Cinéma / Festival : DEAUVILLE 2015 ( 1ère Partie )

Avec la fin de l’été Deauville accueille le Cinéma américain. Les superproductions, les avant-premières, les hommages, mais aussi la compétition, l’âme du Festival du cinéma américain, sont au rendez-vous, du 4 au 13 septembre.

Pour la 41ème édition, les organisateurs du Festival du Cinéma Américain de Deauville ont a nouveau réussi le tour de passe-passe de proposer un cocktail de « blockbusters », de films indépendants, d’hommages et de classiques, cela malgré la concurrence des deux autres festivals, Venise et Toronto.

L'Affiche du Festival
L’Affiche du Festival

Dans son éditorial, Bruno Barde, le Directeur du Festival, donne la tendance pour ce nouveau rendez-vous normand avec les cinémas et les productions d’outre-Atlantique. « Le cinéma américain produit en 2014 sept cent sept films, dont cent dix sont issus des studios hollywoodiens et cinq cent quatre-vingt-dix-sept des productions indépendantes.L’établissement d’un classement montre que les oeuvres qui totalisent près de trente millions d’entrées aux États-Unis sont des réalisations des majors. Les Gardiens de la galaxie, Captain America, Transformers… Ces films ont en commun de célébrer un héroïsme patriotique
reposant sur l’idéologie du remplacement de l’homme par des super-héros, voire des
machines permettant à la civilisation de subsister et à l’espèce humaine de perdurer. Le
cinéma indépendant, lui, choisit de dépeindre des personnages simples, habitants du
quotidien, qui par les vertus de la vie deviennent des héros. Le Festival de Deauville, porteur
de cet espoir d’homme, réunit ces deux visions du monde à travers ses hommages et sa
programmation qui honorent la forme héroïque dans ses divers aspects ».

Avant-premières, Hommages et Docs :

Photo : Everest
Everest : Tim Beavan ( Producteur ) , Jason Clarke (Acteur ) , Baltasar Kormakur ( réalisateur ) – Photo : Philippe  Prost –

Si certains studios ont préféré la Lagune de Venise aux Planches, Deauville parvient malgré tout à déplacer des montagnes et pas n’importe lesquelles, puisqu’il s’agit de la chaîne de l’Himalaya et de l’Everest.
Le nouveau film du réalisateur islandais Baltasar Kormakur, qui a tourné plusieurs fois aux Etats-Unis (Contrebande, 2 Guns), suit deux expéditions qui se lancent dans une tentative d’ascension du plus haut sommet du monde. Il était difficile de trouver mieux en ouverture que cette production à gros budget pour illustrer « l’héroïsme » évoqué par le Directeur du Festival. Avec Everest, 15 autres films sont présentés en avant-première. Parmi eux, le nouveau long métrage de Terrence Malick, Knight of Cups, et, en clôture, Sicario, de Denis Villeneuve, déjà très remarqué au Festival de Cannes en mai dernier.

Keanu Reeves
Keanu Reeves   ( Photos : Philippe Prost )

Jusqu’au 12 septembre, le Festival rend hommage à plusieurs personnalités du cinéma, comme les acteurs Keanu Reeves, Orlando Bloom, Ian McKellen, l’actrice Patricia Clarkson, le réalisateur Terrence Malick et les producteurs Michael Bay et Lawrence Bender. Ce dernier, qui a produit de nombreux films de Quentin Tarantino, mais aussi Will Hunting, de Gus Van Sant, et Silence, le prochain long métrage de Martin Scorsese, est aussi un militant passionné, qui agit notamment pour l’éradication complète des armes nucléaires. « C’est en faisant des films qu’on peut changer ce que chacun pense ou ressent. Mais c’est en militant qu’on peut changer la façon dont chacun vit ».
Le centenaire de la naissance d’Orson Welles est également l’occasion de rendre hommage au réalisateur avec les projections de Citizen Kane, présenté dans une version restaurée, La Dame de Shangai et La Soif du Mal et d’un documentaire This is Orson Welles.
Avec Orson Welles, la section Les Docs de l’Oncle Sam propose par ailleurs plusieurs documentaires consacrés à des figures du Septième Art, comme François Truffaut et Alfred Hitcock, Robert Altman, Sidney Lumet et Steve McQueen.

La Compétition

En 1995, année de création de la compétition, le tout premier jury du Festival décernait le Grand Prix à Ca tourne à Manhattan de Tom DiCillo. 20 ans après, du côté du cinéma indépendant, malgré la crise économique et les difficultés grandissantes pour la diffusion en salles, ça tourne toujours à Manhattan, Hollywood et aux « quatre coins » des Etats-Unis. Pour preuve, la sélection propose régulièrement une bonne dizaine de films. Devenue l’âme du Festival, la compétition réunit cette année encore 14 longs métrages dont 6 premières œuvres. Une sélection très éclectiques qui aborde presque tous les genres cinématographiques.

Jury Compétition
Jury Compétition: Benoit Jaquot(Président du Jury ) , Mathe Keller  et Pascal Bonitzer .   ( Photo , Philippe  Prost )

Le Jury attribuera le Grand Prix et le Prix du Juy. Il est présidé cette année par le réalisateur Benoît Jacquot (Le journal d’une femme de chambre) qui a déclaré à cette occasion : « Le cinéma est une Amérique qu’on découvre à chaque film, le rêve d’un moment inoubliable. A Deauville, je rêve de découvrir et de faire découvrir un film inoubliable ». Il est est épaulé par les comédiennes Louise Bourgoin, Marie Gillain et Marthe Keller, la réalisatrice Sophie Fillières, le comédien Louis-Do de Lencquesaing, le scénariste et réalisateur Pascal Bonitzer, l’écrivain Marc Dugain et le directeur de la photographie Julien Hirsch.

Le Jury Révélations
Le Jury Révélation  ( Photo: Philippe Prost )

Créé en en 2006, le Jury de la Révélation a pour mission de désigner le film le plus innovant des œuvres de la sélection. Il est présidé par la réalisatrice et comédienne Zabou Breitman. Les comédiennes Alice Isaaz, Rachelle Lefevre, Géraldine Nakache et le comédien Stanley Weber en sont les autres membres.

Un bref coup d’oeil dans le rétro, nous rappelle que les récentes éditions du Festival du cinéma américain de Deauville étaient d’un très bon niveau avec des films primés comme, Take Shelter de Jeff Nichols (2011), Les Bêtes du Sud sauvage de Benh Zeitlin (2012), Fruitvale Station de Ryan Coogler (2013), sans oublier Whiplash de Damien Chazelle, Grand Prix et Prix du Public 2014 qui fut par la suite distingué aux Oscars (trois statuettes).
En sera-t’il de même cette année ? Réponse ,  samedi soir.
(à suivre)

Rédaction : Philippe Descottes – Photos : Philippe Prost

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