Cinéma / Happy Birthdead de Christopher Landon

Une jeune étudiante se réveille d’une soirée très arrosée dans la chambre d’un étudiant timide et gêné de la situation mais qu’elle ne reconnaît pas. C’est le jour de son anniversaire mais pas que… Le soir même, elle est tuée par un inquiétant personnage portant un masque d’enfant. Et à l’instant même où elle meurt, elle se réveille dans la chambre d’un étudiant timide et gêné de la situation mais qu’elle ne reconnaît pas. C’est le jour de son anniversaire…  Etc… Ce film horreur/thriller fonctionne comme une boucle temporelle calquée sur la comédie culte, Un jour sans fin, d’Harold Ramis avec Bill Murray. Le personnage interprété par Jessica Rothe ne revit pas inlassablement le jour de la marmotte mais celui de sa mort ! Et son salut ne viendra pas de sa capacité à prouver qu’elle peut être un être bien au jeune étudiant qu’elle dénigre avec grossièreté (contrairement au personnage de Bill Murray) mais en découvrant qui lui en veut à mort. Évidemment, sa personnalité de petite peste va évoluer avec ce destin tragique qu’elle revit tous les jours… Mourir oblige à l’humilité. Surtout, de manière assez paradoxale, elle se sent (après quelques décès) immortelle et se permet quelques excentricités comme traverser la cour de l’université totalement nue. Mais, le film ne se focalise pas longtemps sur ce sentiment de toute puissance que le personnage pourrait ressentir (comme dans Un jour sans fin). Il reste sérieusement accrocher à son genre et à l’enquête qu’elle mène auprès des personnes qui pourraient lui en vouloir.

Si la mise en scène n’a pas la percussion de celles de Wes Craven (série des Freddy et des Scream) qui l’inspire, elle sert son sujet avec habileté et moult références au genre du film d’horreur (Jason, Vendredi 13…) mais sans le pastiche ni l’ironie. Usant plutôt d’un scénario à tiroirs et donc à rebondissements plutôt bien ficelés, le film multiplie les plans où le tueur apparaît dans le fond alors que le personnage a le dos tourné ! Sans oublier, les fausses pistes ou fausses morts. L’originalité réside principalement dans la volonté de faire un film d’horreur avec plein de morts mais une seule personne tuée ! Le reste, ce n’est que plaisir coupable d’amateurs du genre ou qui veulent se faire (un peu) peur.

Si le film réussit aussi à tenir en haleine sur une trame, soit originale dans le principe mais convenue par la forme, c’est grâce à Jessica Rothe, l’actrice principale qui est de tous les plans. Son visage légèrement asymétrique associé à son détachement trivial dans ses rapports humains donne une profondeur à un film qui n’en aurait pas vraiment eu sinon. Elle est la belle révélation.

Julien Camy

 

Happy Birthdead de Christopher Landon, sortie le 15 novembre

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