Cinéma / PHANTOM BOY d’Alain Gagnol et Jean- Loup Felicioli.

Après le très beau Une vie de Chat ( 2010) ) , les auteurs nous proposent leur nouvel opus où l’imaginaire au pouvoir prend la forme d’un fantôme emblématique et poétique , d’une superbe leçon de courage d’un jeune enfant qui se bat contre la maladie . Magnifique voyage onirique, d’un jeune fantôme sauveur des âmes , qui va se transformer, le temps d’une enquête au cœur d’un new-york de film noir, en une sorte de jeune Batman….

l'Affiche du Film.
l’Affiche du Film.

On avait adoré la magnifique histoire de ces chats Parisiens qui peuplaient les pavés de la capitale et de son héros au double visage fréquentant à la fois,  la fille du commissaire de police et les voleurs et autres malfrats de la nuit . On retrouve dans Phantom Boy la veine du polar nocturne qui viendra s’insinuer en une belle et superbe échappée courageuse au combat contre la maladie d’un jeune garçon. La belle idée du film c’est de l’inscrire dans la passion de la lecture de bandes dessinées et de ses héros que, Léo 11 ans,  partage avec sa petite sœur, dont la scène d’ouverture du film , nous offre une belle et émouvante « communion » dans l’évasion des deux enfants, qui trouvera son écho dans la scène finale. Evasion dans le monde de leurs héros qui leur permet de faire face au quotidien où la présence de la maladie et de l’inquiétude qui l’accompagne , trouve son échappatoire comme le montre la lecture de l’aventure dans laquelle il se plongent , juste avant le départ à l’hôpital où Léo va se retrouver cloué sur son lit. Mais il est connu , comme il est dit dans un phrase de dialogue du film que « les enfants sont d’un courage admirable dans la manière d’affronter la Maladie » . Et Léo , lui,  a trouvé la parade pour l’affronter et s’en détacher , c’est de s’évader littéralement de son corps , de s’en extraire pour laisser flotter son esprit ailleurs … et s’en aller soulager d’autres âmes souffrantes ,où , se retrouver embarqué dans une enquête policière par l’intermédiaire de ce voisin de chambre policier bléssé , Alex , avec lequel son don va lui permettre de rentrer en contact pour devenir son allié dans la résolution d’une affaire qui met en danger la ville et les habitants de New- York …

Le petit Léo découvre son pouvoir...
Le petit Léo découvre son pouvoir…

C’est la superbe idée de ce récit transformé en « conte noir » , polar pour enfant,  dans lequel Leo investi de ce pouvoir secret va pouvoir revêtir les habits de justicier et se transformer, grâce à celui-ci , en jeune héros semblable à ceux qu’il admire et qui habitent les récits de bandes dessinées. C’est en effet , ce policier bléssé voisin de chambre  avec lequel , Léo un peu lassé de se servir de son secret pour soulager les âmes souffrantes mais qu’il n’a jamais pu, au delà de cette aide avoir de vrais échanges avec elles, va trouver un nouvel élan. Voilà que pour la première fois le contact se prolonge et se transforme en un vrai  échange et qu’une complicité s’installe , lorsque le policier lui raconte le travail quotidien et les difficultés , qui va se prolonger  en une sorte de « collaboration » entr’eux pour tenter de dénouer le nœud de  cette  affaire où un dangereux « ennemi public » utilise un virus informatique dans le  but de  régner sur New-York . Un gangster retors ( et ses complices ) au « visage cassé », qui avec sa gueule déformée ( en forme de portrait cubiste) de méchant déjanté , fait penser au « joker » de Batman. La référence est voulue , comme celles qui renvoient aux autres héros justiciers de bandes dessinées, et à la thématique et ambiance , des films noirs ( avec un nuance de fantastique auquel la musique signée Serge Besset, offre un bel écho ), déclinée sous la forme simple ( mais pas simpliste ) pour le jeune public . Il s’y inscrit à la fois , la déclinaison de l’humour ( les démêlés du chef de police avec son jeune policier qui multiplie les échecs) , la présence d’une taupe ( indic ) , de deux jeunes filles débutantes ( dans la police et le journalisme ) confrontées au danger , et menacées comme les habitants de la ville, par les plans de ce « fou » dangereux qui veut  de tout faire sauter si on lui résiste !.

Léo  et le jeune Polcier  à l'hôpital
Léo et le jeune Polcier,  à l’hôpital

Voilà donc notre Phantom Boy avec son pouvoir qui lui permet de se rendre incognito , sur les lieux du danger pour communiquer et renseigner , son policier voisin de chambre qui a été grièvement blessé à la jambe dans un confrontation avec le dangereux gangster , afin  traquer  et  mettre hors d’état de  nuire  ce  dangereux gangter , et juguler le danger. Dès lors , dans la nuit noire de  New-york dans laquelle  l’homme à la tête cubiste veut contraindre, par l’utilisation d’un virus informatique , les autorités à céder  à son dessin d’en devenir le maître , le  pouvoir de Phatom Boy de se « glisser »  là où on ne peut déceler sa présence, va  devenir  un atout  pour  en  déjouer les plans destructeurs . Le « défi » prend alors, au delà de la dimension que l’on devine entre le bien et le mal , une autre dimension que relèvent magnifiquement les auteurs sur le plan cinématographique «  il est face à un double défi : remporter à la fois ue victoire intérieure et extérieure contre sa maladie et un dangereux gangster » ; en revêtant leur animation et le dessin , des oppositions des formes qui l’accompagnent.  A la noirceur et à la violence imposée par le mégalomane diabolique et aux  ombres de la peur du danger et du vertige qui l’accompagnent , ils opposent , la légèreté ( le corps fantômatique de Léo ) qui s’insinue dans les rues et les buildings de la ville ( joli graphisme ) et cette douceur ( des couleurs et du dessin fait main ) qui fait miroir à la noirceur du danger . Dans le combat contre cette menace contre laquelle  Léo se bat avec son pouvoir de l’esprit que le rêve lui offre , s’insinue alors, cette magnifique idée qui renvoie , à la nécessaire force à trouver en soi , pour se battre contre cet autre mal qu’est la maladie , vis à vis de  laquelle il ne faut pas lâcher prise, et qui peut sauver …

Léo , en pleine action  pour  mettre fin aux  activités de l'homme au visage cassé...
Léo , en pleine action pour mettre fin aux activités de l’homme au visage cassé…

quel beau message au final qu’ offre ce film à tous les enfants ( qui doivent le voir d’urgence …) qui un jour ou l’autre peuvent être confrontés à une maladie ( bénigne ou plus grave ) et qui trouveront là,  les raisons du  courage pour l’affronter ,  de se battre et ne pas renoncer. Car c’est aussi par cette résistance nécessaire ( du corps et de l’esprit) que parfois on peut la vaincre , accompagnée par la force de l’amour des siens. Celui de la sœur et des parents -dont le film offre une belle présence qui refuse de jouer sur le vibrato du mélo larmoyant , soulignant celle des mots et de la présence rassurante dont est faite  la complicité avec  la sœur . Quand , à ce point, la qualité de l’animation et du récit se mettent au service d’un sujet grave , alors on ne peut qu’applaudir . Au deux cinéaste complices, s’est associée celle, à la production de Jacques -Rémy Girerd , réalisateur aussi de magnifiques animations  à vocation pédagogique : La prophétie des grenouilles (2003) , Mia et le Migou     ( 2008) et Tante Hilda ( 2014 ) . Un beau travail  collectif …

(Etienne Ballérini)

PHANTOM BOY de AlainGagnol et Jean-Loup Félcioli -2015-
Avec les voix de : Edouard Baer , Audre Tautou , Jean- Pierre Marielle , Jackie Beroyer,…

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