Expo à la Cave Romagnan : Encres et Mayas

Je voyais en mai (vois ce qu’il te plaît) une expo qui me touchait à la cave Romagnan.  Eh oui, vin, expositions et jazz forment un splendide ménage à trois. J’écrivais à propos de l’artiste, Lazaza : Je vois chaque œuvre comme une scène de théâtre, où s’exprime la révolte des corps. Il  y a dans chacune une aperception [perception accompagnée de réflexion et de conscience] de la rébellion, mais aussi de l’émotion, présente dans le rapport de chaque personnage au corps de l’autre.*
Lazaza nous revient avec une expo bicéphale, « Encres et Mayas ». Disons que pour Lazaza, c’est la partie « Mayas ». Et je n’ai rien à changer par rapport à ce que j’écrivais il y a quelques mois. Sauf que là, chaque œuvre ne présente qu’un seul corps, et qu’il faut effectuer un travail cinétique [du grec ancien kinêtikos « qui se meut, qui met en mouvement]  pour appréhender l’ensemble des œuvres comme une seule.
Mayas. La civilisation maya est une ancienne civilisation d’Amérique centrale  principalement connue pour ses avancées dans les domaines de l’écriture, de l’art, de l’architecture, des mathématiques et de l’astronomie. Et ce carrefour se voit, s’appréhende dans les œuvres ci –présentées. Je dirais même  se rêve.
Pour en revenir à  l’approche cinétique, je dirais que le mouvement se perçoit par deux fois. D’abord la gestique de chaque personnage, mais ensuite le travail de coloriste de l’artiste. Chez Lazaza, la couleur est un langage. Je sais que cela peut paraître une tautologie d’écrire cela, mais rappelons que le langage est la capacité d’exprimer une pensée et de communiquer au moyen d’un système de signes doté d’une sémantique.
Manifestement, chez  Lazaza, c’est le mouvement qui structure la couleur. Et qui dire du  fond monochrome de chaque œuvre qui respire l’essence même, la nature, du mouvement ? Plus que de peinture (j’emploie ce terme comme générique) il faudrait parler de graphie scripturale.
Les œuvres de l’expo précédente « Encre et mémoires » avaient été réalisées dans les derniers jours du mois d’août 2016. Celles présentées dans cette nouvelle expo ont jaillies me même mois de l’année actuelle dans quasiment le même laps de temps. Comme je l’écrivais dans le précédent article, « en plus la dame travaille vite et bien. »
C’est ce que d’aucuns lui reprocherait, cette trop grande vitesse, gage de mal-finition. Mais que veut-on ? Que tout cela soit bien « léché », au risque de l’inauthenticité ? Cette nervosité, cet enthousiasme sont gage chez Lazaza de cette véracité. Lazaza s’exprime avec vie, avec vigueur, avec vie-gueur.
La « bicéphalité » de l’exposition est assurée par les « Encres » d’Henri Legendre.  Je connaissais l’homme de théâtre, j’ai découvert le plasticien. Engagé par Guillaume Morana des Vaguants, la première troupe de théâtre d’avant-garde niçoise, il joue dans Macbeth. Jacques Weber lui donne ensuite un beau rôle dans « Monte Christo »  puis il enchaîne les spectacles avec Bisson, Morana, Francis Huster, et une création de Le Clézio avec Pierre Clémenti : « Le jour où Beaumont fit connaissance avec sa douleur« .
Il crée son théâtre, l’Alphabet, où pendant 27 ans, il a œuvré comme acteur, réalisateur, directeur. Du classique avec des cycles Molière, un hommage à Camille Claudel, Musset, La Fontaine, Nerval, Rimbaud, Feydeau aux pièces d’avant garde de Pirandello, James Joyce, etc., il explore la grande diversité des œuvres théâtrales.
Concomitamment, et en quelque sorte passant de l’encre de l’écrit à celle du dessin, il développe une intense activité graphiste, dont il va se servir pour  ses scénographies,  me rappelant ainsi Alain Timar, directeur du Théâtre des Halles en Avignon, metteur en scène, scénographe, artiste peintre le plasticien. Henri Legendre travaille dans l’esprit d’Henri Michaux. Là aussi, il nous faut parler de « graphie scripturale. »
On reste sans voix devant la précision de l’imaginaire, un monde où s’intimise [j’ai le droit d’inventer] le surréel et l’onirique, une source fraîche de la pensée magique, une exultation-exaltation  de  ce que j’appellerai la « fragrance lumineuse », l’infinie précision du trait. Devant chaque œuvre, on a comme l’irrésistible envie de se plonger dans l’univers du poète. Après tout, les mots comme les couleurs ne sont que des vibrations, au poète de les faire résonner.
C’est, jusqu’au 30 octobre, à la Cave Romagnan, 22, rue d’Angleterre, Nice  07 69 54 08 06 http://caveromagnan.free.fr  Vernissage le vendredi 29 septembre à partir de 19h. Entrée libre mais présence O-BLI-GA-TOIRE  (c’est moi qui souligne)

Jacques Barbarin

 

*https://ciaovivalaculture.com/2017/05/15/expo-un-univers-pictural-fascinant-a-la-cave-romagnan

 

 

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