Cinéma / A LA RECHERCHE DE INGMAR BERGMAN de Margarethe von Trotta

Le 14 juillet 2018, le metteur en scène suédois Ingmar Bergman aurait eu 100 ans. Parmi les événements marquant cette année de célébrations, le documentaire que lui a consacré la réalisatrice allemande Margarethe von Trotta, A la recherche de Ingmar Bergman.

CiaoViva - Bergman Affiche
L’affiche du film – Epicentre Films

Le cinéaste et metteur en scène Ingmar Bergman aurait eu 100 ans le 14 juillet dernier. Une date qui aura donné lieu tout au long de cette année 2018 à différents hommages et célébrations, notamment à Cannes, au Festival international du film de La Rochelle et à la Cinémathèque française qui va lui consacrer une rétrospective du 19 septembre au 11 novembre prochain.
A l’occasion du 71e Festival de Cannes, la sélection
Cannes Classics présentait Le Septième sceau dans une version restaurée 4K et deux documentaires, Bergman, une année dans une vie de Jane Magnusson (sortie le 26 septembre) et A la recherche d’Ingmar Bergman, de Margarethe von Trotta, qui nous intéresse aujourd’hui. L’un et l’autre ne sont pas les premiers (et encore moins les derniers) consacrés à l’un des réalisateurs les plus importants de l’histoire du cinéma et, malgré des sources en grande partie identiques (extraits de films, archives, interviews), l’un comme l’autre évoquent sa vie et son œuvre d’une manière différente.

CiaoViva - Bergman 01
Margarethe von Trotta, à la fois réalisatrice et narratrice – Crédit photo : Epicentre Films / C-Films, Mondex & Cie

Dès les premières images, la réalisatrice, narratrice, se met en avant, en scène, dans le décor naturel où a été tournée la partie d’échec entre la Mort et le chevalier du Septième sceau, le film qui a provoqué en elle le déclic. C’est en voyant le film, alors qu’elle était une jeune comédienne, qu’elle a décidé de se consacrer à la réalisation. Le titre le suggérait déjà, Margarethe von Trotta, grande admiratrice de Bergman, va se baser sur sa propre expérience, remonter dans son passé, afin de partir sur les traces du maître et tenter d’explorer son travail.
Même avec le soutien de la Fondation Bergman, même si la réalisatrice a eu l’occasion de le rencontrer, cette quête pouvait paraître audacieuse et périlleuse, d’autant plus que le cinéma de la cinéaste (
L’Honneur perdu de Katharina Blum, L’Amie, Rosa Luxembourg, Les Années du mur, Rosenstrasse, Hanna Arendt) s’est souvent intéressé à la réalité politique en Allemagne (ex-RFA) et semble très éloigné de celui de Bergman. Et puis, il y a cette distinction pour Les Années de plomb (pour lequel elle avait déjà obtenu le Lion d’Or au Festival de Venise en 1981) qui figure parmi les onze films préférés de tous les temps du metteur en scène. Le seul film réalisé par une femme dans un palmarès où figurent Charlie Chaplin, Akira Kurosawa, Andrei Tarkovski, Billy Wilder…

CiaoViva - Bergman 02
Ingmar Bergman en famille – Crédit photo : Epicentre Films / C-Films, Mondex & Cie

Pour autant, le spectateur se rend rapidement compte que Margarethe von Trotta ne tire aucune prétention de cet honneur. Si le film est aussi l’occasion de revenir sur une partie de sa carrière, elle fait également preuve d’une grande modestie dans sa démarche et face à ses nombreux intervenants (acteurs et comédiennes, cinéastes, critiques, sans oublier deux fils). Avec eux, elle part à la recherche d’Ingmar Bergman, s’interroge sur l’héritage qu’il a laissé et sur sa personnalité, parfois trouble et complexe.

CiaoViva - Bergman 03
Liv Ullmann et Margarethe von Trotta – Crédit photo : Epicentre Films / C-Films, Mondex & Cie

Si des faits sont déjà connus, le documentaire en éclaire et en révèle d’autres. Ainsi, entre autres, la rencontre avec des comédiennes, allemandes ou suédoises, et certains témoignages permettent de s’intéresser au Bergman metteur en scène de théâtre et d’opéra et de faire la lumière sur son exil munichois après ses démêlés avec le fisc suédois. Une période particulièrement sombre au cours de laquelle il rencontra Margarethe von Trotta et Volker Schlöndorff (son ancien mari ) qui habitaient alors à Munich.
En moins de deux heures,
A la recherche de Ingmar Bergman réussit la gageure de dresser un passionnant portrait d’un artiste exceptionnel sans néanmoins verser dans l’hagiographie. Il s’adresse à tous les cinéphiles qui connaissent (un peu ou beaucoup) les films de Bergman, mais aussi à celles et à ceux qui le découvrent. Le documentaire est à la fois une invitation à découvrir l’auteur et son œuvre pour les uns et en même temps une incitation à revoir ses films pour les autres.

A la recherche de Ingmar Bergman de Margarethe von Trotta (Documentaire – 2018 – Allemagne/France – 1h39), avec Liv Ullmann, Mia Hansen-Love, Katinka Farago, Gaby Dohm, Daniel Bergman et Ingmar Bergman Jr, Olivier Assayas, Ruben Östlun, Stig Björkman, Rita Russek.

Voir également :

La bande annonce du film (Epicentre Films – VOSTF – 1mn30)

Hommage à Ingmar Bergman en France (Institut Suédois)
Les grandes dates d’Ingmar Bergman (AFP/L’Express)
Rétrospective Ingmar Bergman (La Cinémathèque française)
Ingmar Bergman sur le web (La Cinémathèque française).
Philippe D.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s