Cinéma / JEUNE FEMME de Leonor Seraille.

Le premier long métrage de la cinéaste Française a été présente au Festival de Cannes à la section Un Certain Regard ,  au mois de Mai dernier. Son superbe portrait d’une jeune femme ayant soif de s’épanouir ,composé par une remarquable Laetitia Dosch , y a reçu le très convoité  prix de la «Caméra d’Or » .Paula ( Laetitia Dosch)  dans une scène du film  ( Crédit Photo : Shellac Distribution)

La jeune cinéaste et scénariste qui a fait ses études à La Fémis , l’école Nationale supérieure des métiers du cinéma et du son . Après  de nombreuses collaborations comme scènariste a des courts métrages , elle se fait remarquer par son premier court , Body (2016) sur le quotidien d’une jeune fille brouillée avec sa famille qui va devoir prendre son destin en mains et s’éssaie au métier d’aide-soignante . On retrouve cette même situation avec la Jeune Femme de son premier long , Paula ( Laetitia Dosch ) de retour dans la capitale après un séjour à l’étranger, notamment au Mexique auprès d’un Photographe qui l’a larguée. Sans point d’amarrage, sans amis et sans argent , il va lui falloir se débrouiller,  trouver travail et logement fixe , car les chambres de bonne de quelques mères carrés et les hôtels miteux, ça ne va que pour un temps !. Portée par une belle énergie, elle s’y attelle . Une porte qui reste fermée et que l’on cogne, jusqu’à se blesser pour la faire ouvrir . Un chat en héritage , la colère , les soins  …et puis , après en avoir voulu à tout le monde , l’apaisement …                  Elle sait qu’il lui faut rebondir et affronter les obstables , si elle veut enfin s’épanouir . Au fil des rencontres et des adaptations dont elle sait jouer habilement -en caméléon , pour se faire accepter …ou adopter ,sans pour autant se compromettre et y perdre sa liberté . Car il lui faut avancer  et pas n’importe comment , ni accepter n’importe quoi . Surfer sur les vagues et trouver des chemins de traverse , adopter le bon costume quand il le faut .

Paula ( Laetitia Dosch ) et Yuki ( Léonie Simaga) – Crédit Photo : Shellac Distribution –

La mise en scène,  avec à la technique une équipe entièrement fémine , la suit en osmose, fait corps avec elle . Et elle nous embarque dans son sillage , ses errances et au fil de ses rencontres . Comme par exemple avec cette jeune fille qui croit reconnaître en elle une amie d’enfance et  va l’héberger au moment où elle en a le plus besoin . Et puis,  trouver du travail ( mais pas n’importe quoi …) et un logement . Ou les deux à la fois, baby-sitter et logée … mais en partir,  si ça dérape . Et, si besoin , se muer ( superbe scène ) , en vendeuse dans un «  bar à culottes » d’un centre commercial ! .
La quête de Paula embrasse la ville , ses espaces , ses rues , le métro , et ses quartiers . C’est une sorte de voyage initiatique où les rencontres se multiplient , portées par le tourbillon de la vie du … « le mirage de la vie » , le film de Douglas SirK ( 1959) dont elle regarde à la TV le destin de l’héroîne . Les liens qui se nouent , comme par exemple ( belle rencontre ) avec le Vigile Ousmane ( Souleymane Seye Ndiaye) le sur-diplômé qui travaille avec elle , et avec lequel se noue une sincère amitié . Mais il y aussi  les liens qui se dénouent , et  ceux qu’on voudrait voir renaître , avec Joachim( Grégoire Monsaingean ) son ami …et surtout avec cette mère ( Nathalie Richard ) qui l’a rejetée . Et parfois  la nostalgie qui l’envahit,  » des choses » qu’elle a laissé passer , comme ses études. Ou des portes qu’elle aurait du forcer plus souvent , comme celle qu’elle cogne dans la scène qui ouvre le film. En fait , Paula est une jeune femme  trentenaire, larguée dans la vie et dans la précarité que rencontrent beaucoup de jeunes aujourd’hui. Sans doute encore un peu plus marquée par son sexe et son âge, la tentaine ( qu’elle ne fait pas …) , dont elle va devoir affronter la réalité qui s’impose avec une grossesse imprévue…

Paule ( Laetitia Dosch) et Ousmane ( Souleumane Seye Ndiaye ) – Crédit Phot : Shellac Distribution ) 

Paula est une femme battante qui ne se laisse pas faire, et, d’une certaine manière c’est elle qui va « apprivoiser » la ville et y jouer sa propre partition . Y prendre un nouveau départ , avec panache !. Laetitia Dosch , remarquée dans La bataille de Soldérino de Justine Triet (2013) , est époustouflante de naturel et de vérité ,ici. Fantasque et fantaisiste elle est à la fois « cash » et irrésistible dans ses élans  , comme elle peut être sombre et émouvante, lorsqu’elle laisse affleurer ses bléssures  avec cette retenue émouvante. « elle possède la même capacité à être transportée d’un état à un autre, d’une énergie brute à une douceur mélancolique, et cela m’émeut », explique la cinéaste dont on partage sans réserves , l’émotion que la comédienne offre comme cadeau au film . Un très beau portrait de femme .  (Etienne Ballérini)

JEUNE FEMME de Léonor Séraille – 2016- Durée : 1h 37.
Avec :Laetitia Dosch, Souleymane Seye Ndiaye, Erika Sainte, Grégoire Monsaingeon , Léonie Simaga, Nathalie Richard, Lilas-Rose Poisaot , Audrey Bonnet …
LIEN : Bande- Annonce du film  Jeune Femme de Léonor Séraille

 

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