Cinéma / Journal de Cannes 2016 ( No.12 )- Clap de Fin , Palmarès et Bilan .

Le verdict est  tombé  pour  la   69  éme édition Cannoise  : Ken Loach remporte  sa  seconde palme d’or  pour  son  remarquable  Moi David  Blake   . Et  Le  Canadien Xavier Dolan    après  Mommy se retrouve de nouveau au Palmarès   ( Grand   Prix du Jury )  avec   Juste  la  fin du monde  adapté de  la pièce de  Jean-  Luc Lagarce. L’iranien Asghar Farhadi   pour  Le  Client  (  prix du scénario  et Prix d’interpretation   masculine )  est  également  à l’honneur . Surprise  pour   le prix de la mise  en scène  partagé entre  le  Roumain Cristian Mungiù  ( Bacalaureat)  et le  Français Olivier Assayas   ( Personnal Shopper )   qui obtient la seule distinction pour le cinéma  Français .   Andréa Arnold    Prix  du Jury  avec Américan Honey  et  Prix d’interprétation Félinine pour la   comédienne   Joclyn José    dans Ma’ Rosa  de son Compatriote   Brillante Mendonça .

( Voir le Photocall du Palmarès  en bas de page , signé Philippe Prost )

l'équipe du Fill Moi Danile Blake de Ken Loach - Pame d'or - ( Photo Philippe Prost
l’équipe du Film I Daniel  Blake de Ken Loach – Palme d’or – ( Photo Philippe Prost)-

Impréssions sur   un  Plamarès :

Avec une sélection de très haute  qualité  où ,  au moins  Dix films sure les  21  en Compeétition  pouvaient prétendre  de se  retrouver  a un niveau ou à  un autre  du palmarès  , il était évident que  le jury  présidé par  George  Miller , comme   ce fut  le  ressenti  dans  le public  et  les   journalistes , allait  avoir des discussions très serrées  ,  compte tenu des  sensibilités ,  pour  arriver  à   concocter  un   verdict  final qui   puisse   réunir l’unanimité de  chacun . George Miller  juste avant de  rejoindre la salle du Palais  des  Festivals  avait laisse  entendre  que  les   débats avaient étés « passionnés  et sauvages »  . Ce fut à l’évidence   le cas  au  vu de  ce   palmarès   qui réunit  le  meilleur et  le moins bon,  laissant quelques   « préférés »   du  public ou de la presse   bredouilles .
A l’image   du  film Allemand Toni  Ardmann de  Maren Ade   qui  faisait figure de favori de la presse  ayant recueilli   le plus grand nombre de   bonnes  notes ( palmes )  des critiques spécialisés .   Mais il  est  vrai que sa facture  de mise en scène plus  conventionnelle  a  pu le dseservir .  Parmi  d’autres films  très  bien accueillis  sur la croisette  qui n’ont pas  atteint    les  récompenses , on notera l’excellent  Loving   de  Jeff Nichols   servi par  un excellent travail de   mise  en  scène , racontant le  long   combat pour les droits civiques  de  ce  couple Mixte dans les années  Soixante aux Etats-Unis .  Absent également   le Paterson de  Jim Jarmusch magnifiant  la  poésie  du  quotidien  ,   Ou encore   La  Fille  Inconnue  des  Frères Dardenne,  dont la qualité du travail s’est   hissée   sans contexte au niveau de  leurs films palmés par  le passé . Tout  comme le  Sieranevada  du Roumain Cristi Puiù  dont la qualité du travail  d’écriture et de mise  en scène  , n’a  rien   à envier  à celui de  son  compatriote  Cristian Mungiù . Si l’on reste  à  cette distinction  concernant  le  choix du  prix de la mise  en scène   partagé   entre  Cristian Mungiù  pour  Bacalauréat    et  Olivier  Asayas   pour   son Personnal Shopper , on avoue   quelque peu notre surprise de  les  voir réunis  tant  la   différence de   niveau  nous a semblé  frappante  sans pour autant  vouloir accabler    notre  seul   cinéaste récompensé   dont   on  sait la qualité  de  son cinéma  , mais ,  si  son travail reste  d’une indéniable qualité plastique  , celui-ci  a  du mal  a   entraîner l’adhésion totale sur  ses choix  et le  ressenti  en     tant que  spectateur . De ce point de  vue  les qualités de   mise  en scène de  Ma Loute de  Bruno Dumont  ou celles d’Alain Guiraudie   pour  Rester  Vertical  , nous ont semblé   plus  fortes  et  éfficaces  . Question de ressenti ou de perception sans  doute …

Xaveir Dolan au centre sur le tournage de Juste la fin du monde ( Grand prix du Jury , Cannes 2016
Xavier Dolan ( au centre) sur le tournage de Juste la fin du monde ( Grand prix du Jury , Cannes 2016).

Dès lors , les choix  sur lesquels  ont pesé  les ressentis personnels  et  aussi peut-être les  volontés  de mettre en avant certaines  thématiques  ou dynamiques de récit  originales  à l’image  du Prix du Jury   attribué  à Andrea  Arnold    pour  son American  Honey   sur  la   vitalité de   ce groupe de jeunes    faisant du porte – à -porte    pour vendre des magazines  qui leur permettent  de gagner leur vie, en  faisant à la fois l’apprentissage de  la  vie  communautaires et ses  règles  et celui de  la  confrontation avec  la  violence du monde extérieur  . Malgré quelque longueurs  que nous avons  soulignées , le  film  est passionnant .  De  la même manière que  couronner  Le  Client de   l’Iranien Asghar Farhadi   pour   son travail  d’écriture (  Prix du Scénario ) et de  la direction d’acteur    ( Prix d’interprétation Masculine  pour  son comédien fétiche , Shahab Hosseini ) est   la reconnaissance d’un  travail de très  haute  qualité et  intensité dramatique  sur  la  désintégration d’un couple  confronté à  un incident qui va changer  leurs   vies .  C’est sans doute en suivant le même raisonnement  que  le  Jury   en  récompensant le  comédienne  Philippine   Joclyn José  ,  interprète de  Ma’ Rosa  le film  de  son compatriote  Brillante  Mendonça  , constat accablant sur la  corruption Policière et sur  la pauvreté   des  quartiers de  Manille   où  misère , violence et trafics  sont le lot quotidien .  Et   pour ce qui concerne  Le  Jeune  Canadien Xavier  Dolan désormais  habitué de la Croisette et du Palmarès , Le  Grand Prix  du jury récompense  à la   fois sa  capacité  de  film en film à se renouveler  en  même temps  qu’ il  consacre son choix  judicieux de  mise en scène   où les  gros plans   offrent  à ce jeu de rôles  familial  de  disputes   , l’intensité dramatique    voulue pour   transcrire  la force du texte de   Jean Luc  Lagarce dont   il  adapte la  pièce  Juste la fin du Monde .

Une scène du Film le clien d'Asghar Farhadi ( Prix du scénario et prix d'interprétation Maculine - Cannes 2016 -
Une scène du Film le Client d’Asghar Farhadi       ( Prix du scénario et prix d’interprétation Maculine  pour  Shahab Hosseini )  – Cannes 2016-

Enfin si  vous avez  suivi nos  chroniques quotidiennes ,  il ne vous aura pas  échappé  que   nous avions un petit faible pour  Moi  David  Blake  de  Ken Loach    dont le  parcours  Kafkaïen de  son héros  confronté aux  humiliations de l’administration, est  bouleversant .   Le cinéaste  qui n’a cessé depuis   plus  de cinquante ans de  construire  un  cinéma  qui donne la  parole  aux  démunis et aux  faibles ,  a  réussi  un fois de plus à  nous bouleverser par  le justesse et l’humanité de son regard . Et cette  seconde Palme dor  après  celle  obtenue   avec Le  Vent se lève  (  2006 )   est amplement méritée  et a  été saluée par  l’ovation du Public  du Palais des  Festivals .  Ce  dernier  heureux,   de  la « gentillesse  » du Jury à son égard  , n’a pas manqué  de   dire  à Thierry Fremaux que   » Cannes est  important pour le futur  du cinéma   et qu’il doit rester  fort » . Puis  il   a  fait  un discours  très  engagé «  les personnages qui ont  inspiré mon  film  sont les démunis de  la  cinquième puissance du Monde  . Le  cinéma représente le vrai monde   dans lequel nous vivons   et celui-ci se retrouve dans une situation dangereuse   à cause des  projets d’austérité de la politique  néo-Libérale  qui risquent de nous conduire  à la catastrophe . Ces pratiques ont  entraîné  dans la  misère   des millions de personnes en Europe   et  une petite minorité   s’enrichit sur leur dos de manière honteuse !.  . Le cinéma est porteur de  traditions , j’espère que celle  d’un cinéma de protestation  qui met en avant le peuple  contre les puissants, pourra se maintenir  . Nous approchons d’une période  de désespoir  et c’est l’extrême-droite qui  en  profite , et certains d’entre nous  savent ce qu’elle peut faire , il  nous fait  donc   rapporter  l’espoir  et  dire qu’un autre monde est possible  et nécessaire »  ,  a-t-il déclaré  en  recevant  sa Palme .  A 79  ans le cinéaste n’ a  pas perdu sa  combattivité , toujours débout !.

Au cours de cette  cérémonie du  Palmarès a  été remise la Palme d’Honneur  à   Jean- Pierre Léaud   par  Arnaud   Despléchin qui  a    dit  combien le  comédien  que l’on a vu débuter  à 14 ans  dans Les  400  Coups de  François  Truffaut  , a  su «  capter notre attention     et ne plus  nous  quitter , son regard  caméra  a changé  nos vies »  a -t-il dit  .  Standing ovation pour  un Jean- Pierre Léaud ému    en la recevant   «  je suis né au Festival de  Cannes  et  je veux que l’on sache  que je ressent aujourd’hui   la même joie profonde   qu’il y a  58 ans avec Les quatre cent  coups « .   Le comédien présentait à Cannes également  son dernier  film   La Mort de Louis XIV   d’Albert  Serra  dont il est  l’interprète. Une carrière qui  l’a vu   jouer  chez les plus grands cinéastes : Truffaut , Godard ,  Rivette , Jean Eustache , Agnès Varda ,  Glauder  Rocha ,  Pier  Paolo Pasolini ,  Betrand Bonnello  , Aki Kaurismâki,   Bernardo  Bertolucci …  entrant  dans la légende  du cinéma .

Jean -Pierre Leaud , Palme d'honneur du Festival de Cannes ( Phoyo Philippe Prost )
Jean -Pierre Leaud , Palme d’honneur du Festival de Cannes   ( Phoyo Philippe Prost )

Bref Bilan :

Une   69  ème édition  qui de l’avis général  aura  été de très  grande qualité  avec des oeuvres    riches  en   thématique sociétales (   travail ,   violence ,  misère ,   conflits ,   morale  ..)  et des  relations   familiales se  retrouvant souvent au coeur  sujets    et des interrogations  sur  l’avenir de  nos  sociétés   confrontées  à la pertes de  repères . Le  cinéma  toujours témoin du monde  et   de  ce qui ne va pas , dont la Palme d’or de  Ken Loach se fait  le reflet  d’une humiliation  et d’un désespoir  ressenti . L’art   et le cinéma  qui en est le Septième  ne  peut que s’en faire l’écho .  Et cette  approche est nécessaire  . la qualité de  celle-ci  qui nous avait interpellé  lors de la dernière édition  où  il  y avait  une certaine chute de qualité ,   qui   pouvait devenir  inquiétante   du  point de vue  de  la  créativité de  l’originalité  et  de  la  nécessaire   volonté  novatrice  , semblant  se   satisfaire d’une  certaine  « normalité »    ou facilité,   dont  la  pauvreté  de  certains scénarios se   faisant l’écho  et   se  répercutant sur le  force  du sujet et de la mise en scène .  Une baisse  d’ambition  qui   pouvait se révéler   dangereuse   lorsqu’on voit  en parallèle les  qualités des  écritures    des récits et des  images de certaines  productions  Télévisées et  notamment des  séries ,  qui   séduisent de  plus en plus  les  publics .   La nécessité de trouver des réponses  à cette  concurrence   qui permette d’offrir des perspectives  nouvelles  dans un  monde médiatique  où les    supports  multiples   obligent à reconsidérer  la  donne   d’une  qualité  -investissements  obligent –  qui  puisse  répondre aux attentes  du public .  En ce sens les qualités  affichées par  les films de   la sélection officielle  (  compétition  et Un certain Regard )  où les qualités des  scénarios  était  au rendez-vous    relevant  celles de  la  mise  en scène ,  sont donc  plutôt de   bon augure  . Confirmation attendue pour l’édition  2017 …

(Etienne  Ballérini )

le  Palmarès  du  69  éme Festival de  Cannes :

Palme d’or : I Daniel Blake  de  Ken Loach.

Grand Prix : Juste la fin du Monde  de  Xavier  Dolan

Prix de la mise  en séne ( ex-aequo ):    Cristian Mungiu  pour Bacalaureat  /  Olivier  Assayas  pour Personnal  Shopper.

Prix du Scénario :  Asghar Farhadi  pour Le  Client .

Prix du Jury: Américan Honey   d’Andrea  Arnold

Prix d’interprétation Féminine : Jaclyn José  pour Ma’ Rosa  de  Brillante Mendonça .

Prix d’interprétation masculine :  Shahab Hosseini   pour  Le  Client d ‘Asghar Farhadi .

Courts métrages ;  Palme d’or  : Timecode  de  Juanjo Gimenez .

Mention Spéciale : La  jeune fille qui dansait avec le diable de  Joao Paolo Miranda Maria.*

Caméra  d’Or :  Divine de  Houda  Benyamina  (  Quinzaine des Réalisateurs )


Photocall du Palmarès  officiel , signé Philippe Prost:

Palmarès Cristain Mungiu , Prix du Scénario pour Bacalaureat
Palmarès, Cristain Mungiu , Prix de la Mise en scène  pour Bacalaureat
Palmarès Ken Loach , Palme d'or pour I David Blake
Palmarès Ken Loach , Palme d’or pour I Daniel  Blake.
Palmarès Shahah Hosseini, Prix d'interprétation Masculine pour Le Client d'Asghar Farhadi
Palmarès Shahah Hosseini, Prix d’interprétation Masculine pour Le Client d’Asghar Farhadi.
Palmarès Xavier Dolan Grand Prix du Jury pour Just la Fin du Monde
Palmarès Xavier Dolan Grand Prix du Jury pour Juste la Fin du Monde.
Palmarès Andrea Arnold Prix du Jury pour American Honey
Palmarès Andrea Arnold Prix du Jury pour American Honey.
Palmarès , Houda Benyamina , Caméra d'Or pour Divines
Palmarès , Houda Benyamina , Caméra d’Or pour Divines
Palmarès Olivier Assayas , Prix de la mise en scène ex-aequo pour Personnan Sjopper
Palmarès Olivier Assayas , Prix de la mise en scène ex-aequo pour Personnal Shopper

 

Oalmarès Jocly José . Prix d'interprétation Féminie pour Ma' Rosa de Brillante Mendonça
Palmarès : Joclyn José  – Prix d’interprétation féminie pour Ma’Rosa De Brillante Mendonça

 

 

Palmarès Asghar Farhadi , Prix du Scénario pour Le Client
Palmarès : Asghar Farhadi , Prix du Scénario pour Le Client.
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