Théâtre/ Profitons de l’été pour jouer au festivalier !

Vous allez vous dire : Allez ! Il va encore nous parler d’Avignon ! Mais pas que. Avant je vais vous entretenir d’un festival qui est un peu plus loin que la cité des papes, mais après tout on est en vacances : Chalon sue Saône et son Chalon dans la rue.
Chalon dans la rue, depuis sa création en 1987 s’est imposé comme l’un des plus importants festivals de théâtre de rue de  organisé en France. Il a lieu tous les ans dans le centre de Chalons sur Saône (24 au 28 juillet). Il accueille chaque année entre 200 000 et 220 000 spectateurs, et propose entre 1 000 et 1 200 représentations en 5 jours et 150 compagnies environ sont programmées. Durant les 5 jours de festival, plus de 1 000 artistes sont présents, 1 200 professionnels inscrits. Convaincu de l’importance de ce festival ? Et si je vous en parle c’est parce qu’il y a dans la programmation officielle une compagnie niçoise, qui se trouve être la seule niçoise mais aussi du département : L’Attraction, qui présente une merveille de sensibilité, Racine(s)
J’ai vu cette évidence, cette épiphanie en février au TNN. Être humain sur la Terre, qu’est-ce que cela veut dire ? Pieds nus, le corps suspendu, une jeune femme vagabonde dans les airs autour de cette question fondatrice. À presque 10 mètres du sol, elle tourne autour d’une corde lisse qu’elle serre, perd et retrouve. Ce projet  est né de la rencontre entre la jeune artiste de cirque Inbal Ben Haim, le musicien compositeur et arrangeur David Amar et le metteur en scène Jean Jacques Minazio. Ces derniers travaillent régulièrement ensemble depuis une dizaine d’années. Dans ce spectacle, le fond et la forme s’interconnectent. Où s’arrête l’écriture, où commence la mise en scène ? http://www.chalondanslarue.com/spectacles/attraction-l/
D’autres renseignements : http://www.chalondanslarue.com
et http://www.chalondanslarue.com/infos-publics/billetterie-2019

Bon. Direction Avignon. Allez ! On va y aller dans l’ordre alphabétique, comme ça, pas de jaloux.
Donc ce sera la compagnie Les enfants terribles, dirigée par Numa Sadoul, metteur en scène (théâtre, opéra). Les Enfants Terribles, c’est sa compagnie issue de ses cours à St Paul de Vence, compagnie qui fête ses 20 ans avec Marivaux, Le legs.
Je n’ai qu’un seul mot : Liberté. Liberté du metteur en scène, qui fort de son expérience de metteur en scène de théâtre ET d’opéra sait épurer tout ce qui peut être lourdeur pour aller à l’essentiel, la ligne. Liberté de ses jeunes comédiens qui par leurs gestuelles, la fraîcheur de leur éloquence sont étonnement en concomitance avec un texte vieux –apparemment- de 3 siècles et avec lequel ils trouvent –sans doute grâce à la magie sadoulienne- accointance avec leurs propres problématique. Numa s’est comporté avec ses Enfants Terribles comme Abdellatif Kechiche avec ses acteurs de L’esquive. Numa centré sur la problématique, il n’est ni un épigone ni un dévastateur, il instille sa Numa s’ touch faite de compréhension fine du texte et non pas d’une « lecture » mais d’une distillation, toujours à base d’une ironie mais non destructrice de sa compréhension de l’œuvre.
Collège de la Salle 3, place Pasteur (angle rue puits des allemands) 84000 – Avignon 04 65 00 02 33 – 15h10 du 5 au 14 juillet.
Passons à la compagnie Miranda avec Cyrano de Bergerac.
Ce qui m’a toujours séduit avec les Miranda, c’est cet art qu’ils ont l’art de faire de chaque œuvre leur œuvre, cet art de se l’approprier, de le revendiquer, c’est un acte d’amour envers le public : public, regarde ce que je te donne, c’est nous multiplié par chacun. J’ai l’impression que ce qu’ils nous offrent est la trace tangible d’une choralité permanente. Il n’y a pas de héros, puis un protagoniste… Il n’y a que des choristes.
Un élément qui a énormément d’importance dans les créations de Miranda est quelque chose qui peut paraître, anodin, c’est l’affiche. L’affiche, c’est le titre du spectacle à venir, elle en donne les clés. Ici nous avons un homme dans la lune, au sens réel et au sens métaphorique. Nous avons une caméra. En 1895 le cinématographe arrive 1902 : Le voyage dans la lune, des Frères Lumière. Le dessin de la lune est composé d’éléments symboliques du monde de l’industrialisation triomphante avec une allusion au monde du rail, univers du rail qui encontre celui du cinéma en 1895, L’arrivée d’un train en gare de la Ciotat.
Théâtre du Balcon 8, rue Guillaume Puy84000 – Avignon – du 5 au 28 juillet, relâche 9, 16 et 23 juillet – 14h
Et on arrive au TAC Théâtre, qui présente Le casque et l’enclume,  Que sera le théâtre en 2019? Quid ?

C’est au cours des « Utopies Culturelles » organisées en mai 2008 (50 ans après mai…) que j’ai vu ce travail théâtral. J’écrivais alors : C’est cela la force de ce texte écrit par Cyril  Cotinaut et Sébastien Davis, il s’agit véritablement d’un « objet » de théâtre. La dramaturgie ? Une discussion entre deux personnages dont on ne sait rien, peut être un metteur en scène et un  écrivain…Nos deux compères n’ont bien sûr pas connu mai 68. Cela confère à leur texte une certaine ironie, une certaine distance, mais également une certaine tendresse. Une certaine tendresse envers leurs ainés qui n’arrêteraient pas de « s’empailler » pour des motifs qui pourraient nous paraitre  un peu vain, mais qui voulaient rêver, comme le disait Treplev dans La Mouette : « Des formes nouvelles, voilà ce qu’il nous faut, et s’il n’y en a pas, alors mieux vaut rien du tout ».
Théâtre des Carmes – André Benedeto 6, place des Carmes 84000 – Avignon du 5 au 24 juillet relâche les 11, 18 juillet  à 18h50
En 2010 je voyais en Avignon un surprenant spectacle d’un surprenant quatuor vocal, Les 4 barbu(e)s sn référence  aux Quatre Barbus , un groupe vocal français de quatre chanteurs portant la barbe fondé en 1938, qui connut son plus grand succès dans les cabarets parisiens des années 1950 puis, par le disque, dans les années 1960. Le groupe a fait ses adieux en 1969. Le (e)  est là pour préciser qu’il s’agit de chanteuses. Je me  rappelle m’être beaucoup diverti par leur talent et de chanteuses et de comédiennes, leur impertinence, leur bonne humeur.
Elles présentent l’opus 2 cette année avec un spectacle qui s’appelle Le parti d’en rire sans nul doute en référence au parti politique humoristique du même nom créé dans les années 50 par Pierre Dac  et Francis Blanche.  Et si je vous en parle c’est parce que c’est Jean Jacques Minazio – voir début de cet article- qui en assure la mise en scène, avec son regard piquant et malicieux. Le répertoire est d’après l’œuvre originale des 4 barbus. Les 4 barbu(e)s sont : Danielle Bonito, Caroline Fay, Dominique Glory  et  Sabine Venaruzzo, Compagnie Une petite voix m’a dit. Est-ce qu’elle t’a dit ça :
Au 31 du mois d’Août (bis)/Nous l’vîmes venir soulevant à nous (bis)/ Une frégate d’Angleterre…Et merde pour le roi d’Angleterre/Qui nous a déclaré la guerre !
Chanson célèbre reprise par les 4 Barbus
du 23 au 25 juillet 2019: L’Entrepôt   1 ter boulevard Chamfleury 84000 Avignon 84000 – AVIGNON – 21h30
Voilà. Vous avez de quoi butiner nonchalamment

Jacques Barbarin
 Crédit Photo  Le parti d’en rire © Eric Clément-Démange
Crédit Photo Le legs Maxine R-V

 

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