Musique / Le Punch d’Alex Grenier

Le guitariste de Jazz Alex Grenier est clair et net en donnant le titre de son dernier album Punching Ball, il prévient comme dans un combat de boxe…il y aura du punch et…du swing !

La SACEM ne s’était pas trompée en décernant sa récompense annuelle à ce trio lors du Tremplin Jazz 2014 qui se déroulait à Nice en avant première du Nice Jazz Festival. Le succès auprès du public avait été tel que le groupe était resté dans la ville en jouant un peu partout,une avance sur la récompense qui était d’être invité l’année suivante pour le off de l’édition 2015 du Festival International. Depuis, les dates se sont multipliées avec des tournées, notamment au Japon et aux Etats Unis. Une reconnaissance bien méritée avec ce guitariste compositeur dans la lignée d’un Georges Benson dans sa belle période de guitariste. Si on veut comparer le trio lui même dans sa créativité, dans cet accord parfait lors de judicieux passages de solo, on pourrait penser au même brio du trio suédois E.S.T du pianiste Esbjorn Svenson et côté swing, le légendaire guitariste américain décédé en 1968, Wes Montgomery, la meilleure référence en la matière, il aurait aimé entendre le trio d’Alex Grenier. L’artiste à l’éternel sourire, toujours coiffé d’un bonnet en laine noire, a bien compris ce qui fait un magistral trio en plus de la qualité des musiciens, ce sont sans cesse ses regards sur ses compères , vers le batteur Franck Durand et le bassiste Hervé Moquet. L’osmose des trois artistes est parfaite, on comprend alors pourquoi Punching Ball est le fruit de ce long travail musical.

Alex Grenier : Ce titre me plaisait bien, ce n’est pas combattant, je trouvais çà simplement punchy, la couleur du CD commençait très fort, j’ai imaginé l’univers de la boxe avec ces gants, la rapidité des gestes, bref, en tout cas le titre en jette…

JP Lamouroux : Comment avez vous réussi à pouvoir aller jouer aux Etats Unis ?

Alex Grenier : J’ai la chance que la ville d’Angers soit jumelée avec la ville d’Austin au Texas, ça m’a donné quelques opportunités pour partir. Ensuite, je me suis débrouillé en remontant vers Chicago de trouver des dates en ratissant les clubs…ce qui est marrant dans ces soirées, beaucoup de groupes défilent, à St Louis dans le Missouri, ils étaient étonnés de nous voir jouer ce genre de jazz …un regret de ne pas avoir eu le temps de tisser des liens avec des musiciens américains mais, par contre, ils nous ont aidé à poursuivre notre voyage. On a senti là bas une entraide entre eux.

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JP L : Comment se passe des instants de créations, y-a- s’il un rapport avec le social, la politique, la famille, le quotidien de la vie ?

Alex Grenier : C’est un peu le mélange de tout, quand je suis nostalgique, c’est une balade, quand je suis content, je vais jouer plus vite, plus fort, parfois les idées viennent comme çà, je trouve un nouvel accord, une nouvelle sonorité, ce qui n’est pas évident au tout début d’un album …c’est la peur de la page blanche et quand on a un ou deux morceaux qui se dessinent, on voit tout de suite la route qu’il faut prendre et c’est génial d’être en trio, d’être une petite formation, ça me plaît beaucoup parce que on a un échange qui est très rapide…vous savez, c’est vraiment un travail collectif, j’amène des idées, tout ce qui est thème je le travaille chez moi et puis, après, on travaille entre nous trois, on arrange les tempos, on change de mesures.

JP L : Peux tu te situer si on devait t’inscrire dans un catalogue du jazz ?

Alex Grenier : Difficile car je navigue entre un jazz contemporain et un jazz classique où je suis influencé, par exemple par des guitaristes des années 50/60. je viens d’acheter un CD d’un guitariste de cette époque Howard Roberts, j’écoute bien sûr souvent Wes Montgomery sans vouloir jouer une musique du passé mais, celle aussi que l’on appelle en ce moment la musique urbaine avec l’électronique en moins. Pour moi, , le son de la batterie et de la contrebasse, c’est vraiment le jazz que j’aime…

Après avoir découvert ce trio au Tremplin Jazz, le public niçois espère le revoir en tête d’affiche et en attendant , il est recommandé d’écouter Punching Ball accompagné d’une belle pochette créée par Mathou dans son atelier angevin La Fabrique Rouge et pour les collectionneurs, Alex Grenier a fait graver un vinil. Il paraît que le Père Noël apporte généralement un cadeau ou plusieurs, alors c’est le moment .

Jean Pierre Lamouroux

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