espace (difficile de ne pas penser au chef-d’œuvre de Kubrick !), l’odyssée de Roy McBride à la recherche de son père ressemble curieusement à celle de l’officier Willard (Martin Sheen) remontant le fleuve Nung pour atteindre l’antre du colonel Kurtz (Marlon Brando) dans Apocalypse Now (autre chef-d’œuvre du 7e art sur lequel nous reviendrons très prochainement) de Francis Ford Coppola et inspiré du roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres. Une similitude, renforcée par le commentaire en voix off de Roy McBride/Brad Pitt qui renvoie à celle de Willard/Martin Sheen, que reconnaît volontiers le réalisateur.

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Roy McBride (Brad Pitt) – Crédit photo : 20th Century Fox

De tous les plans, Brad Pitt excelle dans la peau de ce fils solitaire qui ne pense qu’à son travail, a fui ses responsabilités, négligé sa famille et aux rapports conflictuels avec un père qu’il connait très peu. Il va se « perdre dans les étoiles » pour tenter de se rapprocher des humains, tel est son paradoxe. Un personnage tout en retenue à l’opposé de bien de ceux qu’il a pu jouer et notamment dans le récent Once upon a time… in Hollywood. Par ailleurs, même s’ils ne sont que des seconds rôles, Tommy Lee Jones et Donald Sutherland, parviennent malgré tout à marquer le film de leur présence.

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Poursuite lunaire – Crédit photo : 20th Century Fox

Ce parcours initiatique et introspectif se double pour le spectateur d’un captivant voyage dans l’espace dont la beauté et le mystère sont magnifiés par les jeux d’ombre et de lumière du directeur de la photographie Hoyte Van Hoytema (qui a travaillé sur Interstellar et Dunkerque de Christopher Nolan), les décors de Karen O’Hara et la musique de Max Richter.
Enfin, bien qu’il n’en soit pas un spécialiste, James Gray nous offre malgré tout de quelques scènes d’action mémorables comme la poursuite lunaire ou l’attaque des babouins de laboratoire.
Même si le genre a déjà été exploité bien des fois, l’exploration de l’espace réserve encore de très belles et bonnes surprises…

Ad Astra de James Gray (Etats-Unis – Science-fiction – 2h04) Avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler, Donald Sutherland.

Voir les bandes annonces du film :
Ad Astra (20th Century Fox – Vostf – 2mn31)
Ad Astra (20th Century Fox – Vostf – 2mn51)

Philippe Descottes

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