Cinéma / LA FLOR de Mariano Llinas.

Evénement !, le cinéaste Argentin nous propose un film-fleuve de 13 h 28 . Conçu sous la forme de film structuré en six épisodes explorant chacun un genre . Quatre femmes en font le « lien ». Dix années de travail avec sa « troupe » de comédiens . Le résultat est fascinant : liberté de ton , inventivité constante de la mise en scène et des formes . Un travail bouillonnant sur les sensations et les émotions. Du grand Art, ne manquez pas le rendez-vous !…

l’Affiche du Film

Liée au constat du succès et à l’attrait des spectateurs pour les séries télévisées, l’idée du cinéaste Argentin a été d’en expérimenter , en film, l’aventure de son rendez-vous cinématographique en salles , pour l’inscrire dans une l’idée de « réception et partage commun » , dans lequel s’est construit ,le rapport cinéma-spectateur dès les origines. Conçu d’une certaine manière ,comme la réponse du cinéma aux séries TV , son film La Flor , le cinéaste l’a voulu, comme «  un festin des arts , une arche de Noé permettant de mener le cinéma vers d’autres horizons…le laisser s’envoler, explorer des régions délaissées par lui aujourd’hui…faire un film libre , prendre le temps…, on peut tourner aujourd’hui sans stars , avec des caméras pas chères, être modeste … » , dit-il . Il y ajoute l’idée du travail collectif de troupe qui est en le moteur sur lequel la durée du tournage et de la richesse des échanges au cœur de laquelle s’insère l’envie créatrice collective . Le choix de ses comédiens et comédiennes, s’est façonné autour de la compagnie théâtrale «  la piel de Lava » dont le cinéaste avait apprécié le travail des quatre comédiennes choisies comme héroïnes de son film . A cet outil humain de travail humain pour la fiction , s’y ajoute celui de la « compagnie de production El pompero » brandissant l’étendard d’un cinéma de l’improvisation , de l’invention, de la fantaisie , comme éléments destinés à réveiller l’imaginaire et l’intérêt du spectateur . Dès lors , son projet pouvait prendre forme, lui permettant de relever le défi. Celui d’une écriture et d’une approche où serait au centre :«  le plaisir de le subvertir, de le défier, de prendre ses vieux genres et de les outrager, d’entrer dans ses palais comme des envahisseurs barbares… »…

Elisa Carracjo, Laura Paredes; Pilar Gamboa et Valéria Correa – Crédit Photo; ARP Sélection-

Et Mariano Llinas admirateur des genres ( séries B, fantastique, Polar , comédie musicale , espionnage , western , autofiction, etc ..) et des cinéastes qu’il admire , qui tout au long de l’histoire du septième art, se sont inscrits dans ces perspectives novatrices ( Hitchcock, Lang, Rossellini, Godard , Bunnel , Bresson … ou son maître Hugo Santiago ). Le voilà donc parti sur ces bases se réappropriant les genres et y laisser son empreinte, avec une mise en scène sans cesse renouvelée dans la forme et l’approche selon les épisodes . Sa mise en scène très différente à chaque épisode, épousant les genres, utilisant les différentes tonalités : des images ( noir et blanc ou couleur) , des sons ,des costumes , des dialogues , des tonalités, et  ( ou ) des ruptures. Tout devient possible dans la mesure où le récit s’en retrouve enrichi, ainsi que sa dramaturgie . Au fil des épisodes , on se laisse emporter par le flot des surprises qui s’y font jour . A l’image des quatre personnages féminins incarnés magistralement, par les comédiennes : Elisa Carricajo, Laura Paredes, Pilar Gamboa, Valéria Correa , y investissant des rôles différents dans le but de « casser » le regard du spectateur , proposant à chaque fois une tonalité différente de jeu et de personnage,  pour chaque comédienne. Permettant au final , d’aboutir , après les avoir vues chacune , changer , évoluer , affronter les situations et rôle s diversifiés à un magnifique «  portrait de femmes » que le cinéaste à conçu comme une « mise en abîme du cinéma » . Chacun des six épisode qui s’inscrit dans la dynamique d’un genre va permettre à Mariano Llimas de travailler à la fois sur la durée , sur la dramaturgie et surtout sur cette approche d’un « climax » transgressif où la liberté de ton définie comme point de vue où le réalisateur s’invite ( dessin à l’appui ), à prévenir , le spectateur des surprises qu’il lui réserve lors de la scène d’ouverture …

Scène de tournage : Mariano Llinas avec ses comédies s- Crédit Photo : ARP Sélection-

Au fil des épisodes il nous plonera dans la série B Américaine des années 50 , où au cœur de  l’institut scientifique où l’action se déroule avec ses mostres et ses manipulations , c’est le sous-texte qui s’invite et la subversion , avec le thème du pouvoir et de la prédation masculine  qui s’y installe . De la même manière que l’incursion dans la comédie musicale , via le  » duo » chantant , dont l’appoche du couple en crise , va magistralement dériver – superbe idée- sur les sonorités musicales désacrodées , défiant les intérêts de l’industrie musicale et du couple!. Au coeur de la thématique du film d’espionnage qui irrigue le troisième  volet, où les trois héroïnes en mission en Amérique du Sud pour y libérer un prisonnier, vont devoir défier tous les contre-temps,  dans lesquels leur mission se retrouve engluée . Tous les ingrédients  invités : espions, agents doubles et autres tueurs …et un personnage énigmatique en prime! . Dans chaque épisode la «  subversion » et le décalage s’installe . Ce sera le cas également pour le sixième et la classique forme du western, où c’est à la libération des quatre femmes captives des indiens que le récit se recentre  et le ressenti du plaisir de leur liberté retrouvée , soulignée par le contraste des couleurs et la texture de l’image . Mariano Llinas , s’offre également le plaisir dans le cinquième épisode de « revisiter » un classique Français signé par le cinéaste qu’il vénère : Jean Renoir . La partie de campagne , dont il s’approprie les éléments de la dramaturgie en la manipulant ( vous verrez comment…) , constitue sans doute le plus bel exemple de la dextérité et de l’inventivité de son cinéma ,et de sa mise en scène ( la belle idée du Looping des petits avions…) qui lui permet d’y insuffler,  le naturalisme cher au cinéaste, et le sublimer!…
On vous invite à ne manquer sous aucun prétexte, les quatre rendez-vous , que son film La Flor , vous propose …

( Etienne Ballérini )

LA FLOR de Mariano Llinas -2019 – Durée 13 h 28 – Proposé en 4 Séances ,sur 1 Mois-

AVEC : Elissa Carricajo, Valéria Correa, Pilar Gamboa, Laura Paredes, Mariano Llinas ( le narrateur) , Vladimir Duran, Susana Pampin, German De Silva …

LIEN : Bande- Annonce du Film : La Flor de Mariano Llinas

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