cinéma / Journal de Cannes 2016 ( No.6 )

Encore un journée de haut niveau  hier au Festival de Cannes avec en compétition le nouveau film de Jim Jarmusch Paterson histoire d’un chauffeur de bus poète , une ode à la poésie magnifié par une mise en scène de toute beauté . Tandis que Jeff Nichols  dans  Loving rend un vibrant hommage à la lutte d’un couple mixte dans l’Amérique ségrégationnistes de la fin des années 1950 pour faire  reconnaître ses droits . A la Section Un Certain Regard , Apprentice de Boo Junfeng évoque l’apprentissage dans un quartier de haute sécurité d’une jeune recrue destinée à accompagner le dernier jour des condamnés à mort . Et David Mackenzie  avec Comancheria s’attaque au film de braquage  de banque dont il modernise la thématique par une solide mise en scène …

(Voir en Bas de  Page, le  Photocall du jour  )

Une scène de Loving de Jeff Nichols
Une scène de Loving de Jeff Nichols

LOVING de Jeff Nichols ( Compétition )
Le réalisateur  de Mud et du récent Midnight spécial présenté au dernier Festival de Berlin se présente aussi à l’édition Cannoise avec son nouveau film situé dans l’Amérique des Années 1950 dans l’état de Virginie . Ses deux héros , Milderd et Richard sont amoureux et veulent se marier . Mais lui est blanc et elle noire et dans l’Amérique ségrégationniste de ces années là le mariage mixte est interdit dans de nombreux états . Ils décident donc de faire sacrer leur union à Washington , mais lorsqu’ils reviennent dans leur maison ils sont arrêtés et condamnés à la prison . l’avocat chargé de les défendre est contraint de trouver un compromis car il sait qu’à peine sortis si on les retrouve ensemble il seraient à nouveau jetés en prison et contraints à une peine bien plus lourde . Le «  deal » serait de plaider coupable pour être libérés mais avec obligation de quitter l’état et de ne pas y revenir pendant une période de 25 ans . Ce que fera la couple qui trouver refuge dans un autre état après des parents éloignes de la famille  de  Mildred . Le film est adapté d’une histoire vraie dont le combat que mènera le couple pendant huit années dans la mouvance des droits civiques et de la marche sur Washington qui fera date , et changera la donne politique . Une lettre envoyée à Bobby Kennedy par Mildred et les associations alertées l’affaire sera médiatisée et des avocats se chargeront de la porter devant la cour suprême qui en 1967 qui déclarera                      «  inconstitutionnelle » toute restriction au droit du mariage invoquant la race des conjoints , ce qu’avait fait le tribunal de Virginie . Un conquête et une victoire magnifique dont Jeff Nichols qui suit les multiples tracasseries au quotidien de ses héros fait une description détaillée et documentée à laquelle la réalité des fait vécus apporte , avec le recul une belle réflexion qui ne manque pas d’interpeller aussi l’Amérique d’aujourd’hui . A la mouvance d’une époque ( superbement restituée ) habilement son récit  fait écho à l’Amérique d’aujourd’hui où la violence raciste persiste et les luttes pour les droits fondamentaux toujours nécessaires .
Jeff Nichols mène un récit qui ne bascule jamais  sur l’apitoiement ,  et il décrit les humiliations , les intimidation et les violences subies par le couple par la détermination avec laquelle il fait face à l’adversité .Si Richard parfois est réticent lorsque l’écho  de la médiatisation se  répercute sur son travail et les regards  ou  menaces de  morts qu’il reçoit . Par  contre Rachel  elle va  s’y consacrer  et  vouloir le mener    et  le cinéaste en fait  un  beau portrait. Les deux comédiens Richard Edgerton et Ruth Negga ( l’actrice éthiopienne , splendide ) qui les incarne avec une subtilité remarquable sont des candidats idéaux au prix d’interprétation . Et la subtilité de la mise en scène toute en suggestions et en délicatesse , offre au film une dimension humaine bouleversante .

Une scène de Paterson de Jim Jarmusch
Une scène de Paterson de Jim Jarmusch

PATERSON de Jim Jarmuschion)
Habitué du festival depuis Strangers Than Paradise ( 1984 – Caméra d’or ) et Grand prix du Jury pour Broken Flowers (2005 ) le cinéaste habitué de la croisette n’a cé=essé de construire de film en film un œuvre originale dont il a perfectionné au fil du temps les subtilités et le penchant pour les envolées poétiques parfumées parfois d’une belle dose d’humour . On les retrouve ici en plein cœur de son film dont le héros est un ( Adam Driver ) est un chauffeur de trentenaire qui chaque jour écrit des poèmes sur son carnet . Paterson c’est son nom et c’est aussi celui de la ville du New Jersey qu’il habite où ont vécu bien des célébrités ( des Artistes comme Abbot et Costello, des sportifs, des musiciens des écrivains …) et des poétes comme Allan Ginsberg et celui qu’il admire William Carlos Williams ont il voudrait bien atteindre les qualités,   et que sa femme Laura pousse à les publier . Le couple qui s’est inscrit dans une vie réglée au millimètre avec ses rituels immuables dont font parties les sorties quotidiennes du chien Marwin véritable troisième personne du couple et impayable avec ses grognements , mimiques et facéties ( la scène de la boîte à lettres) à qui on peut d’ores et déja attribuer à l’unanimité , la Palme Dog d’ Or !. Le couple qui égrène cette vie  faite de rituels qu’il habille de facéties à l’image de la réfection picturale en noir et blanc de l’intérieur   de la maison par Laura qui par ailleurs multiple les projets dont celui de devenir chanteuse -compositrice , Tandis que Paterson au delà des son travail et de ses poèmes fréquente aussi le bar nocturne et fait des rencontres , comme celle du touriste -poète Japonais dans la scène finale . «  Paterson rend hommage à la  poésie des détails , des variations , des échanges quotidiens , il se veut une antidote a la noirceur et à la lourdeur des films dramatiques et du cinéma » , dit le cinéaste . Et il nous invite à nous glisser dans le rythme sensible et poétique de son regard , et des détails des  dialogues et de situations dont il sublime comme les poètes la beauté toute simple , saupoudré par moment d’une petit air de dérision . C’est un des plus beaux films du cinéaste …

Une scène d'Apprentice de Boo Junfeng
Une scène d’Apprentice de Boo Junfeng

APPRENTICE de Boo Junfeng ( Un Certain Regard )
La réalisateur Singapourien découvert à la semaine de la Critique en 2010 avec Sandcastle , était hier l’hôte de la section un Certain Regard avec un drame psychologique dont le cadre se situe dans une prison de haute sécurité où le jeune Aman a fait candidature pour y travailler et sera affecté dans le service du bourreau en chef Rahim qui accompagne les derniers jours des condamnés , le prend sous son aîle pour le former . Le jeune homme se révèle très attentif et Rahim qui a atteint un certain âge envisage d’en faire son successeur . Mais à l’issue de la première exécution Aman qui y participe en ressort avec dégoût et s’absentera de son travail évoquant une raison personnelle  qu’acceptera mal son formateur qui entre temps s’est renseigné sur le dossier d’Adam auquel il demande des comptes sur les véritables motivations qui l’on poussé à faire le choix de ce travail … raisons  qui vont le rattraper . Son ambivalence liée à un passé de délinquant et d’un père criminel , l’ont poussé a vouloir se ranger du côté de la loi montrant que le déterminisme ou l’hérédité , n’est pas une fatalité . Autour de cette thématique et de questionnements le cinéaste inscrit une dynamique de récit qui se décline en deux parties . Celle de la formation et des détails quotidiens qui la régissent concernant la préparation des exécutions ,et  s’attache à démontrer comment l’homme qui en est chargé s’accoutume à l’acte,  et   questionne sur les séquelles du vécu d’une telle expérience par le bourreau , et à travers le personnage de Rahim  pose la question  : quelle part d’humanité reste-t-il chez le bourreau qui le justifie moralement et le fait sans   remords?  . C’est à ce dilemme ( dont on vous ménage les raisons du suspense ) auquel va être confronté Aiman  dans  la  scène finale ….

Une scène de Comancheria de David Mackenzie
Une scène de Comancheria de David Mackenzie

COMMANCHERIA de David Mac Kenzie ( Un Certain a Regard )
Le film s’ouvre sur une scène de braquage d’une Banque dans le Texas dont les protagonistes dont deux frères qui vont les multiplier a plusieurs reprises de manière spectaculaire s’attaquant aux succursales et agences d’une même banque . D’emblée le film inscrit la thématique du film de genre avec à la suite de ces braquage l’enquête de la Police qui va s’ensuivre et à leurs trousses un ranger proche de la retraite ( ( Jeff Briges , remarquable ) et son adjoint décidés à mettre fin aux péripéties des deux braqueurs . Mais rapidement et habilement , la mise en scène en modernise la thématique et élève sa dimension en y insufflant les variations  «  originales autour du genre , les repère smoraux sont brouillés , l’humour est cinglant , et les e banques qui sont attaquées sont les  ennemis les plus pervers » dit le cinéaste . On découvrira alors très vite que les deux frères en question après la mort de leur mère n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale ..;et comptent rembourser la banque avec son propre argent qu’ ils leur auront volé . Après tout cette dernière n’a-t-elle pas profité de spéculer sur l’argent de la mère pour qu’on en arrive là.
Alors le cinéaste qui aime brouiller les genres saisi l’opportunité de ce récit pour le faire mélangeant film de braquage , road-movie poursuite , western et comédie , et décline les thèmes de la famille, de la fratrie , la disparition des valeurs … et la modernité du sujet dont se fait l’écho cette histoire d’une famille dont la maison est saisie par une banque , renvoyant aux nombreux cas de ce type vécus par de nombreuses familles Américaines escroquées par les banques . Dès lors le film devient emblématique d’une révolte,  dont le cinéaste dit «  ce qui m’ a intérressé dans ce projet c’est qu’il met en scène ce que j’appelle la criminalité rédemptrice , autrement dit , il s’attache à des personnages honnêtes qui transgressent la loi pour des raisons légitimes «  dit-il . Et son film est un belle réussite ..

(Etienne Ballérini)

Progamme du Jour Mardi 17 Mai 2016
Julietta de Pedro Almodovar ( Compétition)
Personnal Shopper d’Olivier Assayas ( Compétition )
Aquarius de Kléber mendonça Filho (Compétition )
La forêt de Quinconces de Grégoire Leprince Ringuet ( Hors compétition)
Voir du Pays de Delphine et Muriel Coulin ( Un Ceratin Regard )
Capitaine Fantastic de Matt Ross ( Un Certain Regard )



équipe du Film Lovin de Jeff Nichols
équipe du Film Loving de Jeff Nichols ( Pjoto Philippe Prost)
équope du film Hands of Stone de Jonatha Jakubowicz
équipe du film Hands of Stone de Jonathan Jakubowicz  (  Photo  , philippe Prost)
équipe d u film Paterson de Jim Jarmuscjh
équipe du film Paterson de Jim Jarmusch             ( Photo Philippe Prost )

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s