Exposition / Bouillons de culture 1960-1980 au Vieux-Nice

Bien sûr, vous connaissez le Palais Lascaris, dans le Vieux Nice. Non, mais je rêve ! Bon, les internautes qui fréquentent ciaovivalaculture ne sont pas forcement à Nice, il y en a même à l’international. Pour ceux de Nice ou de pas loin… Non, mes des fois je me demande !
Bon, je rougne, je rougne, mais tout ça ne fait pas avancer le schmilblick.
Le palais Lascaris est une ancienne demeure aristocratique de Nice datant de la première moitié du XVIIe siècle, aujourd’hui un musée des instruments de musique anciens, d’environ 200 instruments abrite une collection d’environ 500 instruments ce qui en fait, la deuxième plus importante collection en France. Le Palais Lascaris est un musée de France et Monument Historique.
Comme Musée, il est à même  de recevoir des collections temporaires.  C’est le cas jusqu’au premier avril –est-ce une pointe d’humour de la part de Sylvie Lecat, le directeur du musée- de l’expo  « Peinture Musique Poésie Images – Bouillons de culture 1960-1980 Vieux Nice »
Et là, faire rencontrer l’architecturé baroque et une modernité quasiment insolente, c’est beau comme la rencontre fortuite sus une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. Pour le dire en un mot, cette rencontre entre ces deux univers est…. Baroque.
Alors, quid de cette exposition ? Elle met en évidence une période d’effervescence culturelle particulièrement intense qui s’ancre à partir du début des années 60, et jusqu’au milieu des années 80, dans le cœur de ville très populaire que constitue le Vieux-Nice d’alors. La vieille ville est devenue depuis peu le nouveau rendez-vous d’une jeune génération d’artistes, d’écrivains et de poètes qui trouve à s’y loger modestement.
Mais quelque chose me chiffonne.  Pourquoi le renouveau créatif niçois est –ou plutôt a été- confiné dans  la circonspection –je ne parle pas en termes électoraux- du Vieux Nice ?  Renouveau et vieux, cela fait assez oximorique. Qu’on m’explique. Je suis circonspect.  La Ville de Nice voudrait elle dire que la culture, ça se met dans un ghetto, je ne dis pas un camp de concentration culturel, mas je pourrais le dire ?  Comme je l’écrivais dans un article « Les nouvelles propositions culturelle grandeur et décadence »   Comment ? La culture à Nice, n’est pas la même chose que la culture en général ? Disons qu’elle a ses « spécificités », ce que d’aucuns appelleraient des «traditions », ce que j’appellerais des archaïsmes. Et, paradoxe – mais ne sommes nous pas au pays des paradoxes- ces NPC (Nouvelles Pratiques Culturelles) ont fait leur nid au sein du Vieux Nice. Du neuf chez du vieux ? Pas si paradoxal que çà. Dans le Vieux Nice, je vais chercher pour trouver. Et ce que l’y ai trouvé, sans le chercher, au hasard, c’étaient des propositions culturelles différentes, nouvelles, et ce d’autant plus « nouvelles » qu’elles s’épanouissaient dans un environnement vécu – et vendu- comme « vieux ». J’écrivais ceci il y  deux mois, j’y parlais du Vieux Nice des années 90, mais…
Dans le Vieux-Nice des artistes de tous ordres évoluent aux côtés de noms déjà consacrés par la qui inaugure en 1984 son atelier dans la rue Colonna d’Istria. Jean Ferrero est l’ami photographe, le galeriste collectionneur qui les expose dans sa galerie-appartement du Port. Dans le Vieux-Nice on assiste à une éclosion de galeries, parfois éphémères, qui produisent toutes sortes de créations, d’expositions, de gestes artistiques et de publications : galeries Art marginal, le Sténopé, Gal’athée, Ruy Blas II, d’associations d’artistes, l’Atelier Saint Vincent, Calibre 33 et à la constitution du groupe 70… et Martine Doytier, Robert Erébo, Lyonel Kouro, René-Gilles, Ruy Blas…
Aux actions des plasticiens se mêlent celles des poètes, des écrivains, des philosophes, Christian Arthaud, Ben, Daniel Biga, Marilyne Desbiolles, Jacques Lepage, Raphaël Monticelli, Katy Rémy, Fabienne Villani, Arnaud Villani. Le 1er festival International du Livre de Nice a lieu en 1969 au Palais des Expositions. Art, poésie, théâtre et musique s’invitent indifféremment les lieux culturels publics et des lieux alternatifs, galeries et théâtres organisent des manifestations variées, pluridisciplinaires : des représentations théâtrales et concerts au Nouveau Casino municipal et au Théâtre municipal du Vieux-Nice, rue saint Joseph.
Le Centre Dramatique national est créé en 1969 sur l’Esplanade des Victoires. Le café-théâtre s‘installe  au Théâtre de poche sous l’impulsion de Gérard Baffos. Pour la musique il faut aller au Tube, rue de la Loge, où s’improvisent autour de Sixte Mosca des rencontres inoubliables de jazz et de rock, au Pouce, rue droite, au Hole in the Wall…
Dans ce temps fort du Rock’n roll des groupes de très jeunes musiciens se forment dans le Vieux-Nice; les Loups Garous, les Dickens, les Milords. Le plus fameux, Les Chats sauvages et leur chanteur Dick Rivers, né Hervé Forneri, rivalise quelques temps avec Eddy Michell et les Chaussettes noires. Ils sont enfants du quartier, fils de commerçants, ils jouent dans la cave du London, place Garibaldi, sur la scène du Folies Club, au bas de l’avenue de la Victoire, même l’après-midi.
L’excitation est à son comble lorsqu’en 1965 les Beatles se produisent au Palais des Expositions pour un unique concert dans la région, organisé par le Nouveau casino municipal.
Il y a encore les cafés proches et les restaurants où tout le monde se retrouve, échange et débat : au Bar de la Dégustation, à la Civette, au Chiquito, au Provence ; les rendez-vous se sont instaurés par affinités,: on dîne à la cave Ricord, à La Taverne saint François, chez Acchiardo, à La Trappa…
D’autres finissent la nuit à la Camargue, cours Saleya.
Quand je me promène dans cette exposition tel Moussorgski se promenant au sein des œuvres de son ami Hartman (Tableau d’une exposition) et surtout quand je me plonge dans le superbe catalogue pour juste un peu plus qu’une place de ciné –tiens ! Une bonne idée pour les étrennes- j’ai le sentiments de me promener dans le livre de Denis Chollet – Nice :Le roman des bars disparus – et Jean Michel Sananès -1968 Sucre amer.
Mais surtout point de nostalgie. Les nés après 80 seront étonnés de cette créativités et demanderont à ceux nés avant : Hé papy ! Comment on fait pour refaire ça§ C’était top ? t t’as vraiment connu ça ? »
Ne te demande pas ce quel a culture peut faire pour toi,
demande toi ce que tu peu faire pour la culture

Beaucoup d’artistes de cette période sont « partis», comme l’on dit pudiquement.
Ces lignes sont pour l’un d’entre eux Bruno Mendonça

Jacques Barbarin

Peinture Musique Poésie Images   Bouillons de culture 1960-1980 Vieux Nice
Palais Lascaris – 15 rue Droite Vieux Nice https://www.nice.fr/fr/culture/musees-et-galeries/palais-lascaris-le-palais

 

 

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