Cinéma / Journal de Cannes 2017 ( No.9 )

C’est le cinéaste Ukrainien Sergueï Loznitsa  qui a fait l’événement hier en compétition avec  Une Femme Douce ,   le récit de cette femme dont le parcours sera semé d’obstacles pour retrouver son mari emprisonné . Josh et Benny  Safdie ont présenté Goof Time , deux frères et un braquage raté , la cavale dans les bas-fonds de New-York . Et à Un Certain Regard un des derniers films de la sélection La Fiancée du Désert Co-réalisé par deux femmes Cécilia Atàn et Valéria Pivato , joli road -movie d’une femme cinquantenaire dans le désert Argentin …

( lire les critiques ci- dessous , et n’oubliez pas de consulter les rubriques «  les échos de Cannes  2017 » concoctées p r Philippe Descottes . avec les images du Photo- Call du jour )

Une Femme douce de Sergueï Lonizta  ( Compétitoin Officielle ) .

Une scène de Une Fenne Douce  de  Sergueï Loznitsa

Remarqué par ses deux précédents films sur la Croisette avec My Joy ( 2010 ) et dans La brume ( 2012- Prix Fripresci) , le cinéaste Ukrainien  y était hier  son nouveau  film qui a marqué les esprits . Adapté de la nouvelle de Dostoïewski «  la douce », dont  le récit se situe dans la Russie contemporaine et dans une région reculée ,  où vit une femme seule dans l’attente de nouvelles de son mari emprisonné. Un colis qu’elle lui a envoyé et qui lui revient, elle se rend à la poste et demande des explications . sans succès , de la même manière que du côté des autorités on ne lui donne pas d’explications «  si on vous le renvoie c’est qu’il y a des raisons » , et on se retranche derrière des démarches administratives et le   -«  peut-être at-il été déplacé dans une autre prison » . La situation qui s’éternise et notre femme Douce ( Vasilina Makovsteva , remarquable ) de plus en plus inquiète, décide de se rendre à la prison et à l’adresse où elle a envoyé son colis . Mais ce sont encore les mêmes réponses et , elle se rend compte aussi qu’elle n’est pas la seule dans cette situation. « on ne nous dit rien , il y a même des détenus qui ont disparu ! » disent certains. Elle va s’installer dans la ville et veut  en avoir le cœur net . Elle se rend au siège de l’association locale de défense de détenus surchargée de demandes. La ville est devenue le lieu toute une série de trafics qui se sont greffés autour de cette prison . Le seul hôtel de la ville  a  fait flamber ses prix , certains autochtones en profitent pour louer  des chambres où s’entassent plusieurs personnes, des « mafieux » font leur beurre  avec les prostituées et on y recrute , et  « des femmes sont enlevées » disent certains .Dans les bars on chante et on boit pour oublier. On fustige le gouvernement , on pointe de «  déclin du pays » par apport à l’occident , On évoque la disparition d’opposants , il y aurait même des charniers des cadavres clandestins …et la crainte d’un conflit qui menace. La Douce est confrontée à cette violence , et parfois y échappe de peu .. Le constat est accablant, glaçant servi par  l’hyper- réalisme de la mise en scène . Et comme si ça ne suffisait pas , c’est le basculement styliste vers l’onirisme de la séquence finale qui enfonce encore le clou. On y voit les « marionnettes gouvernantes et administratives s’auto-satisfaire lors d’un banquet au cours duquel ils étalent le cynisme de leurs bon mots hypocrites au « on est  service du peuple … on vous protège » . Ceux qui servent à l’endormir ( le plan final ) tandis que dans l’ombre , on emprisonne , on torture . Mais la colère «  nous souffrons , vous nous méprisez , mais le jour viendra où nous vous sauverons de nous-mêmes » . C’est un grand film politique et c’est aussi du grand cinéma ..

Good Time de Josh et Bennie Safdie ( Compétition officielle )

Une scène de Good Time de Josgh et Benny Safdie

Les cinéaste révélés par Mad Love in New-York (2009 ) et leurs comédies indépendantes en liberté et à petit budget, aux accents yiddish New-Yorkais , font leur première entrée en compétition Cannoise avec un film au budget plus conséquent et une « star » Robert Pattinson. La tonalité quelque peur débridée de leur cinéma en liberté qui s’inspire du cinéma indépendant des années 1960 , on la retrouve un  peu en « mineur » ici . Certes il y a cette agilité du cinéma en mouvement et en osmose avec ses personnages et la présence de la vie et de la ville . La cavales des deux frères héros après un braquage qui tourne mal s’y prête et son rythme soutenu , comme les rebondissements qui l’accompagnent sont efficaces. Et La liaison fusionnelle entre les deux frères qui y est au cœur et en est le moteur , est attachante dans la radicalité à laquelle s’expose Connie ( Robert Pattinson) pour sauver son frère , Nick ( Benny Safdie ) handicapé mental de la prison. L’humour en bandoulière et une bonne dose d’énergie pour faire face au désespoir et à la  violence , celle qui ne peut que faire perdre pied encore un peu plus au frère handicapé . Connie risque et tente tout , sollicite famille et entourage , cherche à négocier  avec l’avocat pour la caution . Mais l’engrenage est en route , et il lui répond par le courage du désespoir , et c’est dans ce lâcher prise et ce « donner tout » que l’aventure vers l’inéluctable ,  trouve sa beauté . Dommage que , pour y arriver , le récit s’organise , parfois ,  sur une surenchère un peu trop appuyée de situations qui  finissent par faire procédé …

La Fiancée du Désert de Cécila Ataàn et Valéria Pivato ( Un certain Regard ) .

Une scène de La Fiancée du Désert  de  Cécilia  Atàn  et Valéria ivato 

Tourné à deux mains Argentines de la scénariste ( Cécila Atàn) et de la réalisatrice documentariste Valéria Pivato ( Madre de la Plaza de Maio , La Hisoria ) , auxquelles s’est associé en co-production le Chili , via la Comédienne Paulina Garcia que l’on avait découverte magnifique dans Gloria de Sébastien Lélio ( 2013 ) qui se retrouve ici tout aussi sensible au générique . C’est elle qui est d’ailleurs quasiment de tous les plans et que l’on va suivre dans le rôle de Teresa ,cette femme de 54 ans employée de maison dans une famille de Buenos Aires  et qui va être contrainte d’accepter une autre place loin de Buenos Aires. On la rencontre avec d’autres personnes à pied sur une route où le car qui la transporte tombé en panne , elle fait le chemin vers la bourgade la plus proche où la société de voyage a prévu d’envoyer un autobus de secours le lendemain. La visite de la ville et des forains réunis avec leurs marchandises pour la fête d’une madone . La tempête qui leur fera plier bagage en vitesse et Teresa en train d’essayer une robe qui doit quitter précipitamment le véhicule , oubliant son sac et toutes ses affaires. C’est un long voyage qu’elle va entamer sur la route pour retrouver le forain   qui se déplace un peur partout dans la région  .  Elle le retrouve , mais pas le sac ..qu’il a peut-être  oublié dans un des entrepôts .  Le  voyage , la découverte  d’une  région magnifique et  des  rencontres  de  gens qui  y  vivent en osmose . Au  fil  du Road-Movie , les silences , on se  guette , on se  méfie …. Le  sac était-il un prétexte ? . L’ a-t-elle oublié  volontairement ?  , et lui , a-t-il  fin de ne pas savoir  où  il a  pu le mettre  pour entraîner  Teresa  avec lui   . Les  silences  et  les  non-dits .   Puis   on finit par  se  parler , s’apprivoiser  . Un geste furtif lors de la première rencontre , revient en mémoire. Deux êtres secrets et une attirance qui ne sait pas comment se déclarer . Teresa toute en gentillesse et en méfiance ,  lui tout en élans maladroits  et qui s’en excuse . La chaleur du désert et la beauté du paysage finiront par briser la glace pour le début ( ?)  d’une autre vie …

(Etienne Ballérini)

Le programme de ce Vendredi 26 Mai 2017

Compétition Officielle :
L’Amant Double de François Ozon .
In the Fade de Fatih Akin.

Un Certain Regard :
Posoki (Directions) de Stephan Komandarev .
-Out de György Kristof.
-Passage par le futur de Li Ruijin

Evénements 70 éme Anniversaire :
-Twin Peaks de David Lynch .

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