Cinéma / LE CONTE DES CONTES de Matteo Garrone.

Présenté en compétition au dernier Festival de Cannes , le film du cinéaste Italien sort sur les écrans cette semaine . Nous vous proposons de retrouver ci-dessous notre critique «  à chaud » à l’issue de la présentation du film sur la Croisette ( complétée par quelques ajouts) . Nous avions aimé le changement de registre du cinéaste qui cette fois-ci , par une composition picturale magnifique de sa mise en scène nous entraîne dans la féerie des contes… en adaptant l’oeuvre , mal connue, de son compatriote Gianbattista Basile. Un film esthétiquement superbe , à déguster.

l'Affiche  du Film.
l’Affiche du Film.

 

Le cinéaste Italien a déjà été célébré sur la croisette avec Gomorra (2008 ) et Reality (2012 ) , y revient cette année dans un registre très différent des deux œuvres citées dont il se détache de la forme et des tonalités de la mise en scène où le réalisme et la critique sociale , voir politique , était au cœur .Même si la tonalité de la fable, qui a quelque chose à voir avec le conte , n’était pas totalement absente de ces deux œuvres, rien à voir dans ce nouveau film avec la dénonciation de la Camorra ou de la télé-réalité des deux films cités. Le cinéaste,  qui, par ailleurs avant de se lancer dans la réalisation cinématographique, avait acquis une formation artistique picturale dont on retrouve dans Le Conte des Contes  son savoir-faire , en même temps que les références aux grands peintres  dans sa mise en scène et en lumière ,  la touche et la sensibilité dans les images et leur composition. Et, à ce sujet le cinéaste à d’ailleurs déclaré « le mélange entre réel et fantastique a toujours été au centre de ma recherche artistique » . Et le cadre des trois royaumes voisins où Rois et Reines, Princes ou Princesses,  laissent libre court à leurs désirs, et dans lesquels, s’invitent le fantastique , le féerique et le libertinage, font évidement référence à toute une littérature du genre, y compris Italienne. Prenant source du côté de  Pétrone et du Boccace , pour déborder du côté du fantastique des Frères Grimm…et bien d’autres déclinaisons dans le genre du fantastique.

J.C Reilley  et SalmaHayek
John.C Reilly et Salma Hayek

Alors, nous voilà entraînés dans le sillage de personnages dont on va suivre les aventures avec la belle subtilité d’un récit qui commencerait par une histoire … pour nous entraîner dans une autre ,avant de revenir à la première et nous emporter,avec lui dans le jeu… on y retrouve donc de merveilleux châteaux , mais surtout  de superbes paysages naturels ( où les a-t-ils trouvés ? ) superbement filmés, comme  des tableaux. On y retrouve également des monstres des mers avec des pouvoirs magiques , des ogres maléfiques, des saltimbanques, des courtisans, Un Roi fornicateur et Libertin , une Reine obsédée par son désir d’enfant, un autre Roi obsédé par une puce , une Princesse mal mariée… des Sorciers, des Fées et des Monstres, des Dragons, des Animaux enchantés. Bref, toute la panoplie des contes réunie Matteo Garrone , la distille avec un plaisir communicatif servi par une mise en scène très travaillée qui inscrit ses références pour s’en libérer; et inventer sa propre énergie dans l’adaptation des contes de son compatriote Gianbattista Basile ,« Le conte des contes » , écrit en langue Napolitaine au début du XVII ème Siècle , et inspiré de la tradition orale et populaire , et écrits  «  Dans une langue jubilatoire, un style mêlant érotisme et violence , élégance et grotesque, code d’honneur et paillardise. L’auteur nous dépeint avec un art consommé et une vigueur extraordinaire, une galerie de portraits moraux et de tableaux de mœurs (…) dans ces récits d’un aspect extrêmement réaliste, Basile les fait se mouvoir dans un monde populaire à la fois riche et miséreux , très physique et sanguin . Le décor des contes est donc celui de la vie quotidienne d »hommes et de femmes, où un beau jour, fait irruption l’élément extraordinaire, la magie , le monstrueux , le miracle » , explique le cinéaste.

Vincent Cassel  dans une scène du  film.
Vincent Cassel dans une scène du film.

Et ce dernier a souhaité y rester fidèle et le rendre accessible au plus large public, ajoutant à ses choix d’intentions dans l’adaptation cinématographique, ses choix d’adaptation : «  nous avons essayé de garder l’esprit et sa force évocatrice qui a nourri l’imaginaire à travers les siècles arrivant à influencer des auteurs comme Perrault ou les frères Grimm (…) j’ai retrouvé dans le monde de Basile , ce mélange de réel et de fantastique qui a toujours caractérisé ma recherche artistique (…) d’habitude pour mes films précédents, je suis parti de faits réels, et je les ai transfigurés jusqu ‘aux limites d’une dimension presque fantastique , dans le cas présent , nous avons fait le parcours inverse pour ramener les situations fabuleuses sur un plan réaliste , concret et crédible » , conclut-il . Du très beau travail …
( Etienne Ballérini)

TALES OF TALES de Matteo Garrone – 2015-
Avec : Salma Hayek , Vincent Cassel , John C.Reilly , Toby Jones, Christian et Jonah Lees, Shriley Handerson …

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