Cinéma / DEPARTURE d’Andrew Steggall

Premier long métrage écrit et réalisé par Andrew Steggall, Departure a obtenu de nombreuses récompenses dans les festivals internationaux entre 2015 et 2016. Il sort enfin dans les salles françaises.

Departure L'affiche
L’affiche du film

Lorsque l’on évoque le cinéma britannique ou d’Irlande, en dehors des « blockbusters » produits par les studios hollywoodiens façon Harry Potter ou James Bond, on pense inévitablement au cinéma social et politique de Ken Loach. C’est encore vrai, comme en témoigne Moi, Daniel Blake, sa deuxième Palme d’Or obtenue lors du Festival de Cannes 2016, mais il faut également signaler, outre les réalisations de ses collègues Stephen Frears et Mike Leigh, le succès ou les prix remportés ces dernières années par plusieurs films d’auteur ou de genre comme, Under the skin de Michael Glazer, 45 ans de Andrew Haigh, The Danish Girl de Tom Hooper, auxquels il faut ajouter de « petits films » comme l’excellente comédie dramatique musicale Sing Street de John Carney, sorti en France en octobre 2016, et Departure, écrit et réalisé par Andrew Steggall, coproduit avec la France, qui sort seulement dans les salles françaises.
Pour son premier long métrage de fiction, le réalisateur, auteur de plusieurs courts métrages, nous emmène, de nos jours, dans le Sud-Ouest de la France. A l’automne, Béatrice et son fils Elliot quittent l’Angleterre pour rejoindre la maison de campagne. Le séjour n’a rien de vacances. Le mari va vendre la résidence secondaire et il charge sa femme et son fils de commencer à faire des cartons et à la vider avant de les rejoindre pour conclure la transaction devant le notaire. Béatrice s’exécute, même si elle n’a pas eu son mot à dire tant sur l’acquisition que sur la vente. Elliot, adolescent timide et rêveur, se voit déjà poète, romancier ou auteur de pièces de théâtre et n’affiche pas la même détermination profitant de la nature. C’est au cours de ses balades et flâneries qu’il croise Clément, un adolescent un peu plus âgé que lui vers lequel il se sent attirer. Les deux garçons sympathisent. Clément aide Elliot et sa mère à déménager.

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Elliot (Alex Lawther) et Beatrice (Juliet Stevenson) – Crédit photo DestinyDistrib

Le titre du film (Départure : départ) prend un peu plus de sens. Au départ de la maison des vacances s’ajoute celui qu’envisage Clément en réparant une moto pour aller voir sa mère hospitalisée et atteinte d’un cancer en phase terminale. Et puis il y a la nouvelle étape qu’Elliot et Béatrice vont devoir franchir dans leur vie, peut-être dans la douleur, après la rencontre avec Clément. Elliot découvre la sensualité et son homosexualité et se rend compte que sa mère n’est pas heureuse, tandis que Béatrice tente de surmonter son désespoir et de faire face à ses désirs. A ce stade, il convient des souligner la qualité de la prestation des trois acteurs principaux, en parfaite harmonie. Si Juliet Stevenson (Beatrice) ne constitue pas une surprise, révélée en 1990 par Truly, Madly, Deeply d’Anthony Minghella, elle a joué notamment dans Joue-la comme Beckham (2002) de Gurinder Chada et Diana (2013) de Olivier Hirschbiegel, ainsi que dans des séries télévisées et se produit régulièrement sur la scène londonienne, il en va différemment pour les deux jeunes comédiens, les deux révélations malgré de premières expériences. Alex Lawther a débuté au cinéma dans Imitation Game (2014) de Morten Tyldum, puis il a tourné dans Le Monde de Nathan d’Isaac Cooper. C’est avec Departure qu’il tient son premier rôle principal. Français, Phoenix Brossard a joué dans plusieurs courts-métrages avant d’être engagé sur Departure. Depuis, il est apparu dans Chocolat de Roschdy Zem. En octobre 2016, il a remporté le Prix d’interprétation masculine au Festival Européen du court-métrage de Nice pour son rôle dans Dar d’Anne Cisse.

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Elliot (Alex Lawther) et Clément (Phénix Brossard) – Crédit photo :DestinyDistrib

Pour Andrew Steggall : « Departure est un film très personnel : je l’ai conçu comme une ode à l’amour et au changement nécessaire. (…) en même temps Departure plonge au delà de l’histoire quotidienne et personnelle pour atteindre une expérience cinématographique nourrie par l’imaginaire et la nature. Les images ne sont pas intentionnellement des symboles. Elles font au contraire partie de la matière du film et des prolongements des deux personnages principaux (…) » (extrait du dossier de presse). Des propos qui se traduisent par un soin apporté aux images et au cadre, avec ses jeux de lumières et de magnifiques couleurs automnales lesquels confèrent également au film une dimension poétique.

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Elliot (Alex Lawther)  – Crédit photo DestinyDistrib

Parmi ses nombreuses récompenses, Departure a obtenu deux Mentions spéciales du Jury au Festival du film britannique de Dinard, en 2015, et le Prix de la Jeunesse au Festival du film romantique de Cabourg en 2016. Un signe comme quoi il ne faut pas le manquer au cinéma.

Departure de Andrew Steggall (Grande-Bretagne/France – Drame – 109 mn) avec Juliet Stevenson Alex Lawther et Phénix Brossard.

Voir la bande-annonce officielle DestinyDistrib
(Philippe Descottes)

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