Cinéma / CONFIDENT ROYAL de Stephen Frears.

Inspiré d ‘une histoire restée longtemps secrète , le nouveau film du cinéaste Anglais, décrit la recontre lors de son jubilé, entre la reine Victoria et un jeune valet Indien qui deviendra son confident . Une satire mordante de la société monarchique britanique, portée par l’immense comédienne Judi Dench. Un régal…

l’Affiche du film.

Un carton lors du générique final indique, en effet,  que l’histoire que l’on vient de voir est tout à fait réelle. inspirés  du livre de Shrabani Basu , journaliste, historienne et biographe , les éléments de cette rencontre entre la Reine Britanique en 1887 lors de son jubilé  , avec ce jeune Indou Musulman , Abdul ( Ali Fazal , parfait ) . Ce dernier envoyé par ses sujets de la colonie des Indes britaniques de l’empire , pour lui offrir une pièce précieuse de leur monnaie, en guise de respecteux hommage. Lors de la remise solennelle de la « pièce » rare , c’est un échange de regard en forme de « coup de foudre » qui va tout à coup faire basculer les étiquettes des rapports de classes, et d’autorité , et finir par semer la discorde au cœur d’un cour scandalisée et jalouse de la protection et des largesses de la Reine envers ce « roturier » ,  qu’elle veut « intégrer au mérite » au sein d’une cour qui le refuse . Au cœur de ce « cérémonial »  dans lequel le cinéaste nous immerge, pour  y révéler le vrai visage d’une Monarchie et de son empire colonial qui s’est construit sur la soumission et l’exploitation des populations,  et finira par engendrer leur révolte . Celle qui mettra fin en 1947 à une période coloniale qui débuta , avec l’implantation du premier avant -poste à Surat en 1619 , sur la côte indienne du Nord-Est, par la Compagnie Anglaise des Indes Orientales …

Abdul ( Ali Fazal) et son compagnon ( Adel Ekhtar) à leur arrivée sur le sol Anglais

La Reine devenue Impératrice des Indes , est donc en charge de cette partie de l’empire Britanique colonial qui a fait sa puissance et sa richesse , ainsi que  la fortune de la noblesse Britanique et de la Bourgoeoisie marchande d’affaires . Une Artistocraie qui tient  , à voir perdurer et étendre ( Paksitan , Bengladesh …) , son influence coloniale. A un Moment où il faut se monter  fermes car «  il y a la famine en Inde … et des révoltes  couvent  en Irlande »‘ .  C’est dans ce cadre que la rencontre avec l’envoyé Indien , se déroule … et suscite , la crainte d’une cour qui refuse de voir cet « étranger Musulman… »  prendre de plus en plus d’emprise sur elle . A l’image de Berthie ( Eddie Hizzard) , le prince de Galles et futur Edouard VII,  qui ne veut surtout pas voir risquer la mise en danger de l’empire et de sa politique , que la Reine pourrait infléchir.  Celle-ci , qui a tendance  à suivre Abdul et en être influencée , dans cette intimité  d’une « compagnie récréative« , qui lui permet de se liberer du carcan d’une cour et d’une étiquette , dont elle se dit … prisonnière  . Découvrant à son contact – admirative et fascinée – une réalité qu’elle ignore , par tout ce qu’ Abdul , lui apprend des mœurs , traditions , des différentes ethnies ,  leurs religions  et langues , ainsi que de leur histoire et de leur philosopphe de vie . L’inquiétude qui se répand au sein de la cour va s’amplifier, lorsque la Reine voudra, défiant tous les principes ,  intéger Abdul à la cour ,  et en faire… son professeur de langues, son confident et conseiller….

La Reine ( Jusi Dench) et Abdul ( Ali Fazal )

Stephen Frears se délecte à nous décrire , par de multipkes détails savoureux, la « rebellion » de la Souveraine défiant des coutisans « outrés » qui vont finir par montrer leur vrai visage . Sous l’apparat d’un cérémonial dont la mise en scène du cinéaste adopte le rituel pour en faire le miroir révélateur , à la fois du fonctionnement des institutions,  et de ceux qui en garantissent la perrenité, en traitant par une forme de soumission esclavagiste, ces populations  « sulbalternes » . C’est ce mépris là,  qu’Abdul va découvrir . Habilement Stephen Frears , injecte , au cœur du traitement aux accents romancés et populaires de  sa  reconstitution historique , les éléments d’une réflexion  fustigeant la politique coloniale d’alors , ses méfaits et conséquences . Les déboires d’Abdul dont son compagnon qui l’a suivi dans l’aventure ne manque pas de le prévenir « ils nous méprisent »  , le cinéaste en fait sa propre déclinaison  en décryptant au détour de chaque scène, les mécanismes du rejet auquel il sera  confronté . La Reine qui a la mauvaise idée d’élever ce « roturier ursupateur » au rang de guide spirituel , et invite même sa mère et sa femme ( en Burqa !) à parader dans les couloirs du Palais . Trop , c’est trop !. On cherchera à le discréditer , on fomente en coulisses la résistance contre les décisions de la Souveraine  à qui  l’on demande  de  » renvoyer ce manant  indien  » ,  accusée  de « chambouler l’odre et de conduire la monachie à la crise « ,  que  l’on menace «  nous vous ferons déclarer folle  » . Sursaut  d’autorité de  cette dernière , qui , magnifique scène ,  fera face  …

La reine , au centre ( Judi Dench)  , confrontée  à la cour …

Judi Dench , immense comédienne offre à ce « defi » Royal une dimension extraordinaire dont le cinéaste utilise tous les ingrédients de son jeu subtil : un regard charmeur …ou charmé , un geste imperceptible , un sourirre  de connivence  …et, si besoin, saura utiliser le mot de l’autorité qu’elle représente pour anihiler toute vélléité de révolte des courtisans  . Elle offre à cette vieille Reine malade  et au soir de sa vie ( 81 ans ) , le sursaut d’une rémission que la présence d’Abdul lui apporte , avec son attention bienveillante. Ce soutien que lui refuseront les  «  vampires » de sa cour, trop soucieux de leurs intérêts qui en font  des  bêtes avides suçant le sang de leurs sujets , afin de préserver leurs prérogatives et leurs fortunes . Pas question de céder la place !… On comprend pourquoi cette histoire du « Confident Royal» ne pouvait qu’être éffacée des mémoires, et de l’histoire … dont on sait qu’elle est  écrite, par les vainqueurs . Le destin d’Abdul scéllé par la mort de « sa » souveraine qui l’aura protégé jusqu’au bout , ne pourra dès lors , qu’être condamné à l’oubli !. Tous les documents pouvant témoigner de cette relation « indigne » , seront reduits en cendres  afin de  préservé l’Empire  de toutes traces pouvant le déconsidérer . Mais,  il arrive que parfois l’histoire trouve sa revanche ( via un médaillon… ) , rescapé des cendres de l’oubli , dans lesquelles , on a voulu l’enfouir …

Scéne de tournage : Ali Fazal, judi Dench et Stephen Frears ( à droite )

L’habileté de Stephen Frears, est également de renvoyer au présent, cet héritage d’un passé sorti de l’oubli …comme un avertissement. Rebondissant sur les thématiques contemporaines , dont l’astuce de sa mise en scène est de jouer sur la survivance des réflexes d’une époque coloniale, dont on retrouve les échos aujourd’hui . Notamment concernant les problémes des mœurs, de racsime ,  et d’intégration de réfugiés ou migrants …  dont les thématiques sont présentes régulièrement au cœur de ses  films ( My Beautiful Landrette , Prick-up your ears , The Queen , Tamara Drew …) . A cet égard , sont significatives, les scènes sur le discrédit jeté par la cour à cet étrange de « basse » classe , et le  rejet raciste qu’on lui renvoie ainsi qu’à sa famille, que souligne l’attitude du médecin de la cour, furieux d’être contraint par la Reine,  à devoir examiner «  la fertilité » d’ Abdul et de sa femme !.
Le « plaisir » du récit et du jeu , servi par des comédiens hors pair qui est  constamment  au rendez-vous , est plus qu’une invitation . Celui  de la satire , comme  une forme de respect  partagé avec les spectateurs.Celui que la Reine et son confident , offrent comme rempart à l’intolérance des courtisan aveuglés …par leurs préjugés .

( Etienne Ballérini )

CONFIDENT ROYAL de Stephen Frears – 2017- Durée 1h 47-
Avec : Judi Dench , Ali Fazal, Eddie Izzard , Adeel Akhtar, Olivia Williams, Paul Higgins,
Tim Pigott -Smith , Fenella Woolgar ….

LIEN :  Bande -Annonce  du  film  Conficent  Royal  de  Stephen Frears .

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