Baptiste Herbin…Un sax à couper le souffle

Nommé aux Victoires du Jazz en 2013, il est l’une des nouvelles figures du jazz français, il est aussi l’une des pointures du saxophone alto, il était la guest star invitée à la dixième édition de Jazz à Domergue à Cannes avec le quintet de Richard Manetti, un guitariste qui va aussi faire parler de lui.

Baptiste Herbin et Richard Manetti
Baptiste Herbin et Richard Manetti

Il n’attend que çà, faire monter la pression, tranquille au début du concert avec les compositions de Richard Manetti, Baptiste Herbin comme un sportif s’est échauffé avant de lancer le turbo avec Sun of the Road…une situation, qui a bien sur arrangé Richard qui, lui aussi vient encore de franchir une étape avec une direction un peu plus funk, style Maceo Parker. Après le succès du premier CD avec André Ceccarelli en 2013, Brother Stoon, il est parti voir ce qui se passait aux U.S.A avant d’enregistrer cette année Interférences.

Baptiste Herbin :

«Parce que, c’est là où le jazz est né, c’est le retour aux sources et puis, c’est là aussi où tout se passe, il y a les meilleurs musiciens, dés qu’on va là bas, ça donne une bouffée d’énergie…j’ai plusieurs contacts, j’ai enregistré un disque avec Essiet-Essiet qui est un contrebassiste un peu légendaire, il n’est pas très connu mais il a joué avec Art Blakey. On a aussi enregistré un disque avec Jeff Tain-Watts, le batteur privilégié des frères Marsalis »

JP L :

Comment travaillez vous ?

B. Herbin :

« J’écoute Lee Konitz, Paul Desmond, j’écoute aussi du reggae, du rock, du hip hop. C’est vrai que ma base de travail , c’est beaucoup le hard rock ou Canonball Aderley. Le bop, c’est à dire les accords, ce langage est tellement riche qu’après çà, cela nous permet de faire pratiquement tout. Après, il y a la musique cubaine, celle des Balkans, la musique malgache que je pratique beaucoup. J’essaie de toucher un peu à tout et je suis intéressé par tout…Après, le but, c’est de trouver sa propre musique , donc, sa propre patte, donc, à chaque disque, j’ai fait le deuxième, j’ai cherché autre chose, le troisième, je ferai encore autre chose, c’est aussi çà New York, c’est se nourrir de ce qui se passe…on écoute çà…on dit ah ouais c’est génial…j’avais écouté le trompettiste Jason Palmer, il faut écouter ce qui sort, il faut être curieux »

Avec Yann  Serra
Avec Yann Serra

JP L :

Vous vivez vraiment pour la musique ?

B. Herbin :

« C’est un art de vivre, c’est plus qu’un job, il y a une grande passion, une recherche de contacts avec les autres. C’est comme une quête infinie, tous les musiciens sont passés par là, on est obligé de passer par là aussi »

JP L :

Avec Richard Manetti, vous avez passé votre temps à vous regarder, à vous écouter, il y avait presque un duel ?

B Herbin :

Un duel, je ne sais pas, on essayait de créer quelque chose, de construire des choses et d’arriver à un résultat, on ne sait pas trop, comme je dis à chaque fois, il n’y a pas de site mais il y a une direction…il faut arriver à toutes les émotions, les émotions sont humaines, il y a la joie, la colère, le calme, l’émotion, je dirais le romantisme, le lyrisme, la méditation. Il faut aussi changer les sonorités, jouer avec un son plus rond ou plus agressif, un son neutre, c’est plutôt quand on joue avec Richard tous les deux pour qu’on entende bien les voix, c’est aussi le fait d’avoir fait du big band…il faut vibrer »

JP L :

Vous êtes très modeste parce que je sais que, quand on parle de sax, on parle de vous.

B Herbin :

« je ne m’en rends pas compte, il y a tellement de bons, il ne faut pas regarder derrière soi, il faut y aller, il ne faut être content de soi, il faut toujours tracer sa route »

JP L :

Avez vous une autre passion ?

B Herbin :

« J’en ai plusieurs, je suis intéressé par l’histoire, je n’ai pas vraiment de préférence mais j’adore l’histoire des Aztèques et des Mayas, tout ce qui est précolombien et l’histoire du jazz bien évidemment et puis après, ce sont toutes les histoires qui vont m’intéresser. Je vais découvrir une ville, çà va être aussi un pays, çà va être l’histoire de France, des Etats Unis, les indiens d’Amérique, je suis fan depuis que je suis petit »

JP L :

Quand composez vous et comment ?

B Herbin :

« C’est souvent le fruit du voyage, je fais une compo partant d’un personnage historique, d’une ville ou avec des rencontres, la famille, les amis… »

P1040459

En attendant un nouveau CD, celui qui, au repos, tient son sax comme une mitraillette, essaie de contenter tout le monde. Les artistes de variété le convoite, d’autres musiciens veulent enregistrer avec lui mais il n’oublie pas ses amis de longue date, membres du quartet de saxophones tout en affinant la sortie de son 3èm album.

Jean Pierre Lamouroux

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