Cinéma / DOGMAN de Matteo Garrone.

Le nouveau film du cinéaste de Réality (2012) et de  Le conte des contes (2015), présenté en compétition au Festival de Cannes en Mai dernier , y avait fait sensation. C’est une réflexion magistrale sur l’Italie d’Aujourd’hui et sur la  bestialité humaine qu’il nous propose . Marcello Fonte y est exceptionnel en interprète central victime de la violence, il a reçu un -mérité -Prix d’interprétation …

Marcello Fonte , Toiletteur de chiens – Crédirt photo: Le Pacte Distribution-

.le cinéaste Italien s’est inspiré d’un fait divers réel qui lui permet de poursuivre , ici avec son neuvième long métrage , sa réflexion sur la violence dont il avait irrigué les séquences très fortes de son film sur la Mafia napolitaine , Gomorra ( Gand prix du Jury ,Cannes 2008) . Il y revient ici , avec son neuvième long métrage , et une approche originale destinée à creuser et décrypter les éléments des situations conduisant jusqu’au- boutisme , auquel  peuvent conduire certains choix . Et ce qu’ils révèlent des hommes, d’une société et du monde sur la perte de l’innocence et l’illusion de la liberté. C’est donc dans une banlieue pauvre d ‘une ville du Sud de l’Italie que l’on découvre les deux personnages principaux au cœur de l’intrigue et du contexte cité ci-dessus . Il y a Marcello ( Marcello Fonte) toiletteur pour chiens et père de famille divorcé , il est discret et apprécié de tous …il arrondit ses fins de mois en « dealant » de temps en temps quelques sachets de drogue, qui lui permettent de joindre les deux bouts , et aussi ,d’emmener sa fille «  ma seule joie de vivre ! » , en vacances . Il y a Simoncino ( Eduardo Pesce ) son ami , ancien boxeur accro à la cocaïne et forte tête , qui vient de sortir de prison. Marcello est de plus en plus sollicité par ce dernier qui lui réclame régulièrement ses doses de drogue , ne pouvant plus les demander aux fournisseurs à qui il doit de l’argent . La prison n’a pas calmé Simoncino qui continue à « racketter » le quartier , et surtout use systématiquement de la violence si on lui refuse, ce qu’il demande !.

A gauche, Simoncino ( Eduarrdo Pesce) menaçant Marcello ( Marcello Fonte )-Crédit Photo: Le Pacte Distribution –

La cadre de la cité balnéaire de Campanie devenue une zone délabrée où subsiste une population qui a du mal à survivre, est remarquablement décrit par le cinéaste qui se sert admirablement des décors et des espaces, à l’image de la scène au petit matin sur la grand place de sable , cette ère de jeu hier réservée au enfants , qui   deviendra lieu de tragédie et de bestialité ! . Les tensions qui se sont installées par le comportement violent de Simoncino, et les commerçants ulcérés par ses actes qui ont même envisagé un moment …de lui faire « donner une leçon » par des hommes de mains …mais , c’est courrir le risque de le voir se venger !. Alors Simoncino face au rejet, c’est vers Marcello qu’il va se tourner et de plus en plus le mettre à contribution , et l’entraîner par la menace dans des coups hasardeux… évidemment, ça finira par tourner mal !. Marcello l’ami fidèle  refusera cependant de donner son pote , et finira en prison !. A sa sortie Simoncino , en « mufle » insensible du sacrifice de Marcello , reviendra le harceler et le tyranniser pour en faire « sa » chose … trop ; c’est trop ! On vous laissera découvrir l’issue de la spirarale de la bestialité qui va littéralement exploser. Matteo Garrone y explore les pulsions de survie , de la vengeance contre l’humiliation , et les conséquences des faiblesses : «  de ces « oui » que nous disons et qui nous emmènent à ne plus pouvoir dire  « non » !», dit-il . La magnifique idée est de l’illustrer par l’ approche originale d’un regard inversé dont les chiens du Toiletteur se font l’écho, en miroir révélateur…

La palce de jeux pour enfants devient celle de la tragédie -crédit Photo: le Pacte Distribution-

Le cinéaste l’explique dans la note d’intention du dossier de presse du film «  l’idée est née d’un renversement de perspectives : celle des chiens enfermés dans une cage qui assistent , comme témoins à l’explosion de la bestialité humaine », dit- il. Scène -clé du film , impressionnante, très forte dans ce qu’elle révèle,  et dont le basculement de rejet qu’elle entraîne chez le spectateur , renvoie à la « distanciation » Brechtienne . Dès lors , c’est le constat d’une profonde noirceur que le cinéaste renvoie à celui d’un pays qui s’enlise dans une violence dont la contagion envahit même , les « Marcello » anonymes … qui la renvoient à leurs tyrans . C’est l’inexorable fatalité de la monstruosité en marche. Matteo Garrone , la sublime par une mise en scène au couteau , par le montage , la force de ses cadrages, le travail sur les lumières et la photographie , l’intensité de la violence et celle de la psychologie des personnages servie par une direction d’acteurs , offrant deux interprétations magistrales . Marcello Fonte en gringalet soumis qui subit et découvre la trahison et l’ignominie , est bouleversant . Edoardo Pesce , campe un Simoncino ,qui  fait froid dans le dos ,brute épaisse fascisante et terrifiante …
(Etienne Ballérini )

DOGMAN de Matteo Garrone –2018 – Durée 1h42-
AVEC : Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria, Nunzia Schiano, Adama Dionisi, Francesco Acquarili, Gialuca Gobbi.. ;

LIEN : Bande -Annonce du film Dogman de Matteo Garrone .

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