Expo / Vincent Fournier à la Cave Romagnan, une peinture qui illumine

Vous entrez, jusqu’au 22 décembre à la Cave Romagnan et vous ne savez plus vous êtes. Un univers de fenêtres ouvertes sur la lumière, le ciel, la mer. L’éternité. C’est la mer allée avec le ciel. (Rimbaud)
Les peintures exposées chez Romagnan sont effectuées avec le procédé dit de la peinture au couteau. Le couteau à peindre est utilisé comme outil pictural pour étaler la peinture épaisse sur la toile et travailler l’œuvre par empâtements.
C’est dans l’urgence que l’ont sent que ces œuvres ont été peintes, qu’elles sont comme un instantané, un instant donné de la vie, comme une impression. Bingo. L’on pense immédiatement à l’impressionnisme. Ce mouvement pictural est principalement caractérisé par des tableaux de petit format, des traits de pinceau visibles – et les impressionniste peignaient souvent au couteau une tendance à noter les impressions fugitives, la mobilité des phénomènes climatiques et lumineux, plutôt que l’aspect stable et conceptuel des choses, et à les reporter directement sur la toile.
Ici La pâte est onctueuse, appliquée en trois coups de couteau, la touche est large, quelquefois pointillée, toujours impressionniste.
Cette urgence, cette immédiateté, cette joie de rapporter l’événement tel quel. Toujours,  la mer, le profond de son bleu ses vagues qui capte le solaire de la lumière La mer est ton miroir; tu contemples ton âme/ dans le déroulement infini de sa vague (Baudelaire)
Peintes en plein air, sur les plages des environs ou les sentiers surplombants la mer. Les nuances passent du ton chair quand Vincent peint, en contre plongée, baigneuses et baigneurs, aux tons bleus de la mer. Et toutes ses tonalités.
Le rendu flou fait penser, comme dans un appareil photo, à la recherche de la mise au point. Au plus près, les traces du couteau, ses sédiments rendent palpables cette matérialité, Si tout est lumière comme chez Bonnard, les personnages sont dans le bonheur de vivre, comme chez Renoir.
J’ai parlé, dans un article précédent, à propos d’une exposition, toujours chez Romagnan, de l’artiste  Omar Logang, de capture de lumière, de capture de vie : de facto les deux artistes se connaissent s’apprécient, s’accom Omar Logang, et mieux que se connaissent, se reconnaissent. Alors, ils se considérèrent. (Flaubert, Bouvard et Pécuchet)
Au demeurant chacune de ses œuvres et une ode à la lumière, une ode à la joie. Et pour en revenir à la photographie, je voudrai dire que Logan, par ces œuvres, renvoie dans ces cordes l’anathème baudelairien. J’écrivais cela à propos d’Omar Logang, je pourrais écrire cela sans en changer un iota à propos de Vincent Fournier.
J’entends deci-delà dire que la peinture au couteau n’est pas véritablement de la peinture, que seule n’est noble que la peinture au couteau, et patati et patata…. Courbet,  Rembrandt, Fragonard, les impressionnistes, Nicolas de Staël, travaillaient donc en utilisant une technique indigne, qui remonte au Titien.
Pour finir, je dirais, en parodiant Dante,  Tu che entri qui, trova ogni speranza Toi qui entre ici, trouve toute espérance
En tous cas, faites votre avis en allant voir l’exposition de Vincent Fournier, jusqu’au samedi 22 décembre, à la Cave Romagnan, 20 rue d’Angleterre, Nice  (quartier Notre – Dame) http://caveromagnan.free.fr/

Jacques Barbarin

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