Exposition / Les créatures fantastiques d’Hélène Maris

Connaissez-vous la Cave Romagnan ? Au 22 rue d’Angleterre, à Nice, ce bar cave a des allures de bar de quartier, ambiance bon enfant, clientèle locale, café, demi, ballon de rouge, pastaga… Quoique… Le samedi soir, la blue note* règne en maître, le mercredi, c’est la parole, et quasiment tout le temps, les murs se transforment en cimaise.

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Donc de 19h à 21h, chaque samedi, c’est jazz chez Manu (le taulier), aux mêmes heures le mercredi ça slame** ou ça refait le monde (café-philo, café-idées). Et donc, expos quasi en permanence. Chaque fois que je me pointe chez Romangan pour prendre mon café-noisette, je m’en prends plein les mirettes. Et ce ne sont pas les «œuvres » néo-post-moderno-figurativo-abstractionnistes  punaisés chez les galeristes patentés (ou pas tentés). Non, là, ça part du ventre, ça remonte au cerveau et ça s’arrête au niveau de la voix : comment en parler ?
Même émoi lorsque je me pointais ce 4 novembre sur les coups de 11h du mat’ : qu’est-ce que c’est que çà ? Deux sentiments concomitants : d’abord, se dire le travail de folie nécessaire à la réalisation de ces œuvres. Puis, en fait dans le même temps, sentir l’émotion, le bouleversement qui transvase de toutes ces picturales compositions à votre intime : un arc électrique.
Quand on veut faire le blasé, on dit « ah ! çà, ça me rappelle trucmuche, ou machin-chose » Là, j’étais face à une personnalité forte, mais aussi dans un univers où j’évoquais des maîtres  tutélaires, Goya, Francis Bacon, Edward Munch : le Goya du Tres de mayo, ou du Saturne dévorant l’un de ses enfants, les autoportraits de Francis Bacon, le petit personnage du Cri d’Edward Munch.
creature-fantastique-2Mais aussi quelque chose d’autre commençait de poindre à mon esprit : la mémoire. Et, curieusement, non parce que les personnages représentés indiquaient une activité mémorielle, quoique…  mais par ce que je pouvais imaginer du déroulement créatif : je sentais que, depuis le dessin initial, tout au long du process de réalisation, à chaque étape, c’est comme si une « aberration » s’en était advenue mais qu’elle n’avait pas était gommée, bien au contraire elle était incluse : rémanence de la mémoire, cette faculté d’enregistrer des informations, de les conserver et de les utiliser. Et là, c’est chez Dali, le Dali de « Persistance de la mémoire » qu’il fallait se tourner. J’y voyais également, en cherchant dans le cinéma, l’univers de THX1138***
Si vous vous voulez connaître ce process, et quand vous viendrez voir l’expo, demandez à Manu qu’il vous l’explique. Vous le reconnaitrez facilement : il est derrière son comptoir et porte une casquette noire .D’ordinaire, c’est un « taiseux » mais un taiseux magnifique.
Qui crée des œuvres d’une telle puissance ? Une jeune femme, Hélène Maris. A voir –urgemment-  jusqu’au 30 novembre. Cave Romagnan, 22 rue d’Angleterre, à Nice de 7h30 à 14h et de 16h à 21h (tous les jours sauf dimanche) 04 93 87 91 55

Jacques Barbarin      

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*Dans le jazz ou le blues, la note bleue (en anglais blue note) est une note jouée ou chantée avec un léger abaissement, d’un demi-ton au maximum, et qui donne sa couleur musicale au blues, note reprise plus tard par le jazz.
**Le slam est une poésie orale, urbaine, déclamée dans des espaces publics. Né d’une idée du poète américain Marc Smith en 1986 dans le but de rendre les lectures de poèmes à la fois moins élitistes et moins ennuyeuses, le slam laisse une grande liberté aux poètes à l’intérieur de ces règles de base. « Marc Smith n’aura eu qu’à modifier le concept de départ pratiqué par les poètes-beat, en l’adaptant à son époque… et donner à une nouvelle génération le privilège de la prise de parole » (Lucien Francoeur)
***THX1138, premier film de science-fiction de Georges Lucas (1971). Dans une société souterraine du futur, l’humanité vit sous sédatifs. Ils sont socialement soumis par un pouvoir totalitaire et invisible au sein d’un univers blanc monochrome

 

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Un commentaire

  1. HELLO

    n’hésitez pas à venir voir notre piece sur Marilyn Monroe le 24 et 25 février au theatre de la Cité

    merci

    Thierry Azzopardi

    ________________________________

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