Théâtre / Yes will can !

Tiens, c’est bizarre, ce titre, ça me dit quelque chose… On dirait le slogan de la campagne, d’Obama, « Yes we can ! (Oui, nous le pouvons !) Will c’est la volonté, yes will can c’est un peu  nous le pouvons et nous le voulons. Mais Will, c’est aussi William Shakespeare. Pa s étonnant, c’est le « slogan » de  « Shake  Nice » les «rencontres shakespeariennes » à la sauce Irina Brook, 5éme édition, un quinquennat, quoi.

Cette année, cinq rencontres et non des moindres : Macbeth, Roméo et Juliette, Lear, Le Marchand de Venise, le Songe d’une nuit d’été. Coté metteur en scène, aussi c’est « du lourd ».
D’abord Cyril Cotinaut. Nous le connaissons pour ses mises en scène du théâtre grec tragique, avec Electre de Sophocle, Oreste d’Euripide et Agamemnon d’Eschyle. Il nous avait même offert une intégrale en février 2015. 5h30 de théâtre ! On se serait cru en Avignon. Mais aussi Shakespeare en janvier 2017 avec Timon d’Athènes.
Ici c’est Hamlet, ou plutôt Hamlet Requiem.   Cyril se confronte à l’un de nos plus grands mythes littéraires, dans une quête toujours renouvelée de philosophie et d’universalité. Son Hamlet tente de concilier désir d’éternité et éphéméritude du théâtre. Et quand on lui demande quelle est la résonnance de l’histoire d’Hamlet pour nous aujourd’hui ? Il répond : J’aime bien dire qu’Hamlet est étudiant, qu’il a une copine, Ophélie. La vie est tranquille. D’un coup, son père meurt, réapparaît sous la forme d’un spectre qui réclame vengeance, sa mère épouse son oncle, qui est justement le meurtrier de son père… Et cet homme d’une trentaine d’années se dit : je veux bien participer du monde, mais pas celui-là, pas ce vieux monde. Arrivent Roméo et Juliette, mis en scène d’Irina Brook. Et si cette pièce nous parle, ce n’est pas une question de date, c’est une question de discours.
Car, qu’est-ce donc que cette pièce ? Deux adolescents qui s’aiment, dont les familles sont ennemies, et qui ne veulent que s’aimer, quitte à en mourir. Cela pourrait se passer dans la Haute Antiquité, au Moyen Age en Italie à Vérone, maintenant, dans 20 siècles…
Ce n’est pas une mise en scène, c’est une mise en CŒUR, coté Irina et coté acteurs. Coté Irina, celle-ci a très bien compris l’intemporalité de la problématique. Elle nous parle aujourd’hui pour nous mieux parler toujours
Coté acteur, ces gamins – le plus vieux doit avoir 30 ans- ne disent pas du Shakespeare, ils le vivent. Les pro-Capulet et les pro-Montaigu ne se battent pas à l’épée, mais avec les poings et le couteau, comme deux bandes rivales, ceux qu’ils sont. Dés le début on y est. Pas besoin de pourpoint et de tuniques.
Puis Lear, mis en scène par Renato Giuliani  le généreux. Une adaptation originale et intimiste de la tragédie shakespearienne transmise par un trio inattendu. Émouvant et surprenant. Lear est une pièce très puissante qui résonne avec l’actualité, notamment avec la question de l’héritage, de la transmission. Le roi Lear veut transmettre le royaume à sa descendance, il représente la grandeur et la magnanimité. Mais il a une faiblesse, celle de l’aveuglement de l’amour que ses trois filles ont pour lui. Il voit les choses comme il souhaiterait les voir et non comme elles sont. L’amour comporte cette part d’idéalisation de l’autre et la déception vient à partir du moment où on se rend compte que l’autre est différent de ce que l’on croyait. (Renato Giuliani)
On continue avec la vision irinabrookienne  du Songe d’une nuit d’été,  Dream ! [cheeky Shatespeare]. Sheekly, c’est « effronté ». Et ça lui va bien, au grand Will. Une création spécialement concoctée pour le Shake Nice. Une version ludique et interactive du Songe d’une nuit d’été. Avec sa féerie burlesque, ses couples explosifs d’amoureux qui se font et se défont et sa troupe d’artisans du bâtiment catastrophiquement enthousiastes et maladroits ! Nous, les frenchies, nous prenons une  œuvre de Shakespeare, nous en faisons un jardin à la française bien rangé, bien ordonné. Eux, les britishes, ils en font un jardin anglais, c’est partout tout pas pareil et pourtant c’est pareil.
Et l’on termine avec Le Marchand de Venise. Ah. Est-ce une comédie, est-ce une tragédie ? Elle est parfois considérée comme l’une des « pièces à problème» de Shakespeare. Le metteur en scène Jacques Vincey, directeur du C.D.N de Tours,  sous-titre la pièce Business on Venice, soulignant là qu’il s’agit d’une nouvelle traduction et adaptation. À l’heure de la mondialisation, des flux migratoires et de la montée des extrémismes, Jacques Vincey pose avec force et nécessité la question : quelle valeur donnons-nous à l’existence humaine ? Sans faux-fuyant, il puise dans Le Marchand de Venise de Shakespeare et restitue une vision inédite qui mord férocement notre actualité. » Télérama
Signalons les traducteurs, la première étape. Traduttore, tradirore ? Va t’en savoir. Pour Hamlet Requiem, c’est Cyril Cotinaut. Roméo et Juliette, Lear et Dream !, Marie Paule Ramo, Le marchand de Venise, Vanasy Khamphommala.

Pour les dates et les heures, https://www.tnn.fr/fr/calendrier#  Ca  commence le 27 mars, ça finit le 13 avril.

Yes will can !

Jacques Barbarin

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