Musique / May I introduce to you Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band

Je me souviens du 1er juin 1967 : c’est ce jour là que cette fanfare a résonné la première fois en Grande Bretagne.
Je me souviens que sa gestation a duré 129 jours et qu’il a fallu deux paires de pères pour la mettre au monde : John, Paul, George et Ringo, dans une clinique située sur l’Abbey Road.
Je me souviens que ces quatre-là, surnommés les quatre fabuleux  (Fab four) donnent leur dernier concert à San Francisco le29 août 1966.
Je me souviens qu’après cette ultime tournée, où le décalage ne cesse de se creuser entre ce que la bande des quatre veut proposer à son public et ce que celui-ci parvient à entendre au milieu des hurlements, ces quatre là -également nommés les Beatles* -décident que c’en est assez.
Je me souviens qu’à l’automne 66, John dit à son producteur, un autre George**, « C’est très simple. Nous en avons marre de jouer en public. Mais cela nous offre un nouveau départ, ne vois tu pas ? » Et Paul de renchérir : « Nous ne pouvons plus nous entendre sur scène à cause de tous ces cris »
Je me souviens que le nom du futur album est lié à la tendance américaine de donner des « noms à rallonge » aux groupes.  Sur une idée de Paul, les Fab four décident de former un groupe fictif qui lui aussi aurait un nom très long et partirait en tournée à leur place : Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.
Je me souviens qu’à cette époque  là on était ou Beatles ou Stones, et que je devais être en même temps un peu des deux car l’un de mes premiers 45 tours avait été « Let spend the night together » des Pierres qui Roulent, l’autre face étant « Ruby Tuesday ».
Je me souviens que j’avais acheté aussi un « single » comportant sur sa face A « Penny Lane » et sur sa face B « Strawberry fields forever », toutes les deux présentes sur Sgt Papper Lonely Heart Club Band.
Je me souviens que « Penny Lane » est une rue, mais aussi un quartier de Liverpool : si c’est Paul qui a écrit cette chanson de fait seul John y a vécu. La chanson est construite comme une visite guidée autour de Penny Lane, à Liverpool, mettant en scène plusieurs personnages.
Je me souviens que la chanson commence avec un coiffeur qui montre les photos des têtes qu’il a connues, les passants s’arrêtant pour dire bonjour : In Penny Lane there is a barber showing photographs /Of every head he’s had the pleasure to know /And all the people that come and go stop to say hello. Les plaques  de la dite rue étant systématiquement dérobées, la municipalité de Liverpool dût la débaptiser.
Je me souviens que j’avais appris cela en lisant le mensuel « Hi ! folks ! » (Salut les copains !)
Je me souviens que Strawberry Field est le nom d’un orphelinat de l’Armée du Salut, situé au coin de la rue où John passa son enfance, à Woolton à Liverpool. L’un des grands moments de l’enfance de John était la fête ayant lieu chaque été dans les jardins de Strawberry Field.
Je me souviens que, pour la première fois dans leur carrière, la bande des quatre dispose de tout le temps nécessaire pour préparer leur album. En tant que groupe vedette et plus grand succès de leur maison de disques, ils ont un accès presque illimité à la technologie des studios de la route de l’abbaye  où ils enregistrent tous leurs albums depuis le début de leur carrière.
Je me souviens que les goûts des Beatles ont évolué du rythm and blues de la pop et du rock’n roll de leurs débuts à une variété de nouvelles influences qui va de la musique indienne, sous l’impulsion de George (le musicien), à la musique classique et même baroque dont George,( le producteur),  est un expert. La  palette instrumentale couvre maintenant les instruments cordes, à vent, cuivre, à percussion, sans oublier un nombre important d’instruments indiens comme le sitar, la tampura** et diverses percussions hindoues).
Je me souviens de la chanson « Lucy in the sky with diamonds » et de la controverse qu’elle souleva : en effet ses initiales sont LSD. Lucy in the Sky with Diamonds est une chanson au style typiquement psychédélique, à la fois par son texte haut en couleurs — qui contribue à étayer les rumeurs sur les allusions à la drogue — et par son ambiance sonore. La chanson est construite comme un rêve raconté, où l’auteur, John, invite l’auditeur à s’imaginer les situations qu’il décrit.
Je me souviens que  selon le récit de John, son fils Julian, alors âgé de quatre ans, revient de la maternelle début 1967 avec un dessin, qui, dit-il, représente une de ses camarades nommée Lucy O’Donnell. En montrant ce dessin à son père, Julian décrit son œuvre comme montrant « Lucy dans le ciel avec des diamants » (« Lucy in the sky with diamonds »).
Je me souviens que plus tard Julian racontera : « Je ne sais pas pourquoi je l’avais appelé comme ça ou pourquoi il s’est distingué de mes autres dessins. J’avais clairement de l’affection pour Lucy à cet âge. J’avais l’habitude de montrer à mon père tout ce que je fabriquais ou peignais à l’école, et c’est ce dessin-là qui a fait germer l’idée de cette chanson »
Je me souviens que Lucy, l’Australopithecus afarensis  découverte sur le site d’Hadar en Ethiopie, en 1974 par une équipe de recherche internationale, a été surnommée  ainsi car les chercheurs écoutaient cette chanson, le soir sous la tente.
Je me souviens de la chanson « A day in life » Portant la signature John /Paul, il s’agit en fait d’un collage de deux morceaux inachevés, l’un de John et l’autre de Paul, ce dernier étant placé au milieu de celui de John. Cette chanson  est remarquable pour les paroles surréalistes, l’aspect musicalement impressionniste, les techniques de production innovantes et l’arrangement complexe comportant une montée cacophonique et partiellement improvisé.
Je me souviens de ces paroles: “now they know how many holes it takes to fill the albert hall” (maintenant ils savent combien il faut de trous pour remplir le Albert Hall)
Je me souviens de la pochette de l’album : On y voit les Beatles, au centre, chacun vêtu d’un uniforme de parade d’une couleur différente. Ils se tiennent debout, réunis derrière une grosse caisse, sur laquelle figure le titre de l’album, sur un conçu par l’artiste Joe Ephgrave. À leurs pieds, un massif de fleurs rouges écrit le nom du groupe.


Je me souviens que cette pochette présente une vraie rupture avec les précédents albums en le fait qu’ici, chaque Beatle a sa propre coiffure, son propre costume, sa propre identité. Le contraste est d’ailleurs accentué par la présence de statues de cire à l’effigie des « anciens Beatles » à leurs côtés, comme assistant à leur propre enterrement ; en effet, il y a des fleurs devant eux ainsi qu’une poupée qui semble laisser la place aux Rolling Stones (inscrit sur son vêtement : « Welcome The Rolling Stones »)
Je me souviens  que cet album a été conçu comme étant un album du groupe du « Sergent Pepper », et non des Beatles. Ce très fort décalage, à la fois avec ce que les Beatles avaient été et entre les membres eux-mêmes, est d’ailleurs vu par certains fans comme l’annonce d’une rupture proche, qui n’intervient cependant que trois ans plus tard.
Je me souviens qu’en juillet 1967 j’allais pour la première fois à Londres.
Je me souviens que je visitais entre autres Soho  Hyde Park, Portobello road.
Je me souviens d’avoir vu au cinéma « The Graduate »  (And here’s to you, Mrs. Robinson…) et le film de Peter Brook, « The Lord of the flies” (Le seigneur des mouches)
Je me souviens que je venais d’avoir dix huit ans .

It was twenty years ago today/Sgt. Pepper taught the band to play/They’ve been going in and out of style/But they’re guaranteed to raise a smile/So may I introduce to you/The act you’ve known for all these years/Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band

Jacques Barbarin

* John Lennon, Paul Mc Cartney, George Harrison, Ringo Starr
**George Martin
**il s’agit d’un instrument à cordes de type « luth », qui comporte donc d’une caisse de résonance et d’un manche, comme une guitare occidentale. Cependant, une différence fondamentale peut être observée par rapport à la guitare : l’instrument n’est pas conçu pour qu’on puisse poser les doigts sur les cordes le long du manche. Dès lors, seuls les sons produits par les cordes à vide (4 ou 6 selon les instruments) peuvent être produits.

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