Cinéma / SEUL SUR MARS de Ridley Scott.

Le cinéaste d’ Alien, le 8 ème Passager ( 1979)  et de Blade Runner ( 1982 ), revient aujourd’hui à ses premières amours pour nous proposer une nouvelle Odyssée  qui explore sous la forme du divertissement populaire, le thème de la survie dans l’espace, dont il décline au cœur de l’action avec le décalage de l’humour, une habile réflexion sur l’Amérique conquérante, devant composer avec la collaboration internationale pour sauver son soldat, seul sur Mars …

l'Affiche du  film.
l’Affiche du film.

C’est une tempête d’une extrême violence qui va frapper comme l’éclair , l’équipage Américain en expédition scientifique sur la planète Mars, dans la précipitation pour rejoindre le vaisseau et s’éloigner du danger , dont  parmi les membres de l ‘équipage qui en étaient sortis pour leurs recherches, Mark Watney ( Matt Damon ) blessé par un objet ramené par la force tourbillonnante , ne pourra rejoindre ses camarades. Ce dernier livré à lui-même et resté sans contact avec la terre va devoir s’organiser en espérant qu’une future mission pourra venir le récupérer . D’ailleurs on le croit mort , mais sa dextérité pour tenter de reprendre contact avec la NASA en utilisant le matériel non endommagé par la tempête , va lui permettre de reprendre contact, et dès lors toutes les possibilités seront envisagées pour tenter de ramener  le prisonner de  Mars , sur terre . Même ses coéquipiers qui sont à mi-chemin entre terre et Mars, vont tenter en parallèle, d’organiser à leur tour une mission de sauvetage. En effet, au delà de l’Amérique l’affaire relayée par les médias a pris une dimension planétaire et des scientifiques internationaux vont se joindre à l’oncle Sam pour ramener Mark sur le sol de notre planète Bleue . Voilà donc le « ton » donné et l’habileté de Ridley Scott est de se servir de tous les ingrédients  su spectacle , pour offrir à l’odyssée du sauvetage du « soldat » Mark , une nouvelle dimension dont l’aide internationale à laquelle il va être fait appel pour y parvenir , ouvre une réflexion sur cette dimension dont jusqu’à ici le cinéma Américain s’est fait porteur , de l’unité nationale et de sa puissance  ( économique , politique , militaire, scientifique) comme éléments pour sauver les enfants de sa patrie .

l'équipage : Askel Hennie , Jessica Chastain , Kate  Mara , Sébastian
l’équipage : Askel Hennie , Jessica Chastain , Kate Mara , Sébastian

Les enjeux étant fixés, Ridley Scott peut distiller son sens de la mise en scène au cœur d’un sujet ( adapté du Best Seller d’Andy Weir ) qui  vient s’ajouter à la veine des nouveaux Space-Opéra ( Gravity d’Alfonso Cuaron ou , Interstellar de Christopher Nolan) à succès , dans laquelle il inscrit son récit pour y apporter sa touche personnelle. A celle du spectacle de l’espace ( belle utilisation ) et ses dangers à laquelle il apporte son savoir-faire qui n’ a rien à leur envier .  Et à  la touche anxiogène de la peur ( qu’il a jadis lui aussi utilisée dans Aliens,  par exemple) il y substitue celle de la dérision et de la comédie ( belle idée )  qu’il utilise , pour faire du héros typique du cinéma Américain (auquel Matt Damon apporte habilement,  sa contribution distanciée ) , une sorte de « débrouillard » qui ne doute de rien et utilise avec méthode et un sens calculé de l’éfficacité , le fruit de sa formation et de ses aptitudes scientifiques , pour mettre en place un programme « écologique » et de rationnement calculé,  afin de survivre sur cette planète inhabitable , en attendant les secours. Les séquences dans lesquelles la « positivité » de Mark fait face au danger sont irrésistibles , offrant un miroir singulier à l’idéalisme Yankee conquérant du héros traditionnel , transformé ici en « écolo» domptant les éléments inhospitaliers de le planète rouge pour y construire son abri , et surtout , y cultiver ( séquence désopilante… ) les légumes ( des pommes de  terre ) en utilisant comme fertilisant ses excréments lyophilisés  !. Et mark , tel Robinson sur son île de l’espace , fait face et s’adapte aux éléments sans jamais baisser les bras,  comme l’illustre cette nouvelle réadaptation qu’il devra faire lorsque suite à un incident ( la destruction de sa serre ) , il va devoir trouver de nouvelles solutions …

Matt damon   dans  sa  serre  "écolo"  sur mars
Matt damon dans sa serre « écolo » sur mars

Faisant miroir à cette attitude positive de Mark, il y a celle des responsables terrestres de la NASA et des dirigeants qui ne cessent de louvoyer avant de finir par être contraints par la pression médiatique et populaire de revoir leur devoir . En effet Mark dont ils sont restés sans nouvelles et dont les aliments de survie sont estimés bien insuffisants pour qu’une mission puisse atteindre Mars,  et arriver à temps pour le sauver … va y être laissé pour mort ! . Et lorsque son ingéniosité citée ci dessus , lui permet de reprendre contact et donc …de revenir à la vie, branle bas de combat pour les responsables dans les bureaux, et  les  divisions internes qui s’installent sur l’opportunité de dévoiler leur bévue au risque d’en être ridicules , ou encore  de s’interroger sur le coût d’une opération de sauvetage qui reste hypothétique. Les jeux d’oppositions internes , des rapports de forces et des hypocrisies qui s’y attachent,  ne manquent pas de saveur et sapent quelque peu l’image de cette Amérique s’appuyant sur  l’obligation du devoir patriotique , qui va les contraindre à faire machine arrière. L’ Opportunité médiatique est à saisir dont ils pourront tirer les bénéfices et ainsi garder cette « aura » dont ils sont investis et que leur cinéma a souvent magnifiée. Pour se refaire un « image » , les rivalités s’estompent alors , et sous l’autorité retrouvée du patron de la NASA ( Jeff Daniels ) tout le mode va être mis à contribution , et toutes les solutions possibles et imaginables ( belles scènes où chacun avec ses plans et maquettes tente de trouver la meilleure solution) rivalisent d’ ingéniosité pour faire en sorte que les données de survie estimées par Mark correspondent au temps nécessaire pour parvenir jusqu’à lui .

Jeff   Daniels   en patron de la NASA
Jeff Daniels en patron de la NASA

Rien ne sera négligé , pas même la collaboration des ingénieurs et savants internationaux ( Chine ), pour faire aboutir l’opération. Autre joli clin -d’oeil du récit dans lequel on pourrait voir dans l’évocation de cette collaboration internationale , destinée à sauver le terrien prisonnier de Mars, une lecture à plusieurs dimensions.

Habilement Ridley Scott intègre au cœur de son récit cette dimension «  géopolitique » comme élément d’une nouvelle donne des rapports de forces dont il est nécessaire de ne pas négliger l’importance . Au delà de la vie de Mark , c’est peut-être de celle de la planète sur laquelle il sera ramené , qu’il est aussi question… mais, cette réflexion que nous avons perçue en filigrane du film et qui sous-tend la dimension du divertissement de l’épopée spatiale , évite de le plonger dans le « pensum » appuyé , et laisse libre -court au plaisir du récit et de la mise en scène qui le décline   dont  Ridley Scott  renoue  avec  la veine  qu’il a  souvent   trouvée  quand   les  studios  Hollywoodiens , lui  ont  laissé la  voie  libre.  Le  plaisir  d’un bon  divertissement, That’s entertainement…

SEUL SUR MARS de Ridley Scott -2015-
Avec , Matt Damon , Jessica Chastain , Jeff Daniel , Donald Glover , Sean Bean , Kate Mara …

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