Cinéma / Echos de la Croisette n°5

Cannes souvenirs :

Palme Dog. Il y avait des candidats cette année, comme la petite chienne blessée qui allaite ses chiots dans Ayka, du cinéaste kirghiz Sergey Dvortsevoy, ou le chien perdu, dans  Le Poirier sauvage du réalisateur Nuri Bilge Ceylan. Mais il y avait quand même un grand favori avec Dogman de Matteo Garrone qui conte l’histoire de Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, qui voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier… Son casting canin de choix a séduit le jury.

Queer Palme. Elle a été attribuée au long métrage Girl du jeune réalisateur belge Lukas Dhont qui raconte l’histoire vraie d’une adolescente née garçon qui rêve de devenir ballerine. Ce premier film, en lice pour la Caméra d’or était présenté à Un Certain Regard a également remporté le Prix Fipresci remis par la Critique internationale.

Don Quichotte revient de très loin. Entre la genèse du projet et la présentation en clôture du Festival de Cannes ce 19 mai de L’Homme qui tua Don Quichotte, 18 ans se sont écoulés. Un premier tournage en 2000 arrêté, des problèmes de financement, puis une menace d’interdiction de diffusion, telles sont les principales péripéties qui ont valu au film de Terry Gilliam l’étiquette de « film maudit ». Cinq comédiens se sont succédés pour endosser le rôle-titre : Jean Rochefort, Robert Duvall, John Hurt, Michael Palin et enfin l’acteur britannique Jonathan Pryce. Les déconvenues du premier tournage avaient d’ailleurs fait l’objet d’un documentaire intitulé Lost in La Mancha. Peu avant Cannes, le film a été au cœur d’une bataille juridique, l’un des producteurs Paolo Branco, s’était opposé à sa présentation à Cannes et à sa sortie dans les salles. Le 9 , puis le 18 mai en appel, la justice française l’a débouté de ses demandes.

Raspoutine devant le tribunal.  En avril 1967, le Festival va célébrer son 20e anniversaire du 27 avril au 12 mai 1967. Quelques heures avant la présentation, hors compétition, de J’ai tué Raspoutine, Robert Hossein son réalisateur,  apprenait que le juge des référés de la Seine lui avait donné raison. La fille de Raspoutine et sa petite-fille avait tenté de s’opposer à la présentation cannoise et à la sortie du film qui raconte l’assassinat de ce personnage mystique, faux moine guérisseur, par le prince Félix Youssoupov .

La Maman toujours debout. Elle fut la vedette de La Maman et La putain de Jean Eustache, Prix de la Critique internationale à Cannes en 1973. A 74 ans, Françoise Lebrun est au générique de  L’Amour debout, de Michaël Dacheux, sélectionné dans la section ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion).

La photo souvenir :

Cannes 2018 - Rétro 2017
Palme d’Or 2017 : Ruben Östlund – The Square – Crédit photo : Philippe Prost

En quelques mots :

« La pression obsédante de Cannes (…) se relâcha aussi vite qu’elle était venue. Moins d’une semaine plus tard, la plupart des participants se souvenaient à peine de leur séjour sur la Croisette. » John Boorman – « Tapis Ecarlate » (2012 – Marest Editeur)

« Cannes est le premier festival dans le monde, mais il ne le restera que s’il fait des efforts très importants de modernisation. Cannes reste une ville magique. La France, le CNC, la ville de Cannes doivent réaliser qu’il faut moderniser leur outil. Cela implique de raser le Palais et d’en faire un autre. Une solution transitoire pourrait être de faire le festival à Paris, mais il vaut mieux trouver une solution provisoire à Cannes. » Jérome Seydoux  – La Croix – 5 mai 2018

« Quand j’ai choisi le film, je ne savais pas qu’il serait en compétition à Cannes. On fait du cinéma pour faire du cinéma. C’est un énorme privilège que d’être choisi parmi tant de films dans le monde. C’est la plus belle vitrine du cinéma pour un film. C’est extraordinaire” Vanessa Paradis – Cannes – 18 mai 2018

« Cela a été un très long processus mais finalement je suis très heureux du résultat. C’est ce qui me faisait le plus peur. Je me disais : après tout ce temps je vais faire « a piece of shit ». C’est un film bien meilleur que celui que j’aurais fait à l’époque, donc j’ai de la chance. Le script a changé au fil des ans, les thèmes sont plus riches, plus profonds. Le film est devenu moins comique, moins farce. Il a muri à mesure que je vieillissais ! C’est pour ça que je trouve le film meilleur, donc je suis chanceux. » Terry Gilliam – Cannes – 19 mai 2018

Les photos du jour :

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L’équipe du film de L’Homme qui tua Don Quichotte – Terry Gilliam – Crédit photo : Philippe Prost
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L’équipe de Capharnaüm – Nadine Labaki – Crédit photo : Philippe Prost
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Montée des marches pour l’équipe de Un Couteau dans le coeur – Crédit photo : Philippe Prost

Philippe Descottes

 

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