Cinéma / Journal du Festival de Cannes 2017 ( No.4)

Premier film Français en compétition hier , 120 Battements par minute de Robin Campillo sur l’association militante Act-Up et ses actions pour faire avancer la lutte contre le SIDA . Le Suédois  Ruben Oklund présentait son film The Square , une réflexion sur l’art moderne et la société . Dans la section Un certain Regard , c’est le cinéaste Mexicain Michel Franco qui a fait l’événement avec une histoire de relations familiales très compliquées  , qui prend des proportions inattendues…

( Consultez également en complément des critiques ci-dessous,  la rubriques les échos de Cannes 2017 concoctée par Philippe Descottes )

120 Battements par minute de Robin Campillo ( Compétition)

L’ affiiche du film 120 Battements par minute de Robin Campillo

Les cinéaste des Revenants et de Eastern Boys , a choisi de consacrer son nouveau film au mouvement militant Act-Up qui dans les années 1990 multiplia les actions spectaculaires destinées à servir de révélateur à l’indifférence et la lente prise de conscience des lacunes et des moyens à mettre en oeuvre pour endiguer un fléau qui faisait des milliers de morts dans la communauté Gay . Philippe Mangeot qui a été président du mouvement de 1997 à 1999 a participé à l’écriture du scénario et apporté des éléments  de première main qui offrent l’authenticité au récit . Celui-ci est d’ailleurs construit en deux approches . L’une décrivant les réunions , débats , organisation des actions et participation a des manifestations ( la Gay -Pride ) ou encore la recherche de slogans forts et percutants permettant de frapper les conscience sur l’urgence des moyens  du mal à combattre pour sauver des vies . La seconde plus intime nous fait pénétrer dans celle de certains militants   atteints de la maladie afin d’ avoir une approche de leur vécu , au quotidien . La première approche pour ceux qui ne connaissent pas forcément tous les éléments du combat des militants d’Act-Up , dans l’aspect documenté et documentaire qu’elle revêt , est passionnante . Elle nous immerge au cœur des débats et de l’organisation des actions et d’un, système de fonctionnement adopté démocratiquement cherchant à cibler toutes les actions destinées à interpeller les pouvoirs publics, mais aussi sensibiliser une opinion souvent indifférente . Pointant également les clichés qui s’y attachent véhiculés par une certaine homophobie ambiante. Les actions spectaculaires dont le but est de faire bouger les lignes et interpeller ont été nombreuses . Elles fustigèrent la « mollesse » du gouvernement Mitterrand , l’information concernant les moyens de protection mal ciblés et qui surtout se heurtèrent dans les collèges à des refus des autorités scolaires pour implanter des distributeur de capotes . Les laboratoires qui refusent de donner des informations sur les médicaments et leurs effets,  et  livrer les informations sur l’avancement des recherches . Sur tous ces points et d’autres encore le film est d’une belle précision dans la démonstration , et met en lumière les lacunes qui n’ont pas permis de faire évoluer les soins plus vite, ce qui   entraînera  des  conséquences tragiques     ( la séquence du sit-in, dans la rue, dédié aux victimes  morts du Sida ) . En parallèle et en complément les portraits intimes de certains des militants y sont illustré à l’image de ce jeune homme victime de ces transfusions sanguines contaminées qui firent la « une » des médias. D’autres qui révèlent leur séropositivité , où leurs différences ( Trans…) qui les marginalisent encore un peu plus . Et puis il y a la belle approche amoureuse entre  Sean et Nathan ( Nahuel Perèz Biscayart et Arnaud Valois , tous deux remarquables ) si différents mais si proches qui se confient leur passé et leurs blessures , et dont le combat est bouleversant . On peut y ajouter aussi le portrait féminin d’une battante Lesbienne , Sophie   ( Adéle Haenel ) toute en énergie …

The Square de Ruben Östlund ( Compétition Officielle )

Une séquence du film L e Square de Ruben öslund

Le cinéaste Suédois  dont on avait apprécié Force Majeure ( Prix Un certain Regard , 2014 ) se retrouve cette fois-ci en compétition avec une belle réflexion sur l’art moderne et contemporain , et le portrait de Christian qui en est le conservateur et prépare la future grande exposition destinée à interpeller le public sur  l’importance de sauvegarder les valeurs humaines , l’altruisme et le devoir envers le prochain. Tenter de rétablir par la confiance dans une société où le clivage entre les riches et les pauvres ne fait que s’accentuer et entraîne le repli sur soi . Plein de bonnes intentions le maître des lieux va se retrouver confronté à toute un série d’événements qui vont le déstabiliser et mettre en lumière ses propres contradictions. Les « couacs » commencent dès les travaux de mise en place ( la statue qui s’effondre lors de la pose sur le piédestal, …le tas de cailloux disposé méthodiquement,  en oeuvre d’art symbolique , victime du passage de la machine à nettoyer le sol…. ) , la vidéo de la campagne de communication utilisant une jeune mendiante qui  va faire scandale , la conférence de presse qui tourne en fiasco par les interruptions  d’un handicapé accepté comme invité  par le musée et sa direction , comme une forme d’ouverture destinée à combattre les préjugés et l’intolérance . Toute une série d’événements inattendus dont les tournure comique de certains fait penser  aux  situations -gags des  films de  Jacques Tati , où le rire se fait déclencheur des contrastes et contradictions . Rétablir le contact entre l’art et le public , la mission qui est en jeu , va mettre en avant le travail qui reste à faire et interpellent sur le thème , dont l’expo est l’enjeu .                                             Christian au centre de celui-ci dont l’individualisme , laisse  poindre une certaine forme de supériorité et d’orgueil de classe qui subsiste malgré les bonnes intentions ( comme lui rappelle une de ses conquêtes ) , abus de pouvoir , comportement de caméléon , «  ses faiblesses en font un Monsieur tout le monde » souligne le cinéaste . Le constat en sera fait  , via le  fil – rouge complétant ce qui a été souligné ci-dessus, avec le vol de son portable et des ses documents dont il sera victime et la méthode pour les récupérer qui en sera le déclencheur . Poursuivi par cet enfant qui dit avoir été accusé à tort … et promet s’il ne s’en excuse pas « de faire de sa vie un chaos » ! .

Les filles d’Avril de Michel Franco ( Un certain Regard )

l’affiche du Film

Le cinéaste Mexicain , prix du meilleur scénario pour Chronic en 2015 , revient dans la section Un certain Regard avec son nouveau film où l’on retrouve un de ses thèmes de prédilection , la difficulté et la violence des rapports humains. Ici ce sont ceux de deux familles confrontées au relations avec  leurs enfants mineurs et consécutivement à la grossesse de la jeune fille , Valéria ( Ana -Valeria Beceril qui a voulu garder l’enfant et n’en a pas prévenu ses parents divorcés avec qui les relations son très tendues et distantes . De son côté la famille de son amoureux , Mateo ( Enrique Arrizon ) refuse d’entériner cette liaison . Aider financièrement le jeune couple à s’installer et à démarrer dans la vie «  débrouille-toi ! » , dira à Mateo, son père . De la même manière que le père de Valéria ne voudra rien entendre , ni même la voir !. Mais voilà que la mère de cette dernière débarque dans la maison de la grande sœur de 35 ans qui a décidé d’abriter le jeune couple dont la petite fille vient de naître . En dehors de celle-ci qui les aime bien , les membres des deux familles ne cesseront de les harceler sur leur manière d’élever leur petite fille «  vous êtes inexpérimentés , pas de travail , pas d’argent , pas de maison , quel avenir pouvez vous offrir à cette enfant ? » . La charge culpabilisante  ne suffisant pas , en secret , le deux familles profitant du fait que les deux enfants sont mineurs, vont faire des démarches pour obtenir que leur fille soit l’objet d’une mesure d’adoption . Et le manège ne s’arrêtera pas là, ils vont mettre tout en oeuvre pour séparer aussi Valéria et Matéo. Valéria  qui se rebelle et  devient dépressive fera un passage en clinique , Sa mère en profite pour accaparer et se servir de Matteo en échafaudant un plan diabolique dont l’enfant sera l’enjeu . C’est au cœur de ce mécanisme que le fil rouge de la mise en scène de Michel Franco , ausculte avec une précision toiut aussi diabolique , les conséquences des conflits , jalousies et autres rapports de forces qui instillent inexorablement la haine . La soumission à laquelle on vous accule . Certains peuvent y perdre la raison et d’autres la vie ( sucide ) comme le révèlent certains faits divers. Valéria dont la souffrance vécue par la séparation de cet enfant désirée , ne peut s’y résoudre à baisser les bras  , et face à cette  haine , va y puiser le force de sa rebéllion . Le cinéaste exécute un portrait de famille sans concessions  dominé par le vertige d’une haine qui n’a plus de limites et conduit a des comportements  abjects et calculés ,   se servant habilement ( enfants mineurs ) des lois qui le permettent, et ne peuvent donc pas considérés comme des délits… terrifiant !.

(Etienne Ballérini )

Le prrogramme de ce Dimanche 21 Mai 2017

Compétition officielle :

The Meyerovitz Stories de Noah Baumbach .

Le redoutable de Miache Hazanavicius .

Un certain Regard :

Sanpo Suru shinryyakusha de Kyoshi Kurosawa .

Forunata de Sergio Castellito .

Hors Compétition :

Napalm de Claude Lanzmann

-How to Talk to girls party de John Cameron Mitchell

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