Cinéma / LA FILLE DE BREST d’ Emmanuelle Bercot.

Après Elle s’en Va (2013) et La Tête Haute (2015) , la comédienne -cinéaste , revient avec un nouveau film passionnant sur le scandale du Médiator et le combat menée par celle , Irène Frachon , qui après avoir découvert la nocivité du médicament n’a eu de cesse que de porter au grand jour les preuves des dégâts causés par celui-ci . Dans la grande tradition des films- dossiers , un superbe plaidoyer pour les victimes qui attendent toujours que leur soit rendue justice par un procès au pénal, sans cesse repousse …

l'affiche du film;
l’affiche du film;

La cinéaste aime bien les personnages qui ne baissent pas les bras à l’image du jeune adolescent de  La Tête Haute  victime d’une enfance difficile , qui réussira à sortir du cycle destructeur et violent dans lequel il s’était engouffré avec l’appui de soutiens ( éducateur , juge …) et saura « relever la tête » s’ouvrant l’espoir d’une autre vie . Ici, dans   La Fille de Brest  ( Cliquez ici pour la bande- annonce ) , face à ses malades victimes , c’est la pneumologue qui va relever la tête et se battre pour eux, contre l’indifférence des autorités sanitaires et les puissants laboratoires qui se protégent derière les décisions de celle-ci …révélatrices de quelques conflis d’inétrêts . Le quotidien de cette Pneumoloque du  CHU de Brest dédiée et dévouée à ses malades va être radicalement changé le jour où elle découvre que les analyses faites avec ses assistants sur plusieurs cas de patienst dont elle a la charge et la dégradation de leurs maladie jusqu’à la mort supsecte de certains ,  qui s’avvère avoir  un lien direct avec la prise d’un médicament , le Médiator, prescrit par leurs médecins traitants et comercialisé depuis de nombreuses années. Poussée par son « sens du devoir »  auquel s’ajoute son empathie pour les victimes ; et surtout la « perception » de la dangerosité que l’on se semble pas avoir mesurée ( ou voulu ignorer?…) d’un médicamant largement répandu et présenté aussi comme un remède coupe-fain pour certains malades , Iréne Frachon décide de porter l’affaire au grand jour . Mais elle n’est pas spécialiste des études épidémiologiques et des étapes qu’il faut franchir pour apporter la preuve de ce qu’elle a -modestement- découvert….

Iréne Frachon ( Sidse Brigitt Knudsen ) et Antoine Le Bihan ( Benoît Magimel )
Iréne Frachon ( Sidse Babett Knudsen ) et Antoine Le Bihan ( Benoît Magimel )

Ce sont les étapes de ce parcours et des « soldats » qu’elle va s’entourer ,  qui vont faire de ce modeste medecin de province une femme hors du commun et donc un personnage éminemment cinématograhique «  une femme ordinaire à qui est arrivée une histoire extraordinaire . Quelqu’un qui n’agit pas par calcul . Dotée d’une énergie incroyable… » , explique la cinéaste . Qui souligne également ses relations avec l’entourage qui l’a accompagnée dans son combat . Les moments de peur et de doute compensés par le soutien famililal    ( superbes séquences ) , et celui de ceux qu’elle a  «  rencontrés sur  son chemin tout au long de son histoire . Elle a été chef de guerre , mais elle a eu de magnifiques soldats  à ses côtés (…) comme le dit un dialogue du film : sans eux elle n’aurait rien fait , mais eux n’auraient pas fait ce qu’elle a fait! ». c’est l’un des premiers atouts du film que d’avoir traduit ces rapports où la force de conviction d’Iréne l’emporte . De la même manière que les   » impressions »  recueillies  lors  des  rencontres de travail de la cinéaste avec le pesonnage réel  dont les confidences vont  même au delà de ceux qu’elle avait décrit  dans son livre « Médiator 150 Mg.. » ( éditions Dialogue.fr / 2010) dont le sous-tire : combien de morts ? » , fut dans un premeir temps interdit . S’y ajoutent ceux recueillis auprés des protagonistes de l’affaire à Brest , mais aussi à Paris comme l’épidémiologiste Gustave Roussy , la « taupe » ( surnommé son « père Noël » ) de la CNAM, et celui d’Antoine Le Bihan          ( Benoît Magimel ) le chercheur qui lui a permis de mener à bien son dossier en la complétant dans un domaine qu’elle ne maîtrisait pas. Tous ce travail en amont qui fait la force du film et son réalisme s’appuytant sur ces éléments du vécu «  tous les faits du films sont avérés » souligne Emmanuelle Bercot . Et la préccision de ceux-ci , portée par une mise en scène rythmée à la manière d’une enquête de « polar » qui progresse jusqu’ à apporteer la preuve indiscutable ….

Le soutien familail...
Le soutien familial…

On a dit film -dossier et c’est bien le cas , la cinéaste l’assume totalement inscrivant son récit sans hésiter dans la lignée des grands films du genre comme Révélations de Michaêl Mann( sur le scandale de l’industrie du tabac) , ou le Erin Brokovitch de Steven Soderbergh . N’hésitant pas à se situer derrière le point de vue d’irène et suivre son parcours de combat comme c’est le cas dans les deux films cités. Inscrivant dans le sien aussi , la dimension pédagogique nécéssaire en forme de vulgarisation destinée à faire comprendre au grand public les vrais « enjeux » . A l’image des deux scènes crues  ( de l’opération , et de l’autopsie ) servant de déclic au combat d’Iréne dont la cinéaste veut faire «  éprouver physiquement les choses » aussi ,  au spectateur . En ce sens le film devient -habilement – par sa forme qui ne le revendique pas forcément , un pamphlet politique d’autant plus percutant . La motivation d’Irène s’inscrivant dans l’idée de Justice guidée  – non pas par une revendication  d’ordre politique  mais  plurôt d’ordre déonthologique –  par son empathie pour les malades et la révolte suscitée par les effets nocifs qui lui sont devenus insupportables du médicament que révélent les deux scènes citées , et puis, cette indifférence avec laquelle on refuse ( les autorités , le laboratoire …) de voir les dangers  pourtant pointés par Irène , préférant se cacher derrière leurs certitudes et ( ou ) protégeant surtout leurs intérêts , dévoilant les compromissions .

Irène au tribunal , fait face aux accusateurs...
Irène au tribunal , fait face aux accusateurs…

Se situant du point de vue de son héroïne Emmanuelle Bercot définit le mur qui la sépare du camp opposé et de la réalité d’une administration Sanitaire et de l’industrie pharmaceutique dont le devoir primordial de protection de la population n’est pas toujours la priorité qu’il devrait être , et qu’elle veut révéler . C’est le sens de son combat contre ces dysfonctionnements et conflits d’intérêts à qui va lui faire répondre aux accusantions dont elle est l’objet ,  disant «  moi aussi je collabore avec les labos et je suis pour l’innovation thérapeutique » . Pointant que c’est la santé des malades qui est en cause et que celle-ci se doit être intègre et non pas faite au profit d’ intérêts mais au service des Malades , ce que font font de nombreux médecins          ( dont la déontologie n’est pas suspecte…) qui travaillent, comme elle, avec les laboratoires. C’est pour cette raison qu’elle s’est inscrite en combattante contre certaines pratiques … qui ont permis au Médiator de faire ses ravages pendant 30 ans !. Et contre cette injustice qui conduit à une forme d’impunité isupportable : le procès au pénal n’ a toujours pas eu lieu contre les responsables ! , est-il expliqué  dans un sous-titre  à la  fin du film. . Tandis que ceux qui dénonçent ces pratiques se retrouvent  , eux, sur le banc des accusés. Et la colère d’Irène n’est pas encore éteinte  aujourd’hui qui fustige le récent procès au Luxembourg dont a été l’objet un lanceur d’alerte … et demande qu’une loi punisse ceux qui les attaquent …

Le sndale dévoilé, Iréne face à la pressse...
Le scandale dévoilé, Iréne face à la pressse…

Et , autre atout  du film , cette mère -courage est incarnée par une comédienne Danoise , Sidse Babett Knudsen remarquée dans After the Wedding de Susan Bier (2007) et rendue célèbre par les trois saisons de la série T.V à succès :Borgen, et  excéllente face à Fabrice Lucchini dans L’ Hermine ( 2015 ) qui lui a valu le César de la Meilleure actrice dans un second rôle . Elle est admirable et fait merveille dans sa manière d’affronter l’adversité,   elle est « cash »  dans sa détermination , affronte ses  peurs, sait aussi  faire preuve de recul et d’humour  . Ell est bouleversante  dans l’empathie et  la complicité avec ses malades , et ( ou ) ceux qui vont l’accompagner dans son combat . Elle éclabousse tout et elle est irrésistible … le Médiator en sait quelque chose ! . Elle s’inscrit , définitivement , au rang des phus  grandes..

(Etienne Ballérini)

LA FILLE DE BREST d’Emmanuelle Bercot -2016- Durée : 2h 08.
Avec : Sidse Brigitt Knudsen , Benoît Magimel, Charlotte Laemmel , Isabelle De Hertog, Gustave Kervern , Anne Jouan , Corinne Zaccharia…

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