Cinéma / D’APRES UNE HISTOIRE VRAIE de Roman Polanski .

Présenté hors compétition  au dernier Festival de  Cannes ,  le nouveau film du cinéaste  ( Palmé pour Le Pianiste en 2002 ) , est adapté du roman de Delphine De Vigan , auquel Olivier Assayas a collaboré à l’écriture du scénario .Un joli suspense psychologique servi par deux comédiennes, en fusion…

Delphine ( Emmanuelel Seigner )  et Elle (  Eva Green) – Crédit Photo : Mars Films-

La scène de signature du roman qui ouvre le film et les « mots » des lecteurs à l’écrivaine offrent la mesure de l’écho  de  celui-ci auprès du public . Son caractère autobiographique consacré aux relations avec sa mère. Le souvenir de celle-ci , le succès et ce qui l’entoure …et puis les lettres anonymes et les échos sur le « net » accusant cette dernière d’avoir «  livré sa famille en pâture au public, et se faire de l’argent avec… ». Delphine ( Emmanuelle Seigner ) tombe dans la dépression ,  se retrouve en  impasse d’écriture et se remet  en question . Egalement pointée pour ses relations ( de favoritisme?) avec un animateur Radio ( Vincent Perez) qui lui ouvre ses antennes . Delphine très perturbée par ces lettres anonyms et ces accusations qui lui semblent injustes et finissent par la  déstabiliser dans son travail d’écrivaine , se retrouve en pleine  crise d’inspiration «  elle est en panne , tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire » et répondre aux demandes de son éditeur qui souhaite , lui , profiter du succés et la voir se remettre à son ordinateur….
Lorsque, à l’ssue d’une séance d’autograpghes , elle est abordée par une admiratrice qui dit la comprendre et « vouloir l’aider » , quelque peu séduite et surtout y trouvant l’opportunité de se sortir d’un enfermement et de pouvoir s’épancher face à une inconnue , elle va baisser sa garde . Rassurée par une « écoute » étangère qui ne la juge pas et ne la cupabilise pas , elle voit en elle l’antidote à toutes ces réactions hostiles qui se sont déchainées et l’on poussée au bord du gouffre . Delphine , va se laisser porter par celle qui se fait appeler … Elle ( Eva Green , mystérieuse à souhait ) , qui se montre aussi prévenante que rassurante . D’autant que cette jeune femme veut lui redonner ce goût d’écrire qu’elle avait perdu , et va la forcer à se consacrer à son nouveau roman . Pourtant au cœur de cette relation va s’installer une forme d’emprise inquiétante et envahissante dont l’habileté avec laquelle elle se dilue dans le quotidien , ne permet pas à Delphine de la déceler …jusqu’à ce que des faits étranges         ( mails envoyés à son nom , engagements pris ou rendez-vous annulés …) ne viennent pertuber la belle entente …

Elle ( Eva Green ) prend posséssion de l’ordinateur de l’écrivaine ( Crédit Photos : Mars Films)

On est au cœur de l’une des thématiques des films du cinéaste  de  Répulsion Rosemary’s Baby , Chinatown , Le Locataire, Lunes de Fiel…  jusqu’à  The Ghostwriter . La possession , le mal qui s’insinue  par le biais, ici , d’une sorte de tentative de manipulation  littéraire . Celle aussi de la séduction ambigüe (esquissée…) , comme manœuvre d’approche pour gagner la confiance et ouvrir la porte  qui lui permettrait de  « voler » la vie  de sa proie . Le jeu de la duplicité,  est au cœur d’un relationnel dont le mystère doit rester entier pour pouvoir arriver à ses fins et faire sombrer sa vistime dans la folie , ou en tout cas , la soumission  totale . Dans ce registre de la manipulation , le cinéaste y est passé maître et déroule sans faille , sa mise en scène . Doute, incertitude , suspicion , ambivalence, descente vers  la  folie ( la scène de la cave-prison …),  y sont au cœur même du thriller (psychologique ) qui s’y invite , et va même trouver au cœur de son huis clos , le ressort du rebondissement possible et d’une dose d’absurde, dont l’univers du cinéaste s’habille volontiers . Avec cette idée du «  qui manipule qui ? » , ouverte par la scène finale de la publication du nouveau livre et son succès triomphal , générant une intérrogation sur sa génèse et son véritable auteur ….

(Etienne Ballérini )

D’APRES UNE HISTOIRE VRAIE de Roman Polanski – Durée : 1h 40.
Avec : Emmanuelle Seigner , Eva Green , Vincent Perez , Josée Dayan , Camille Chamoux, Brigitte Rouan ,Dominique Pinon , Noémie Lvovsky …
LIEN  : Bande- Annonce du Film,  D’Après une Histoire Vraie de Roman Polanski

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s