A Monte Carlo on jazze…à l’Opéra !

Qui aurait pensé que les superbes lambris de l’Opéra Garnier de Monte Carlo regarderaient un jour des orchestres de jazz ? Dix ans ont passé depuis cette initiative de la Société des Bains de Mer monégasque et pour sa onzième édition qui débute, le même chef d’orchestre à la programmation, Jean René Palacio .

Avec l’Opéra de Nice qui avait fait le même choix pour la création du premier festival de jazz en 1948, Monte Carlo est le second lieu de ce genre à ouvrir sa scène à d’autres musiques que celles habituellement réservées au classique. Bien lui en a pris car le succès a été au rendez vous et plus encore en Principauté où l’on a l’habitude d’accueillir le plus souvent les grandes célébrité du monde musical, ce festival propose tous les soirs en première partie les jeunes talents du jazz et des artistes beaucoup moins connus du grand public comme la trompettiste Arielle Besson avant le concert d’Ibrahim Maalouf ou encore la chanteuse Malia avant Al Jarreau. Jusqu’au 3 décembre, Jean René Palacio revendique cette image, d’un arbre dont le tronc serait le jazz et les branches celles de l’ouverture inspirée par cette même musique.

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JR Palacio : je le vois bien, en écoutant différentes radios en consultant les réseaux sociaux, en assistant un peu partout à des concerts que de nombreux jeunes artistes évoquent le jazz, soit en se référant aux anciens géants de cette musique, soit en reprenant parfois quelques rythmes de base ou, tout simplement, lors d’un concert, ils rendent un hommage musical à leurs pairs qui ont réussi à faire connaître cette culture qu’est le jazz.

JP Lamouroux : Pensez vous que désormais cette programmation pérennise ce festival ?

JR Palacio : Je ne suis pas maître de tout dans ce festival mais je crois que la Société des Bains de Mer joue le jeu et ne manque pas de manifestations prestigieuses mais, d’avoir accepté ce concept, en plus dans ce lieu, prouve que c’est une nouvelle image de marque des plus intéressantes pour la Principauté.

JP L : Bien sur, en construisant cette programmation, on a des chouchous et, on fait tout pour les recevoir dans le festival, qu’en est-il ?

JR Palacio : Bien entendu, tenez par exemple, la chanteuse béninoise Angélique Kidjo qui n’est pas un jeune talent mais qui rentre dans ce que je veux dans ce festival, ouvrir les portes des artistes qui prennent le jazz en référence mais aussi en interprétant sur des rythmes pop ou africain…tenez, pour cette soirée, une autre voix féminine Sara Lancman, quand on écoute son premier CD, Inspiring Love, on est certain que l’on en reparlera très vite…je persiste dans mon choix, découvertes et artistes très reconnus avec pour un concert le bassiste sénégalais Alune Wade avec le pianiste cubain Harold Lopez – Nussa .

JP L : On en vient à la venue des grands noms du jazz, qui sont -ils ?

JR Palacio : Je dirais, par ordre d’entrée en scène, nous allons recevoir Al Jarreau, un ami de longue date, Ibrahim Maalouf qui, bien sûr, représente pour moi cette ouverture jazz et musique du monde, on le voit bien avec le succès qu’il remporte dans de nombreuses compositions. On attend bien entendu, comme tous les ans un pilier du jazz, l’un des derniers géants du jazz, le saxophoniste Wayne Shorter, s’il fallait retracer son parcours, un livre entier n’y suffirait pas.

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JP L : On peut simplement rappeler que dans l’histoire du jazz, trois repères resteront dans la carrière de Wayne Shorter : les Jazz Messengers, la période Miles Davis et la création de Weather Report avec dans toutes ces périodes créatives, la présence des meilleurs musiciens dont font partie ceux qui joueront à Monte Carlo : le pianiste Danilo Perez, le contrebassiste John Pattitucci et à la batterie Brian Blade. A plus de 80 ans, Wayne Shorter reste toujours créatif, prêt à répondre aux questions de la presse où i l aime se confier avec de belles phrases qui ne concernent pas forcément la musique de jazz « chaque moment est spécial, chaque moment est un moment d’éternité…je fais attention de suivre cela, cette notion qu’on ne vit qu’une fois dans la vie… ». A souligner que pour clôturer ce festival le 3 décembre, il sera intéressant de redécouvrir (elle était là en 2009 avec son CD Bare Boues ) Madeleine Peyroux qui se produira cette fois ci en trio, elle présentera son dernier enregistrement Secular Hymns. Le jazz avant l’hiver, c’est une provision de bonheur en attendant le printemps.

Jean Pierre Lamouroux

montecarlolive.com

 

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