Cinéma / Cinélatino 29e Rencontres de Toulouse, du 17 au 26 mars (1ère partie)

Du 17 au 26 mars Toulouse et la région Midi-Pyrénées accueillent les cinémas d’Amérique latine avec cette année un coup de projecteur sur Caliwood (surnom de la ville de Cali en Colombie) et le cinéma colombien.

C’est ce vendredi 17 mars qu’est donné le coup d’envoi de Cinélatino, les 29èmes Rencontres de Toulouse, avec un week-end autour du Focus Caliwood . Créé en 1989, ce traditionnel rendez-vous est devenu au fil des années le plus ancien festival consacré à l’Amérique latine en Europe mais aussi le plus important en terme de programmation, d’invités, de professionnels et de fréquentation ! En 2016, Cinélatino c’est, 50.500 participants (40.300 entrées cinéma), 150 films programmés, dont 27 en compétition, et 92 invités latino-américains. Par la richesse et l’exigence de sa programmation, la présence importante d’invités, de décideurs du secteur du cinéma et d’un large public, ainsi que l’implication de nombreux partenaires, la manifestation est un véritable pont entre l’Europe et l’Amérique Latine.

CineLatino 2017 - L'Affiche
L’affiche de Cinélatino 2017 signée Ronald Curchod

Ces dernières années, en dépit des crises économique ou politique, « la production et la réalisation de films en Amérique latine se portent bien ». comme le souligne Francis Saint-Dizier, Président de l’ARCALT (Association Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse, à l’origine de Cinélatino) : « Pour (cette 29e édition) les équipes professionnelles et bénévoles de l’association ont visionné plus de 300 longs-métrages de fiction, près de 350 documentaires, plus de 800 courts-métrages et pour les rencontres professionnelles Cinéma en Construction, nous avons reçu 204 projets en cours de réalisation. Cette foisonnante production vient de la plupart des pays du continent. Vous voyagerez au Mexique, en Colombie, au Brésil, en Uruguay, en Argentine, au Chili, à Cuba, au Guatemala, au Costa Rica. Mais la distribution de ces œuvres reste largement insuffisante en Europe et aussi dans les pays latino-américains, hors festivals. Améliorer la diffusion de ces films et renforcer la diversité culturelle était, lors du dernier Cinélatino, Rencontres de Toulouse, l’objectif principal de la rencontre des instituts de cinéma européens et latino-américains. Nous aurons besoin de cette solidarité pour lutter contre les murs et le protectionnisme de Trump qui risquent de renforcer encore l’hégémonie d’Hollywood dans les salles de projection et sur les écrans de télévision

CineLatino 2017 - CaliwoodAprès L’âge des possibles (adolescence) en 2015 et Figures d’Amérique latine en 2016, le Focus de Cinélatino est consacré au cinéma de Caliwood (surnom de la ville de Cali en Colombie). Un thème qui s’imposait quasi naturellement au regard des productions (ou coproductions) colombiennes sorties (et primées) en France récemment, comme Los Hongos (2015) de Oscar Ruiz Navia, La Terre et L’Ombre (2015) de César Augusto Acevedo (Caméra d’or Cannes 2015), Siembra, d’Ángela Osorio et Santiago Lozano (Grand Prix Cinélatino 2016) Días extraños, de Juan Sebastián Quebrada (Mention spéciale Cinélatino 2016).

À l’échelle de l’Amérique latine, Cali, surnommée Caliwood, est une référence importante dans l’histoire du cinéma. Tout a commencé dans les années 1970, avec un groupe de « quelques bons amis » d’une vingtaine d’années, – le «  groupe de Cali » – dans une salle de cinéma du quartier San Fernando. La cinéphilie dans une ville en pleine modernisation les amène de la création d’un ciné-club et d’une revue, Ojo al cine, à la réalisation. Le court métrage Agarrando pueblo, accompagné du texte manifeste « La pornomiseria », sont fondateurs d’un mouvement qui enchaîne courts et longs métrages et qui marque une époque de camaraderie, d’expérimentation, d’esprit critique et de jouissance. Ces quatre éléments continuent de définir les différentes expériences audiovisuelles qui vont avoir lieu dans la ville tropicale du sud-ouest colombien. Cinélatino rend compte de ce mouvement et de son évolution, de ses débuts à aujourd’hui : du Caliwood d’Andrés Caicedo, Carlos Mayolo, Luis Ospina et Ramiro Arbeláez (ces deux derniers invités du festival) aux talents émergents, féminins d’aujourd’hui, en passant par les rétrospectives de Luis Ospina et d’Óscar Campo et d’une sélection de documentaires de Rostros y rastros .
La section
Muestra, Otra mirada permettra d’aller à la rencontre de Julio Hernández Cordón (né à Raleigh aux États-Unis en 1976). Réalisateur prolifique et internationalement reconnu qui vit entre le Guatemala et le Mexique. Les sept films qu’il a réalisés en moins de dix ans de carrière ont remporté 56 prix dans différents festivals. « J’aime l’idée de réaliser mes films avec mes mains et mon imagination, et de résoudre les problèmes de budgets en étant créatif. Au Guatemala, il me semble grossier de réaliser un film à plusieurs millions quand les hôpitaux manquent de médicament. Je préfère improviser et enrichir mon histoire avec la voix et le corps des acteurs. Je termine mon scénario pendant le montage. Je sais que mon cinéma n’est pas parfait, et il ne le prétend pas non plus, j’aime me sentir comme les membres de ces groupes de rock, qui font des choses parce qu’ils aiment partager avec leurs amis. Je préfère que mon cinéma ait une âme à ce qu’il soit technique. »

CineLatino 2016 - Grand Prix
Siembra d’Angela Osorio Rojas et Santiago Lozano Alavres (Colombie) – Grand Prix Cinélatino 2016 – Crédit photo DR –

En parallèle du Focus, des rétrospectives et des hommages, Cinélatino c’est également, bien entendu, une sélection de films (fictions, documentaires, longs et courts métrages). 12 films sélectionnés en Compétition, dont 11 premières françaises et une première européenne, et les 15 films présentés en section Découvertes, dont 6 premières françaises et une première européenne. Les spectateurs pourront découvrir des films dont la première internationale a eu lieu dans les festivals de cinéma les plus prestigieux de la planète (Venise, Sundance, Rotterdam, Berlin, Locarno) et d’en rencontrer les réalisateurs et réalisatrices au cours des rencontres qui suivent les séances. Ces 27 oeuvres sont issues d’une pluralité de pays : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Cuba, Mexique et République Dominicaine. On retrouve 11 premiers films et huit films accompagnés par le dispositif fruit de la coopération franco-espagnole entre Toulouse et San Sebastián, Cinéma en Construction qui a contribué efficacement à la finalisation, diffusion et commercialisation des films latino-américains les plus remarqués. Parmi eux Ixcanul de Jayro Bustamente, Tony Manero de Pablo Larraín (le réalisateur de Neruda et de Jackie), Gloria de Sebastián Lelio, Sangre de Amat Escalante.

Pour suivre Cinelatino au jour le jour, jusqu’au 26 mars, visitez le site officiel de ce grand rendez-vous avec les cinéma d’Amérique latine.

(à suivre)
Philippe Descottes

 

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