Théâtre / 3ème saison « brookienne »

C’est début septembre que sortira le « livret » de la saison 2016-2017 de Théâtre National de Nice, que chaque amoureux du théâtre collectionne avec ferveur. Mais comme nous avons été bien sages, nous bénéficions d’un « préprogramme ». Rassurons-nous, nous avons toute la liste, ce qui me permet de vous présenter le catalogue, et nous sommes loin de le redouter

Un programme gouleyant, riche en saveurs, fort en épices. Allons donc butiner un peu. A tout seigneur tout  honneur : Shakespeare et la troisième édition du « Shake Nice ! » du 18 au 28 janvier. Demandez le programme !
D’abord, l’une des pièces les plus profondes de Shakespeare, Le conte d’hiver, à la fois tragédie et comédie. La mise en scène est de Declan Donnellan, un des grands metteurs en scène du théâtre anglais, si ce n’est du théâtre tout court. (18-19 janvier)

Richard II
Richard II

Une pièce peu souvent donnée –cela permettra d’affiner nos connaissances- Timon d’Athènes. La pièce possède une construction particulière avec plusieurs ellipses. C’est Cyril Cotinaud qui met en scène. Grand spécialiste de la tragédie grecque dont j’avais plus qu’apprécié son Electre – Oreste – Agamemnon, « trilogie » donnée au TNN en mars 2015 (19-21 janvier).
Un grand moment à ne pas rater : les Ballets de Monte Carlo dans  une sublime version dansée du Songe d’une nuit d’été. (21-22 janvier)
Ce qui à mon avis va être un grand moment : Here lies Shakespeare. Un plongeon irrésistible dans l’univers débridé du marionnettiste américain Patrick Sims. Un théâtre d’objet qui mélange science-fiction et alchimie et nous emmène dans un univers surréaliste et réjouissant.(21-22 janvier)
On connait le n° 3 mais moins le n° 2 : Richard II. Cette tragédie épique explore la psychologie d’un roi qui abandonne le pouvoir et se réfugie dans un monde poétique et délirant. C’est avec cette pièce que s’est ouvert le premier festival d’Avignon, en 1947. J’étais un peu jeune à l’époque, je n’ai vu que celle de 2010 avec Denis  Podalydès  dans le rôle-titre. Ici la mise en scène est de  Guillaume Séverac-Schmitz.(27-28 janvier)

La grenouille avait raison
La grenouille avait raison

Un retour dont je suis particulièrement satisfait, c’est James Thierrey  avec La grenouille avait raison. Ce génial touche à tout, petit fils de Charlie Chaplin, est un comédien, danseur, metteur en scène, acrobate et musicien, et ses spectacles mêlent avec bonheur les arts qu’il pratique. Nous avons pu voir en plusieurs saisons son intégrale : La symphonie du hanneton, La veillée des abysses, Adieu parapluie, Raoul, Tabac Rouge (du 7 au 11 juin)

Dans la série retour, Dan Jemmet, que nous connaissons bien, à Nice. Cet iconoclaste va butiner du coté de la Grèce antique avec clytemnestr@pocalypse, de David Turkel, d’après Euripide ét Eschyle. Une réinterprétation décoiffante de l’amour maudit de Clytemnestre et Agamemnon. Le rire au cœur du pire ! Monsieur Jemmet, vous revenez quand vous voulez !
Je suis également très heureux de la venue de la compagnie Miranda, l’une des plus talentueuses compagnies niçoises (je persiste et signe) avec Don Juan… et les clowns. Voici la rencontre entre l’univers baroque de la compagnie Miranda et d’un grand maître de l’art du clown, Mario Gonzalez, qui signe la mise en scène. Un Dom Juan version burlesque ! Le  clown, perdu dans le monde comme dans un cabaret burlesque  est peut-être le meilleur représentant « théâtral » de cette mécanique humaine, ridiculement caricaturale et tragique. (5 au 7 janvier)
Restons chez les niçois avec la compagnie B.A.L, dirigée par Thierry Vincent, qui met en scène Bulle, une odysséeL’émouvante quête initiatique d’un enfant qui cherche à retrouver son poisson rouge. Une poésie pour petits et grands sur la disparition de l’eau et sur notre rapport à la nature. (8 au 10 décembre)
Il est partie intégrante du TNN, s’en est une star omnisciente, il y enseigne, c’est Renato Giuliani. Là il se confond avec le grand poète du Moyen-âge, pour une traversée de l’enfer vers le paradis ! C’est son spectacle Dante (du 10 au 13 mai).
Une autre pierre angulaire du TNN : Hovnatan   Avekedian. J’avais beaucoup  apprécié sa mise en scène du Cercle de l’ombre : Elle est construite autour du principe de la rencontre de trois arts, l’art du texte, l’art de la musique, l’art de la danse. Je dirais même que ce spectacle superpose trois trames : Celle du narratif avec la parole, celle du symbole avec la danse, celle de la métaphore avec la musique. Il met en scène Esperanza, de Aziz Chouaki. (2 au 12 mars).

Terre noire de Stefano Massini traduction de l’italien Pietro Pizzuti mise en scène Irina Brook avec Romane Bohringer, Hippolyte Girardot ©Jean-Claude Fraicher (sdp)
Terre noire de Stefano Massini avec Romane Bohringer, Hippolyte Girardot ©Jean-Claude Fraicher

Puisque nous en sommes au TNN, Irina Brook reprend Terre noire, de Stéfano Massimi. J’écrivais sur ce spectacle, la saison dernière : L’écriture de la pièce est vraiment non conventionnelle, et c’est ce qui – entre autre-  en fait son intérêt : on ne passe pas linéairement d’une scène à une autre mais, dirais-je, d’une atmosphère à une autres : beaucoup décrivent des situations au sens cinématographique du terme, d’autres sont des monologues nous « embarquant »  dans des instances poétiques.(12 au 24 janvier)
Retrouvons Stefano Massini  avec Je crois  en un seul Dieu, mis en scène par Arnaud Meunier.

Une professeur israélienne, une étudiante palestinienne et une militaire américaine… Le récit haletant d’un acte terroriste, trois destins, une interprète. (26 – 29 avril)
J’aime tous les succès de Duke Ellington… chante Michel Jonaz… et nous aussi.  On va donc s’en mettre plein les esgourdes avec le  Concert Duke Ellington  par le Conservatoire de Nice [ CNRR] le 7 décembre. Un peu parti, un peu naze, j’arrive dans la salle de jazz..
Puisque nous en sommes à la musique, passons  à la danse  avec un chorégraphe que nous apprécions,  Hervé Koubi et Les nuits barbares. Ce talentueux chorégraphe et ses 12 danseurs nord-africains présentent un hommage aux Celtes, Grecs, Vandales, ces barbares qui ont fait le métissage de notre Méditerranée. (26-27 mai)

Irina Brook
Irina Brook

Nous revient aussi cette magnifique comédienne, Romane Bohringer. D’abord dans Terre noire, mais aussi dans Lampedusa Beach. Une embarcation transportant des réfugiés coule dans le détroit en face de Lampedusa. Alors que la plupart d’entre eux se noient et que le silence se fait, une jeune femme, Shauba, parvient à s’accrocher à ses lunettes de soleil comme à une bouée de sauvetage, le temps de raconter, dans un long monologue à la poésie abrupte, son odyssée : le temps de l’espoir, celui de la préparation, de la traversée et de la mort.(14 janvier)
Et c’est pas fini ! La revoilà (mais pourrait-on s’en passer) avec Les événements, de David Greig, mise en scène de Ramin  Gray. La pièce raconte une attaque terroriste qui survient dans la vie d’une pasteure. Une chorale locale transcende les événements pour nous porter vers le haut. (10 et 11 mai)
Sur un thème tout aussi fort, qui ne peut laisser personne indifférent : par l’auteur de Lampedusa Beach, Lina Prosa, Eclats d’ombres, mis en scène de Chiarra Villa. Dénonciatrice, éblouissante d’humanité, une pièce forte autour de la figure emblématique de Pinar Selek, exilée turque engagée dans une lutte héroïque pour la paix et les droits de l’homme. Un sujet qui ne peut laisser personne indifférent (17 mars)
Et la revenue  de Peter Brook : Battlefield, de Jean-Claude Carrière, mise en scène de Peter Brook et Marie Hélène Estienne.  Les conflits et les guerres d’aujourd’hui illuminés par les textes universels du Mahabharata. »Le résultat est un morceau éblouissant de théâtre qui nous fait contempler le cycle sans fin de destruction humaine » (The Gardian) 28 février-2 mars.

Voilà une petite sélection sur la quarantaine de rendez-vous de cette saison à venir.

A voir l’intégrale de cette programmation (à découvrir ici), tout l’ensemble me semble à voir, à déguster, et ce n’est pas une formule de style.

Jacques Barbarin

 

 

 

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