Cinéma / COLONIA de Florian Gallenberger.

Le Chili lors du coup d’état de Pinochet en 1973 et la terrible repression qui suivit . Un jeune couple d’étrangers pris dans la tourmente est arrêté . Le jeune homme militant et photographe, séparé de sa compagne est conduit par le militaires dans un camp secret tenu par une ancien Nazi .Un film passionnant , basé sur l’histoire vraie de la tristement célèbre histoire de La colonia Dignidad où l’horreur était planifiée …

l'Affiche du Film.
l’Affiche du Film.

D’emblée le film nous plonge dans l’effervescence des événements tragiques à quelques heures du coup d’état qui conduisit à l’assassinat du Président élu Salvador Allende et qui fit basculer l’histoire du chili . On y voit les manifestations de soutien populaire au Président alors et que les militaires commençent à prendre place dans les rues . C’est dans cette situation de confusion qu’un jeune couple d’étrangers va se retouver .Elle c’est Léna ( Emma Watson ) une jeune Anglaise qui est venue rejoindre son ami Daniel ( Daniel Brühl ) étudiant et photographe installé au chili depuis quelques mois et qui s’est impliqué dans les manifestations de soutien à Allende . La joie de leurs retrouvailles sera de courte durée . Dans les rues où les militaires ont pris place , les manifestatnts sont arrétés avec violence , Léna et Daniel qui tentent d’y échapper le seront aussi et emmenés dans un premier temps dans le stade de Santiago du chili où les suspects identifiés par des « indics » sont pour certains fusillés sur place et d’autres arrêtés et emmenés dans des centres de détention et de Torture . Daniel est un de ceux- là , qui a été vu et identifié comme participant aux manifestations et ne pourra pas faire opposition de son statut de résident étranger,  et être relâché  Il sera embaqué et amené dans le sud du Pays dans un de ces lieux de détention et de torture secrets . Léna désemparée qui ne peut obtenir l’aide de militants qui ont échappé à la traque et n’ont d’autre solution que de se cacher et espérer quitter le pays, ils ne pourront que lui donner l’adresse de l’un de ces centres connus , où sont amenés les prisonneirs politiques destinés à être intérrogés . Elle décide de s’y rendre dans l’espoir d’y retrouver Daniel  …

Léna ( Emma watson) et Daniel ( Dabiel Brûhl ) en compagnie des ajtres prisonniers au stade de santiago du Chili
Léna ( Emma watson) et Daniel ( Dabiel Brühl ) en compagnie des ajtres prisonniers au stade de santiago du Chili

Direction le Sud et cette « Colonia Dignidad » , camp secret tenu par un ancien  nazi dont l’organisation sectaire ,  et dont l’obédiance à la religion catholique cache en fait un systéme d’exploitation des individus soumis  à des régles strictes et fonctionne selon un régime de séparation des sexes ( hommes , femmes et enfants ) ayant chacun leurs térritoires, avec interdiction de se rencontrer . Une situation de séparation et d’enfermenent qui permet au prêtre-gourou , Paul Schäfer ( Michae l Nyquist ) d’y faire régner sa loi avec l’appui de gardiens ( et gardiennes ) à sa dévotion . Là forme du camp de concentration étant en quelque sorte un modèle car celui et celle qui y entre ne pourra plus en sortir. Tout est organisé et planifié. Léna Horrifiée découvre petit à petit tout le mécanisme d’oppréssion et d’enfermement vécu par ces personnes captives à leur insu , et subissant des sévices de toutes sortes . Soumission féminie au « gourou » qui s’adonne aussi à la pédophilie sur les enfants…et à des expériences de « destruction » psychologique , ou encore  a des expériences avec les femmes contraintes de procéation avec des inconnus . Les « appuis » que l’ex-nazi avait dans le camp des extrémistres de droite  avait fait -aussi-  de cette  » colonia »   un lieu  où les sous-sols équipés de matériels sophistiqués servaient à des expériences qui à la suite du coup d’état deviendra un lieu seret de tortues et de mort.

La colonia Dignidad...entrée de la porte de l'enfer
La colonia Dignidad…entrée de la porte de l’enfer

Le cinéaste qui s’est appuyé sur des multiples recherches et a recueili de nombreux témoiganges , en a construit un récit impressionnant qui nous entraîne au cœur de l’horreur dans le sillage d’une Léna abasourdie, mais guidée par la lucidité pour tenter de retouver son ami dans cet enfer …l’une des forces du film c’est la volonté du cinéaste de chercher à percer le cœur d’un mécanisme de destruction de l’individu en s’appuyant sur un travail  long et pointilleux , dont il confie dans le dossier de presse du film , sa volonté «  de révéler au grand jour les incroyables injustices qui furent trop longtemps cachées aux autorités Allemandes et Chiliennes » . Y travaillant depuis 2009 pour tenter d’en pénétrer les arcanes « ce fut un travail lent et délicat (…) j’ai pu gagner la confiance de certains membres de la colonie . J’ai eu enfin accès à tous les secrets et à tous les aspects de ce qui se passait au sein de la communauté. J’ai visité les lieux j’ai pu voir les souterrains les endroits où les prisonniers politques étaient torturés et j’étais là où leurs corps étaient brûlés à la hâte . Je me suis rendu dans les cabines de douches, là où la chorale devait chanter pendant qu’il faisait subir des sévices sexuels aux jeunes garçons (…) je me suis assis dans le Bunker de Paul Schäfer (…) j’ai parlé a des membres de la secte et a des anciens prisonniers politiques , jai écouté ce qu’ils ont vécu.. » , explique le cinéaste .

Paul Schäfer ( Michael Nyqvist ) dirige une séance d'humiliation féminine
Paul Schäfer ( Michael Nyqvist ) dirige une séance d’humiliation féminine

Et  son film en restitue remarquablement le quotidien et  l’horreur , tout en sachant garder la distance suffisante de la dignité à l’image de ce  plan court remarquable qui  la  suggère , lorsque Lena se retrouve en présence d’un enfant en pleurs sortant de cet endroit d’humiliation cité ci-dessus , et que l’on comprend  avec elle ce qui se passe. Une belle scène d’une dignité respecteuse qui n’en est que plus émouvante dans sa dénonciation. C’est de la même manière que par de courtes séquences  il nous montre le calvaire de Daniel torturé sadiquement, pour insister ensuite au cœur de l’enfer,  sa reconstruction. De la même manière que quelques notations suffisent  au cœur de la soumission des individus sous la surveillance des « kapos » du gourou pour  laisser entrevoir les signes de révolte ( les belles scènes  de connivence  muette entre Léna et un de ses compagnes de captivité ). Et le cinéaste ne manque pas de démonter les mécanismes de cette soumission dont il a pu décortiquer à l’écoute des témoiganges de la Doctoresse Sewald qui fut à la tête de la clinique ( et qui réfuta tout ce dont elle a été accusée!) ,  dont il  démonte  là encore  l’arsenal  des mécanismes utilisés qui lui permettent de dire  « après  toutes ces années de recherches , j’ai compris que la colonie Dignidad n’était rien d’autre qu’un simple plan d’un régime de terreur , rien  d’autre qu’un micro-état de terreur . J’ai voulu raconter cette histoire car je pense que l’exemple de ce qui est arrivé à la colonie peut nous aider bien  plus à comprendre les mécanismes de l’oppréssion et  la facilité avec laquelle un groupe de personnes peut être réduit à l’esclavage », dit-il…

Paul Schäfer,reçoit les miltaires dans la colonia Dignidad
Paul Schäfer,reçoit les miltaires dans la Colonia Dignidad

Et sa mise en scène est éfficace,  soutenue par son travail de documentation et des comédiens qui traduisent superbement les « nuances » d’une  forme d’ emprise  psychologique . Dans la continuité la dénonciation l’est d’autant plus qu’elle interpelle, sur bien des points dont la résonnance peut , encore , faire écho aujourd’hui . Sur l’utilisation de la religion , ( ici Chrétienne ) comme enjeu et ( ou ) raison d’état , mais aussi, sur l’impunité qui a suivi la découverte du rôle joué par La Colonia Dignidad dans les actes de tortures durant le régime de Pinochet, que  Paul Schäfer  soutint , et auxquels elle a servi de cadre durant  les années 1973à  1990.  Rôle dont l’évasion de Léna et de David avec les documents photographiques qui ont permis d’apporter les preuves , et qui , malgré l’émotion qu’ils soulevèrent à l’époque au niveau  international , sont restés léttre morte . Et ont même bénéficié de certains appuis   pour ce faire , comme le montre le final du film ( la scène de l’aéroport qui fustige le rôle des réprésentants de l’ambassade Allemande ) où les représentans de celle-ci , laissent faire les militaires de Pinochet qui veulent empêcher l’avion dans lequel se trouvent Léna et Daniel , de décoller . Mais même si les Militaires ont échoué ( vous verrez  comment  …) et que la vérité sur le rôle de la Colonia Dignidad sera révélée il n’en reste pas moins que  «   Cette situation scandaleuse s’est dérouéle sur quasiment 40 ans et personne n’a voulu ou a été capable d’arrêter Schäfer . Pourquoi ? » , questionne le cinéaste .
Ce  n’est , en effet , qu’après la transition démocratique du Chili en 1991 que ce dernier objet de plusieurs dénonciations , condamné par contumace se réfugiera en Argentine en 1997 . Le 10 mars 2005   il est enfin arrêté à Buenos -Aires et extradé à Santiago du Chili , et sera condamné à 20 ans de Prison , il y mourra en 2010 dans l’hôpital de celle-ci suite à des problèmes cardiaques ….

(Etienne Ballérini)

LA COLONIA de Florian, Gallenberger ( 2016-
Avec : Emma Watson , Daniel Brûhl , Michaël Niqvist , Richenda Carey , Jane Werner , Julian Ovenden, Vixky Krieps…

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