Cinéma / Festival de Deauville (2)- compte-rendu et palmarès …

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville s’est achevé dimanche avec la projection de douze des quatorze films de la compétition, dont les quatre longs métrages primés la veille par les deux jurys et le public. Retour sur cette 42e édition.

Le Festival avait commencé par une mauvaise nouvelle, Mickael Moore annulait sa venue en raison d’une urgence familiale. Le cinéaste engagé a néanmoins pris la peine d’adresser un message qui a été lu au public et dans lequel il a exprimé ses regrets mais aussi son soutien à la France, avec la promesse de venir à Deauville prochainement. Habitué à ces imprévus, l’année dernière Robert Pattinson, retenu sur un tournage, déclarait forfait trois jours avant l’ouverture, le Festival a néanmoins maintenu la projection de son nouveau documentaire, Where To Invade Next, la rétrospective de ses films et l’hommage qui devait lui être rendu. « Nous rendons d’abord hommage à une œuvre, la venue ou non de l’artiste fait partie des aléas » a précisé la Direction.
Si Sara Forestier a fait une brève apparition en tant que membre du Jury avant de disparaître mystérieusement du tapis rouge, Chloe Grace Moretz, Stanley Tucci, James Franco, Daniel Radcliffe étaient bien présents.
Quelques heures avant l’annonce du Palmarès, Frédéric Mitterrand, le président du jury, déclarait dans un entretien accordé à un quotidien : « Mon rôle est d’écouter et d’arbitrer mais je ne sais pas si j’aurais à le faire car certaines œuvres nous mettent tous d’accord par leurs qualités. Quand un film est vraiment très bien, on se rejoint. C’est sur les films plus fragiles que nous divergeons. » Il y a peut-être eu désaccord ou d’âpres discussions autour de Captain Fantastic et du Teckel, d’où, à l’arrivée, le Prix du Jury pour l’un et l’autre. Les deux films ont d’ailleurs fait l’unanimité, puisqu’ils obtiennent deux récompenses. L’année dernière, 99 Homes de Ramin Bahrani
présenté en début de Festival (et malheureusement sorti en VOD), avait fait la course en tête, de bout en bout, dans le traditionnel petit jeu des pronostics des festivaliers. Cette fois, il a été nécessaire d’attendre le dernier jour de la compétition pour découvrir le Grand Prix, Brooklyn Village, le 8e réalisation d’Ira Sachs qui était déjà venu à Deauville il y a deux ans avec Love is strange, également en compétition. Le film est la chronique d’une famille de Manhattan qui s’installe à Brooklyn, dans une maison dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les garçons des deux foyers vont se lier d’amitié, mais les rapports entre les deux familles ne vont pas tarder à se dégrader. La sortie dans les salles de cinéma française est prévue pour le 21 septembre 2016. Cerises sur le gâteau, les autres films primés sortiront prochainement dans les salles obscures de l’Hexagone.

Retour sur quelques films des différentes sélections
Les Premières

Comancheria (Hell Or High Water) de David Mackenzie avec Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham, Marin Ireland (Drame, western – 1h42 – Sortie le 7 septembre 2016)
Après la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec son propre argent.
L’affiche, les photographies et la bande annonce du film ne trompent pas. Comancheria (du nom de l’ancien territoire indien des Comanches) a tout du western, mais un western urbain des temps modernes bien ancré dans l’époque actuelle et dans la crise économique américaine. D’ailleurs, les deux principaux protagonistes ne sont pas poussés par la soif d’argent. Les deux frères braqueurs veulent empêcher le ranch familial de tomber entre les mains d’une banque qui a spéculé avec l’argent de leur mère défunte. Ils vont trouver sur leur route un duo de flics. Western revisité, Comancheria s’aventure aussi sur les terrains du polar, du road movie et du buddy movie. Le réalisateur britannique David Mackenzie se sort à son avantage de ses débuts hollywoodiens. Le scénario est signé Taylor Sheridan (auteur de celui de Sicario de Denis Villeneuve). Un autre duo qui fonctionne bien (Voir également la critique lors de la présentation du film à Cannes dans la sélection Un Certain Regard).

Helen Mirren dans Eye in The Sky

Helen Mirren dans Eye in The Sky de Gavin Hood – Photo DR
Eye in The Sky de Gavin Hood avec Helen Mirren, Aaron Paul, Alan Rickman, Barkhad Abdi et Jeremy Northam (Film de guerre, thriller – 1h42 – Sortie le 9 octobre 2016 en e-cinéma et sur le plate-formes vod).
Depuis une base militaire proche de Londres, la colonelle Katherine Powell, officier du service d’espionnage, dirige opération anglo-américaine top-secrète. Un groupe de terroristes réfugié à Nairobi doit être capturé ; les services secrets découvrent que le groupe prépare une attaque suicide. Le danger est imminent, il faut agir très vite pour stopper les terroristes coûte que coûte. Au Nevada, Steve Watts, pilote de drones, est prêt à intervenir pour éliminer la menace.
Cinéaste sud-africain, Gavin Hood s’était fait remarqué sur le plan international il y a quelques années avec Mon nom est Tsotsi, pour lequel il a remporté l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. A Hollywood, il a réalisé des films plus ou moins mémorables, tels que X-Men Origins : Wolverine (2009) ou La Stratégie Ender (2013). Il revient aujourd’hui avec une production britannique à petit budget et une approche différente. Film de guerre, Eye in the Sky est surtout un thriller psychologique dans lequel le réalisateur met en avant la réflexion plus que l’action et écarte toute approche manichéenne pour immerger le spectateur, quasiment en temps réel, au cœur des étapes du processus de décision d’une opération militaire, avec tout son lot de questions, morales, judiciaires et politiques qu’elle soulève. A noter la qualité de l’interprétation d’Helen Mirren et d’Alan Rickman, dont ce fut l’une des dernières apparitions au cinéma.

Miles Ahead de Don Cheadle avec Don Cheadle, Ewan McGregor, Emayatzy Corinealdi, Michael Stuhlbarg, Keith Stanfield (Drame, biopic – 1h40 – Sortie en VOD)
Fin des années 1970. À l’apogée de sa carrière, Miles Davis, précurseur du jazz moderne, disparaît du devant de la scène pendant cinq ans. Seul et reclus, il souffre d’une douleur chronique à la hanche, son talent est mis à mal par les drogues et les analgésiques, et les fantômes du passé ne tardent pas à venir le hanter. Lorsque Dave Braden, un journaliste musical réussit à faire le forcing pour entrer chez l’artiste en vue d’un entretien, une complicité s’installe entre les deux hommes…
Miles Ahead n’est pas une biographie filmée ordinaire. D’abord parce que Don Cheadle, grand admirateur du musicien, s’est investit corps et âme dans ce projet qu’il a mis de nombreuses années à concrétiser. Il réalise non seulement son premier film, mais il en est également le producteur, le co-scénariste et l’interprète principal. Ensuite parce qu’il ne suit pas l’ordre chronologique de bien des biopics et qu’il ne donne pas dans l’hagiographie. Le réalisateur prend pour point de départ une rencontre de 48 heures entre Miles Davis, alors dans le creux de la vague, et un journaliste pour explorer le passé du jazzman comme son futur. Un portrait peu flatteur mais probablement plus proche de la réalité, qui aborde les mécanismes de création et d’autodestruction d’un artiste.

Les Docs de l’Oncle Sam

Where To Invade Next de Michael Moore (Documentaire – 2h – Sortie le 14 septembre 2016)
Les États-Unis ont toujours fait la guerre pour prendre des richesses aux pays vaincus. Les guerres contre l’Irak et le Vietnam ont été perdues. A la demande du Pentagone, Michael Moore va envahir l’Europe pour y voler les bonnes idées, plutôt que le pétrole ou l’or…
Avec Where to invad next, Michael Moore fait son retour au cinéma six ans après Capitalism : A Love Story, violente critique du système économique des États-Unis et du capitalisme en général, sorti dans les salles en 2009. Le réalisateur part à la recherche des bonnes idées en Europe que les Etats-Unis pourraient importer. Et il en trouve. Il se rend ainsi dans plusieurs pays européens et s’offre aussi une escapade à Tunis. Les exemples ne manquent pas. Qu’il s’agisse des congés payés et du 13e mois en Italie, des cantines scolaires proposant des repas sains et équilibrés en France, de la dépénalisation de la consommation de drogues au Portugal ou des prisons ouvertes en Norvège. Fidèle à son habitude, le réalisateur ne s’embarrasse pas de détails et use de raccourcis approximatifs pour servir son propos. Un choix qu’il assume en déclarant qu’il laisse le soin à d’autres « de ramasser les mauvaises herbes », même s’il apparaît plus « soft » dans la provocation et plus optimiste que dans ses précédents pamphlets. Sorti aux Etats-Unis au moment du début des primaires pour les présidentielles, ce documentaire est davantage destiné à un public américain. Le spectateur européen aura tôt fait de remarquer ses oublis et ses erreurs. Néanmoins, il y trouvera quelques pistes de réflexions intéressantes.
Close Encounters with Vilmos Zsigmond de Pierre Filmon avec Vilmos Zsigmond, John Travolta, Isabelle Huppert, Nancy Allen, Peter Fonda (Documentaire – 1h21 – Sortie le 16 novembre 2016)
La vie du directeur de la photographie Vilmos Zsigmond, des rues de Budapest à Hollywood. De très nombreux artistes, dont John Travolta et Nancy Allen, et chefs-opérateurs de renom interviennent, le questionnent pour tracer le portrait d’un artiste complet.
Le titre de ce documentaire fait référence au titre original de Rencontres du troisième type de Steven Spielberg pour lequel Vilmos Zsigmond remporta l’Oscar de la meilleure photo en 1978. Connu des cinéphiles mais très peu du grand public, le légendaire directeur de la photographie, l’un des plus prestigieux avec Vittorio Storaro, a marqué de son empreinte toute une époque du cinéma américain, à partir des années 1970, avec le Nouvel Hollywood. Vilmos Zsigmond, disparu le 1er janvier 2016, a ainsi travaillé, non seulement avec Steven Spielberg, mais aussi, entre autres, avec Robert Altman , John Boorman, Michael Cimino, Brian De Palma, Jerry Schatzberg. Conçu à partir des rencontres entre le directeur de la photographie et le réalisateur, qui renforcent en même temps leurs liens amicaux, le documentaire est enrichi par des extraits de films. Il retrace la carrière de Vilmos Zsigmond, de Budapest jusqu’à Hollywood en passant par Paris, mais présente également l’intérêt d’aborder sa technique et son style.

La Compétition

captain-fantastic
Captain Fantastic de Matt Ross (Photo DR)

Captain Fantastic de Matt Ross avec Viggo Mortensen, Frank Langella, George MacKay, Kathryn Hahn, Steve Zahn, Ann Dowd (Prix du Jury et Prix du Public de la Ville de Deauville -Comédie dramatique – 2h – Sortie le 12 octobre 2016)
Dans les forêts reculées du nord-ouest des États-Unis, un père dévoué, vivant isolé du reste de la société, a consacré sa vie tout entière à l’éducation de ses six jeunes enfants pour qu’ils deviennent des adultes hors du commun. Quand le destin frappe la famille, ils sont contraints d’abandonner le paradis préservé que le père avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va obliger celui-ci à remettre en question ses méthodes d’éducation et tout ce qu’il avait choisi d’apprendre à ses enfants.
Remarqué au festival de Sundance en janvier 2016, puis à Cannes en mai dernier dans la section Un Certain Regard où il obtenu le Prix de la mise en scène, Captain Fantastic arrivait donc à Deauville précédé de bons échos. Premier film présenté en compétition, il a été chaleureusement accueilli par le public, comme l’a été quelques jours plus tard Song Street. Malgré son titre, point de blockbuster et de super-héros à l’horizon. Le « Captain » en question c’est Ben ce père de famille interprété par le charismatique Viggo Mortensen. En conférence de presse, le réalisateur s’est défendu de vouloir faire passer un message. « Pour moi, a-t’il souligné, le film est un drame humain, bien sûr mes idées politiques sont claires mais ce n’est pas le centre du film ». Cependant, pour son deuxième long métrage derrière la caméra, Matt Ross confronte utopie et réalité, et égratigne l’ « American way of life », la société de sur-consommation.
Le Teckel (Wiener-Dog) de Todd Solondz avec Julie Delpy, Greta Gerwig (Prix du Jury et Prix Révélation – Comédie dramatique – 1h28 – Sortie le 19 octobre 2016)
Le portrait d’un teckel et de tous ceux auxquels il apportera un bref instant de bonheur.
« I’m happy ! » déclare le brave et triste toutou Droopy imaginé par Tex Avery. Difficile de ne pas penser à lui avec Todd Solondz et son nouveau film Le Teckel. D’ailleurs, au moment de présenter le film le réalisateur a déclaré : « Je fais des comédies tristes. Vous pouvez rire si vous voulez, ou ne pas rire, c’est ok… ». Avec Le Teckel, il nous raconte quatre histoires par le biais d’un film à sketches. Quatre récits dont le fil conducteur est donc ce teckel, ou « chien saucisse » (le « Wiener-Dog » du titre original) pour nous proposer une galerie de portraits caricaturaux d’Américains égoïstes. Une comédie caustique et cruelle à l’humour noir, décapant et dérangeant.

Sing Street de John Carney avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton (Comédie dramatique – 1h46 – Sortie le 26 octobre 2016)
Dublin, années 1980. Conor est obligé de quitter le confort de son lycée privé pour rejoindre les bancs de l’école publique, une école catholique aux règles strictes . Il se retrouve alors au milieu d’élèves durs à cuire, et de professeurs qui le sont encore plus. Il n’a qu’un rêve : conquérir la plus jolie fille du quartier, la mystérieuse Raphina. Il décide alors de monter un groupe et de se lancer dans la musique, un univers dans lequel il ne connaît rien ni personne, à part les vinyles de sa chambre d’adolescent.
Bassiste et chanteur du groupe de rock irlandais « The Frames », John Carney connaît la musique. Après Once et New York Melody, pas de fausse note majeure avec ce nouveau film musical Sing Street, une comédie… musicale, mais aussi romantique et sociale, inspirée pour partie de ses souvenirs. Le thème, le contexte, Dublin dans les années 1980, et la présence au générique des deux films de la comédienne Maria Doyle Kennedy font d’ailleurs penser à The Commitments d’Alan Parker, réalisé en 1991, et les membres groupe de soul irlandaise du second pourraient être les grands frères ou des cousins des ados du premier. On pourra reprocher à Sing Street, récit initiatique et ode rafraîchissante à la musique et à la liberté, sa réalisation « clipesque », mais elle est aussi un atout qui permet au spectateur de voyager dans le temps et à Dublin à une époque pop-rock avec le son ou les chansons de David Bowie, The Cure, Duran Duran ou Depeche Mode. A l’issue de la projection, le film a été accompagné par une standing-ovation. Il a été le grand rival de Captain Fantastic pour le Prix du Public.

Transfiguration de Michael O’Shea avec Eric Ruffin, Chloe Levine, Aaron Clifton Moten, Carter Redwood (Drame, épouvante – 1h37 – Sortie prévue le 08 février 2017)
Le quartier du Queens, New York. Milo a 14 ans. Orphelin, son seul refuge est l’appartement qu’il partage avec son grand frère. Solitaire, il passe son temps à regarder des films de vampires. D’ailleurs, il est persuadé d’en être un lui-même. L’arrivée d’une nouvelle voisine fera naître en lui des sentiments inédits…
Malgré le sujet, Transfiguration n’est pas vraiment une énième variation sur le thème du film de vampires, dont Milo, le jeune protagoniste, est d’ailleurs devenu un expert et un critique avisé. En fin connaisseur, il juge la série Twilight « craignos » et apprécie le Nosferatu de Murnau. Pour son 1er long métrage, Michael O’Shea mélange habilement les genres et associe l’horreur au drame social avec une acuité du regard sur les ghettos des quartiers pauvres de New York régis par la violence des gangs. Une romance entre ados d’un genre un peu particulier qui n’est pas sans rappeler Morse de Tomas Alfredson et bien servie par ses deux jeunes interprètes principaux.

Le Palmarès du 42e Festival du cinéma américain de Deauville

palmares-deauville-2016 Ira Sachs, Anna Rose Holmer, Matt Ross (Crédit photo : Philippe Prost)

Le Jury de la 42e édition, présidé par Frédéric Mitterrand, entouré de Françoise Arnoul, Eric Elmosnino, Ana Girardot, Douglas Kennedy, Emmanuel Mouret, Radu Mihaileanu et Marjane Satrapi a décerné les prix suivants :

Le Grand Prix :

Brooklyn Village (Little Men) de Ira Sachs
(Distribution France: Version Originale / Condor – Sortie le 21/09/2016)

Deux prix du Jury ont été attribués

Captain Fantastic de Matt Ross
(Distribution France : Mars Distribution – Sortie le 12/10/2016 )
Le Teckel (Wiener – Dog) de Todd Solondz
(Distribution France : ARP Sélection – Sortie le 19/10/2016)

Le Jury de la Révélation de la 42e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville, présidé par Audrey Pulvar, entourée de Cédric Anger, Jérôme Bonnell, Kheiron, Diane Rouxel et ChristaTheret a décerné le Prix Kiehl’s de la Révélation à :

Le Teckel (Wiener – Dog) de Todd Solondz

Le Jury de la Critique, composé de 5 journalistes, a décerné son prix à :

The Fits de Anna Rose Holmer
(Distribution France: ARP Sélection – Sortie prévue le 11/01/2017)

Le Prix du Public de la Ville de Deauville a été attribué à :
Captain Fantastic de Matt Ross

Pour revenir en détail sur la 42e édition du Festival du cinéma américain de Deauville rendez-vous sur le site officiel du Festival
Pour voir le reportage photos : Sur les planches,

Philippe Descottes

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