image Expo / Etoiles et toiles de rêves au musée Cantini de Marseille

Ceci n’est pas une expo dirait René Magritte qui avec Salvador Dali , Max Ernst, Victor Brauner ou encore Man Ray invite plutôt à une escale onirique à l’hôtel-musée marseillais  des surréalistes.

expo_le-reve_400pxDans l’attente, au début de la guerre de 40, d’un visa pour l’Amérique, quelques artistes surréalistes regroupés à Marseille autour d’André Breton ont, entre autres moyens de lutter contre le pétainisme …et leur désœuvrement, dessiné un jeu de tarot substituant  aux quatre couleurs traditionnelles des cartes, « la flamme d’amour, l’étoile de rêve, la roue de la révolution et la serrure de la connaissance ». L’antinazi notoire allemand  Max Ernst ( finalement interné au camp des Milles) se faisant , en outre, un malin plaisir à remplacer le roi de pique par la figure du paysan révolutionnaire mexicain Emiliano Zapata !

Légué par Aube et Oona , les filles du  « pape du surréalisme », au musée Cantini, ancien hôtel particulier du XVII° siècle au cœur de Marseille, superbement rénové, ce jeu fantasmé se retrouve naturellement en conclusion de l’exposition « Le Rêve » dont chacune des 135 œuvres qui la constitue pourrait être sous-titrée :  au bonheur de ce bon docteur Freud …Inconsciemment un peu voyeur , le visiteur voit s’étaler  sur les toiles, les rêves érotiques à peine voilés (Portrait de Luli Kollsman de Salvador Dali,1946)  fantasmes ( masculins, à la seule exception d’une sculpture de Louise Bourgeois) et autres obsessions (Monument aux oiseaux de Max Ernst,1927) et hallucinations (Le ver luisant de Victor Brauner,1933) dequelques-uns des plus illustres compagnons en surréalisme de Guillaume Apollinaire ou Robert Desnos tels que René Magritte ou Oscar Dominguez.  Mais aussi des peintres-poètes  comme Marc Chagall ou des éternels amoureux comme Pablo Picasso ou André Masson.

Portrait de Luli Kollsman de Salvador Dali
Portrait de Luli Kollsman de Salvador Dali

Peu avant sa mort, Man Ray peint les parfaites lèvres charnues ( à moins que ce ne soient deux corps enlacés) d’une jeune assistante qu’il a aimé, flottant le soir venu, au dessus de l’Observatoire de Paris qu’il dote de deux coupoles en forme de seins (The Lips , 1970). Cette lithographie ( le tableau original est dans le coffre d’un riche particulier)a été judicieusement choisie par Christine Poullain, directrice des musées de Marseille, pour l’affiche de cette exposition qui devrait  faire sortir ce « Musée municipal d’Art moderne » de l’ombre que lui fait, à quelques encablures de là, le fabuleux Mucem, depuis son ouverture. Ce grâce à un bon coup de main de la Réunion des musées nationaux. Mais aussi d’un organisme de crédit bancaire «  acteur majeur dans les métiers du haut de bilan ». Ce qui, il faut bien l’admettre, fait moins rêver que ce sublime  Femme nue assise dans un fauteuil rouge (1897) de Félix Valloton !

Philippe JEROME

-Jusqu’au 22 janvier 2017, au musée Cantini , 19,rue Grignan à Marseille. Tel : 04 91 54 77 75

 

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