Cinéma / Disparition : George A. Romero le cinéaste de « La Nuit des Morts Vivants »

Il s’est éteint à l’age de 77 ans emporté par un cancer du Poumon. Avec ses films de zombies , il a révolutionné le genre et surtout l’a élevé au niveau d’une virulente critique sur  la société consumériste , la violence et le racisme . Ses films ont marqué les générations , par les influences multiples qu’ils ont générées sur la culture ( jeux vidéos , arts graphiques, séries tv …) populaire .

George A.Romero

George Andrew Romero est né en Février 1940 à New-York où il a grandi et fera ensuite des études à l’Université de Pittsburg en  Pensylvanie . Très vite il se tourne vers le cinéma et la réalisations de courts métrages de fiction et publicitaires qui le conduiront au fil des rencontres ,qui deviendront amicales , à se tourner vers la production indépendante . C’est en effet entouré d’un certain nombre d’amis qui y iront de leurs deniers et de ceux de leurs proches , qu’il fondera une société de production « image Ten productions » qui permettra de réunir un peu plus de Cent mille dollars. George Romero avec ce budget se lance dès lors dans la réalisation de son premier long métrage , La nuit des morts Vivants (1968) qui va marquer les spectateurs de l’époque pétrifiés dans leur fauteuils . Le film rencontrera un succès international . Par son approche nouvelle du genre et par ce qu’il y décline dans ses outrances , cherchant à bousculer les codes , la censure , la morale et les peurs qu’elle génère. En adéquation avec l’époque contestataire de la fin des années 1960 , dont il se fait l’écho au travers du « jeu » sur les peurs enfantines des ses héros se rendant sur la tombe de leur père dans leur village natal. La mécanique du jeu qui tourne mal et la hantise «  les morts qui viennent chercher les vivants » qui investit le réel , et provoque l’effet dévastateur. Sa marque de fabrique ,  est en marche …..

Une scène de La Nuit des Morts Vivants ( 1968 )

Elle se « peaufine » même au fil de ses réalisations tant au niveau  des « effets » visuels où l’horrifique devient encore un peu plus le miroir… d’un réel qui ne l’est pas moins. Une femme ordinaire qui se laisse tenter par la sorcellerie ( The season of the Weath/ 1972) . Un produit chimique déversé dans une rivière va faire sombrer dans la démence les habitants d’une ville qui vont tuer famille et amis( La Nuit des fous Vivants / 1973) . Un homme obsédé par le sang et qui deviendra vampire violeur et tueur d’hommes et de femmes. Vrai Vampire descendant de Nosferatu , ou marginal fou ? ( Martin / 1977 ) . Un groupe de survivants à la prolifération des morts vivants qui font règner le chaos , se réfugie dans un centre commercial afin de le protéger ( Zombie / 1978 ) . La charge emblématique contre la société de consommation vaut au cinéaste les fureurs de la censure ( coupé de plusieurs scènes aux Us , censuré pendant plusieurs années en France où il sortira en 1983 remonté par Dario Argento ) , et elle se mue en pamphlet politique dérangeant . Ce sera aussi désormais pour le cinéaste l’objet d’une «  saga » des Zombies qui se déclinera sur plusieurs films . Et au cœur de laquelle les scènes-choc de violence et de sang , font écho à celles d’un réflexion, sur la société de profit et du sécuritaire  qui ne cesse de se dégrader,  en construisant  ses barrières de classe et zones d’exclusions. Le territoire des morts (2005) en est l’exemple en forme de chef- d’oeuvre où les humains se sont organisés en fortifiant une ville pour se défendre . On y distingue trois catégories : les riches y sont sont haute protection dans leurs gratte- ciels . Les employés chargé de la sécurité et de la logistique , et le ghetto protégé où vivent les sans grades. A l’extérieur des fortifications , les zombies qui errent que l’on chasse et tient à distance . Jusqu’à ce que la mécanique se dérègle …

Le territoire des morts Land of the dead 2005  (RŽal : George A. Romero
Collection Christophel

Au delà des scènes de violence , c’est bien le sous- message social et politique de ses films qui a valu au cinéaste les déboires avec distributeurs et producteurs . Contraint par exemple d’abandonner le projet de Simetierre d’après Stephen King , refusant de céder aux exigences de producteurs qui voulaient changer la fin  . Sa collaboration avec Stephen King se concrétisera cependant avec Creepshow (1982 ) et La part des ténèbres (1992) . De la même manière qu’il quittera le projet de Résident Evil qu’il devait réaliser pour «  divergences » avec la production . Tandis qu’il devra céder pour le remontage de Zombie qui sera fait par Dario Argento pour la sortie sur les écrans . Dario Argento avec lequel il co-signera en duo , Des yeux maléfiques ( 1990 ) chacun réalisant un épisode ( Le Chat Noir signé par Argento , et La vérité sur le cas Mr Valdemar , signé Romero ). Les deux cinéastes mêlant dans leurs relations admiration , collaboration et fâcherie,  lorsque Romero voudra faire un remake de Les Frissons de l’angoisse pour lequel Argento refusa de lui donner l’autorisation …

Son dernier long métrage Les vestiges des morts- vivants datant de 2009 , ce dernier continuera cependant a travailler notamment à une bande dessinée «  empire of the death » , inspirée de sa thématique des zombiesque qui se déroule dans sa ville natale ,New- York. Il  nous laisse un filmographie passionnante sur un genre qu’il a révolutionné et porté au plus haut niveau artistique . Une oeuvre  à  revoir et à redécouvrir…

(Etienne Ballérini )

LIENS / Bandes annonces  de : La nuit des morts vivants et Le Territoire des morts

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