Cinéma / LEA de Marco Tullio Giordana.

Après les remarquables Nos meilleures années ( 2003) et Piazza Fontana (2012) , grand témoin  de l’histoire politique italienne et des destinées individuelles qui s’y  sont brisées  pour son  nouveau  film le cinéaste Italien, s’est penché sur l’histoire de cettte mère Calabraise , Léa Garofalo, qui rompit « la loi du silence » , décidant de coopérer avec la justice et fut assassinée par la Mafia en 2009 , et  dont le combat fut poursuivi par sa fille. Une superbe évocation à ne pas manquer …

l'Affiche du Film.
l’Affiche du Film.

La destinée de cette femmme et mère de famille qui fut brutalement assassinée en Novembre 2009 à l’âge de 35 avait suscité une immense émotion et souleva une élan de solidarité populaire dans le combat qui fut poursuvi par sa fille et que restitue magnifiquement la dernière partie du film par le procès des criminels qui pourra enfin avoir lieu et permettre le verdict ( condamantion à la perpétuité ) . Au delà  de l’hommage au cmbat de  Léa  et sa  fille  , le cinéaste  a voulu rendre la dimension emblémantique d’une émancipation et d’une insoumission qui permet de défier à la fois les « lois » claniques et faire bouger le système , comme il le souligne dans ses déclarations d’intention en forme de constat : «  dans les milieux de la criminalité organisée , la femme  appartient au patron du clan . C’est elle qui élève les enfants et transmet les valeurs sur lesquelles repose la mentalité Mafieuse . Quand les femmes se soumettent à ce rôle la Mafia est à l’abri . Mais quand une femme commence à réfléchir à l’avenir de ses enfants , et refuse qu’ils deveinnent les petits soldats du Boss ou qu’elle éssaie de s’émanciper , la crise du systéme est irréversible », explique le cinéaste . Ce dernier n’en est d’ailleurs pas à sa première approche du sujet dont il avait déjà brossé dans son film Les Cents Pas ( 2000 ) le portrait d’ un jeune adolescent cherchant à se libérer de l’emprise du milieu Mafieux Sicilien ….

Léa ( Vanessa Scalera ) à l'éducationde sa petite fille , Denise
Léa ( Vanessa Scalera ) à l’éducationde sa petite fille , Denise

Construit dans sa chronologie , le film nous entraîne donc dans les pas de la jeune Léa Garofalo ( Vanessa Scalera , remarquable ) qui a grandi dans une famille criminelle Calabraise et dont le frère qui a prêté serment  (  l’une des premières scène du film ) de fidélité à l’organisation ( la ‘Ndrangheta ) Mafieuse , y est lié à tout jamais à ses codes d’honneur l’obligeant à supprimer tous ceux qui pourraient y porter atteinte même s’il s’agit de personnes de  sa propre famille . Léa courtisée par un des amis de son frère qui ne lui est pas indifférent, va avoir une enfant – Denise – avec lui , mais refusera cependant de céder à la préssion familiale qui voudrait voir l’union officialisée par un mariage religieux. Premier signe d’indépendace de Lea qui fait savoir à plusieurs reprises son rejet des trafics engendrant violence et mensonges dont elle veut protéger sa fille . Cédant à la suggestiond de son mari de se rendre à Milan où vit une partie de sa famille , elle se rendra vite compte que les trafics de l’organisation  s’y  perpétuent . Elle  réitère son refus et malgré la menace  des avertissements   ( «  on ne rompt pas le lien » ) ,  elle va franchir le pas …du commissariat de police . En échange de la protection demandée , elle va devoir donner «  des informations » . Elle accepte . Dès lors , la coupure faite elle s’expose aux représailles du clan qu’elle a trahi qui va mettre en marche son « réseau » d’informateurs pour la retrouver . Le cycle infernal des planques et des changements de lieux , de villes et de régions pour y échapper , malgré les filtres de la protection Policière ….leurs failles n’échappant pas au réseau Mafieux.

Lea ( Vanessa Scalera ) au commissariat de Police
Lea ( Vanessa Scalera )  se présente au commissariat de Police….

Les nombersues séquences qui décrivent le mécanisme infernal de ce jeu de cahe-cahe qui finit par dévoîler la force du  défi de la puissance Mafieuse aux institutions , le cinéaste Marco Tullio Giordanna le décrit magnifiquement , laissant transparaître au delà l’impuissance et la faiblesse du systéme ( policier et judiciare ) face à l’ampleur d’un phénomène de criminalité qui a su revêtir plusieurs habits qui le rendent d’autant plus éfficace et difficilement pénétrable . C’est un des apsects passionnants du film . Ainsi celui de l’organisation ,  la ‘Ndranghetta , qui est au cœur du récit tient sa force de sa particularité construite sur le système des «  alliances et fusiosn à travers des mariages » , ainsi la famille   ( frères , fils , cousins,  neveux …) est toute entière soumise aux « liens du sang » . Le cinéaste pointe les différences sur lesquelles sont construites les différentes organisations criminelles  Mafieuses , modèle familial  comme ici , ou ceux  Siciliens de la « Camorra » ou de la «  cosa notsra »  . Ou encore d’autres ayant développé un fonctionnement de type entreprenarial avec associés. Extorsions , trafics multiples , assassinats , affaires et blanchîment d’argent avec  ramifications internationales . C’est cette « résonnance forte dans l’actualité » a laquelle le cinéaste s’est attaché à analyser  ,  par le biais  de la lutte de Léa  puis de sa fille Denise  ( Linda Caridi, excéllente elle aussi ) dont le courage   a  suscité un immense élan de solidarité, et  entraîné la naissance d’associations de bénévoles luttant contre la criminalité …

Les criminels derrièe les barreaux . Au centre le père ( Alessio Pratico )lepère de Denise...
Les criminels derrière les barreaux . Au centre le père ( Alessio Pratico ) de Denise…

Comme c’est le cas ici de l’association Libera (  son fondateur Don Luigi Ciotti ) qui en regroupe un bon nombre , et qui a eu un rôle déterminant dans le soutien apporté d’abord à Léa ensuite et à sa fille Denise qui – après l’émotion soulevée par l’assassinat de sa mère- a trouvé le soutien indispensable et notamment celui d’avocats spécialisés pour la défendre . En même temps que le travail associatif a contraint , compte tenu  du ressenti de l’émotion populaire ,  l’état Italien à mettre en place un «  système de protection Policière plus conséquent » , assurant assistance psychologique et anonymat des personnes  décidées  à dénoncer les  criminels Mafieux . Comme ce fut le cas pour Denise qui pourra ainsi mener à terme le procès permettant d’apporter les preuves  et  cette fois-ci  initier la traque des coupables ,  ainsi que la résolution de la « disparition » de sa mère dont les conditions seront , enfin , éclaircies . Le flm s’inscrit dans la continuité du travail de ces associations , Marco Tullio Giordana le revendique, en souhaitant que le travail de vulgarisation de ce combat courageux des femmes ( et autres témoins )   se poursuive et puisse permettre                    d’ éradiquer le crime .  Sa volonté  s’en trouvant renforcée , lorqu’il a appris par des proches de Denise que « quand elle était petite fille , sa mère lui avait montré mon film Les Cents pas  » .   le film que ce dernier  avait  consacré à la  lutte contre la Mafia  Sicileinne  et que sa mère avait pris comme exemple  pour mener  son combat «  j’ai compris, alors  pour moi combien il était important de faire ce film » . Et encouragé par la RAI co-productrice du film qui a assuré le cinéaste de respecter sa volonté d’en faire le «  récit absolu de la vérité », lui permettant notamment de courrir  le  risque  de  citer les vrais noms.

Linda Caridi , Maco Tullo Girodane et Vanessa Scalera lor se la présentation du film à Rome
Linda Caridi , Maco Tullo Girodana et Vanessa Scalera, lors de  la présentation du film à Rome

Un travail minutieux qui s’appuie sur une mise en scène remarquable de rythme et d’éfficacité , il est en ce sens un exemple de clarté et de précision qui permet au public d’être le témoin de tous les détails du long combat mené pendant des années par les deux femmes . Et qui se conclut par un final ( le procès , les obsèques publiques de la mère à Milan), bouleversant .                                                                                Mener à bien ce projet était donc devenu plus qu’une nécéssité pour le cinéaste qui savait que prolonger le combat associatif par l’impact d’un film était important comme l’a montré le succès en italie,de sa diffusion télévisée . D’autant que dit-il «  je sais que Denise a vu le film et en a été touchée , et c’était prévisible . Pour elle il ne s’agit pas de fiction mais de sa propre vie et celle de sa mète. (…) mais je sais qu’elle pense que cette histoire devait être racontée et à travers le cinéma » .   Un  magnifique   homage a  deux femmes qui ont eu le courage de briser  les  chaînes ….

(Etienne Ballérini )

LEA de Marco Tullio Giordana – 2016-

Avec : Vansessa Scalera , Linda Caridi, Alessio Pratico, Mauro Conte ….

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