Opéra / Rigoletto de Verdi pour terminer la saison

La saison de l’opéra de Nice s’achève avec l’œuvre la plus  populaire de Giuseppe Verdi (1813 – 1901) Rigoletto. Cet opéra fût créé à Venise le 11 mars 1851 après maintes péripéties, c’est le moins que l’on puisse dire.

Verdi s’intéresse depuis 1841 au drame romantique de Victor Hugo,  Le roi s’amuse. Mais la censure est terrible et le sujet catégoriquement refusé, jugé immoral, vulgaire, voire obscène. De la version originale il ne resterait que pas grand-chose, ni souverain débauché, ni bossu, ni malédiction (un des titres de l’œuvre), ni rendez-vous galant dans la taverne, et encore moins de cadavre dans un sac. Il s’agit de respecter l’ordre public de cette époque.
Rafraichissons-nous la mémoire : Mantoue, XVIème siècle. Rigoletto, bouffon du Duc de Mantoue, séducteur dépravé, protège secrètement sa fille Gilda à l’abri des regards et des dangers. Aussi la malédiction du Comte Monterone à son égard terrifie-t-elle Rigoletto, dont le costume de bouffon de cour cache un père aimant et protecteur. Séduite par le Duc de Mantoue, puis enlevée par les courtisans qui la mènent jusqu’à la chambre de leur maître, Gilda s’enflamme pour son amant volage, son premier amour.
Rigoletto s’estime déshonoré et entreprend de se venger du Duc, qui court se gaver d’autres femmes sitôt Gilda séduite : le bouffon engage le spadassin Sparafucile pour qu’il tue le Duc en pleine nuit. Mais Gilda, éprise jusqu’au bout de l’homme qui l’a conquise, se glisse secrètement à sa place au moment où l’assassin doit frapper, et tombe sous ses coups : c’est le corps de sa fille que Rigoletto récupère, effondré. C’est là l’ultime volet de la malédiction de Monterone.

Fédérico Longhi (Rigoletto)

Mais, à l’époque, le librettiste, Piave, doit revoir son texte : le séducteur ne doit pas ouvrir la chambre de Gilda avec une clef (la symbolique freudienne n’est pas loin), et il faut trouver un nom que Verdi trouvera dans une parodie du Roi s’amuse, Rigoletto. L’accord est enfin trouvé et Verdi peut terminer sa partition, dont l’air le plus célèbre, La donna è mobile, a fait le tour du monde.
Cet opéra, drame de l’amour et de la haine, fera lui aussi le tour du monde et Rigoletto, bouffon rempli de haine pour son maître, bouleversera le public. Si l’œuvre est faite d’éléments nouveaux, il est vrai que Verdi les avaient expérimentés et employés depuis longtemps.

Mihaela Marcu (Gilda)

Mais c’est la densité  qui étonne : la rupture avec la structure rossinienne est radicale, globale, même, et apporte une sensation  de continuité dynamique est harmonieuse.
Entre 1839 et 1893, Verdi aura composé  34 opéra, dont un inachevé (il en faut bien un), Le roi Lear.
La première représentation parisienne a lieu le 19 janvier 1857. Victor Hugo considère l’opéra comme un plagiat et était parvenu à éviter la tenue de cette première six ans durant, jusqu’à ce qu’un procès permette à celle-ci d’avoir lieu,  le tribunal arguant que les paroles du livret de Piave ont été publiées en 1853 sans contestation.
Dans les dix années qui suivent la première, Rigoletto est porté sur environ 200 scènes, jusqu’à Bombay (1856), Batavia, Calcutta ou Manille (1867).

Gérard Dumontet

Rigoletto, de Verdi, Opéra de Nice 4-6 rue St François de Paule, Nice – Locations renseignements :   04 92 17 40 49 http://www.opera-nice.org/fr
Direction musicale Roland Böer Mise en scène, décors, costumes et lumières Ezio Toffolutti, avec (entre autres) Le duc de Mantoue Jesús León, Rigoletto Federico Longhi, Gilda Mihaela Marcu Sparafucile Philippe Kahn. Orchestre Philharmonique de Nice
Chœur  de l’Opéra de Nice
10 mai 2017  à  20:00  12 mai 2017  à  20:00 14 mai 2017  à  15:00 16 mai 2017  à  20:00

 

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Un commentaire

  1. […] Rigoletto, de Verdi, Opéra de Nice 4-6 rue St François de Paule, Nice – Locations renseignements :   04 92 17 40 49 http://www.opera-nice.org/fr 10 mai 2017 à  20:00,  12 mai 2017  à  20:00, 14 mai 2017  à  15:00, 16 mai 2017  à  20:00 Pour plus de renseignements,  notamment pour un résumé de l’œuvre,  voir l’article de Gérard Dumontet  dans ciaovivalaculture « Rigoletto de Verdi pour terminer la saison » […]

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