Exposition / Une expo (de Sylvie Hervo-Bergé ) à couper le souffle à la Cave Romagnan à Nice…

Bon. Vous vous dites « Y en à marre. V’là qu’il nous cause encore de la Cave Romagnan. Mais qu’est-ce qu’il lui a fait, l’ taulier ? Il le rince à l’œil ou quoi ? » Hé, ho, j’écris c’que veux ! Et pis c’est pas d’ma faute si ce qu’il y a sur les cimaises à Manu (le taulier) c’est du nanan !

Mais là, on est dans du grave lourd. De l’émotion. La p’tite Sylvie Hervo-Bergé, c’est pas un talent, qu’elle a, c’en est une collection. Elle est née dans le sud de la France, ses origines sont cévenoles, espagnoles, allemandes, donc un coté austère et un coté chaleureux (lequel est le coté obscur ?) De 1963 à 1977, elle demeure à Montpellier, ce qui parle au montpelliérain que je suis.

Elle tient, dans des éléments de biographie, des propos qui sont une bonne approche de son art : Ma passion pour les gros plans m’incite à réaliser des photographies de textures et de matières : éléments naturels ou préfabriqués, minéraux, végétaux, corps humain, transparences, ombres et lumières… Ces photographies argentiques monochromes numérisées sur toile ou sur papier me permettent de me débarrasser de la charge symbolique et émotive de la couleur… elles deviennent traces elles-mêmes  et créent du sens entre le fond et la forme…
Et le titre même de cette exposition Tant de poses ou le temps suspendu est riche d’enseignement.
Il y a là une recherche sémantique : derrière « tant de pose » se cache « temps de pose », c’est-à-dire ce temps volé au temps. Cet espace temporel où nous nous retrouvons quelque part maître de cette fraction de seconde. Nous accomplissons le vers lamartinien « Ô temps ! Suspends ton vol ! » Temps suspendu… On pourrait même y voir l’allégorie Oroustienne, « A la recherche du temps perdu »…
Cette exposition nous dévoile trois temps, si je puis dire. Celui de la photo argentique en noir et blanc, celui de la photographie numérique couleur et le dessin au stylo bille noir. C’est ce dernier que j’aimerais initialement aborder.
Devant ces derniers j’ai eu un double sentiment. D’abord que le travail graphique de certains me renvoyait à l’art de l’enluminure. Mais, de facto, ce noir et blanc débarrasse de la charge symbolique de la couleur, comme elle l’exprime, charge de la couleur à laquelle renvoie immanquablement l’évocation de l’enluminure. Si j’étais un peu réducteur, je dirais que la couleur n’émotive informationnellement qu’elle-même, je veux dire en une première instance. L’absence de couleur, dés lors qu’on se réfère à l’enluminure, développe l’imaginative.
Un peu comme la radio, qui en ne présentant que le son du locuteur, active par l’imagination sa présence, contrairement à la l’mage télévisuelle qui renseigne immédiatement sur tout. C’est –entre autre- pour cela que Mac Luhan parlait de la radio comme un média chaud, contrairement à la télévision qui était un média froid. Quant à ses photos en noir et blanc, elles agissent sur nous comme un appel à la trace mémorielle, l’éphémère est la porte ouverte du rémanent.
Je me souviens d’une exposition au Musée des Beaux Arts de Nice consacrée aux dessins de Dürer. En voyant les dessins au stylo à bille noir, j’évoquais les émotions que m’avait procuré cette expo au MBA. Non qu’il y avait une filiation stylistique, mais une filiation spirituelle. Cela me touchait, me poignait. Et me passionnait le fait que le stylo à bille noir devînt un médium artistique à l’instar du pinceau, de l’encre de Chine… Ce n’est pas le matériau qui fait l’art, c’est l’intention, c’est le mouvement. « Ce n’est pas la mot qui fait la poésie, c’est la poésie qui illustre le mot ! » (Léo Ferré)
Dans ses « triptyques couleurs » elle sublime justement la couleur en la traitant comme rythme, comme mouvement. Elle est attachée à la mélodie de ces ruptures comme elle est attachée à la mélodie des mots.
Pauses du temps
Mémoires du temps
Tant de pauses
Celles qui proposent
Celles qui déposent
A mes pieds dans la terre ancrée…
(Temps de pause, 28 septembre 2016)

Tant de poses ou le temps suspendu-  exposition de Sylvie Hervo-Bergé, à la Cave Romagnan 22 rue d’Angleterre Nice 07 69 54 08 06 Jusqu’au 30 avril http://caveromagnan.free.fr

Rater cette expo serait pire qu’une faute, un crime/

( Jacques Barbarin )

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