Exposition / Max Charvolen empreinte Vallauris

Jusqu’au 14 juin, l’artiste Max Charvolen expose à Vallauris. Cette première exposition personnelle regroupe son travail réalisé dans cette ville-modèle, sur deux périodes 1997-2003 et 2014-2015. Elle présente des œuvres rares et met à jour cette géométrie des espaces qu’il explore empreint d’humanité.

A Vallauris, 9 et 10 rue des Tours – Façades, trottoirs, rue – 1999 Phase de découpe et d’arrachage / Photo Anne Charvolen

Max Charvolen est arrivé à Vallauris en 1997, attiré par une dynamique artistique et des personnes comme Gilbert Baud ou Raphaël Monticelli, des artistes et passeurs qui l’ont introduit dans cette ville. Il se retrouve rue des Tours à travailler sur la façade d’un immeuble car Max Charvolen travaille sur les lieux, réalisant une mise à plat des espaces. Rues, escaliers, murs, huisseries, couloirs, portes… Il colle des morceaux de tissus sur les surfaces puis les arrache. Partant de cette façade d’immeuble, il va traverser la rue, aider par les habitants. On viendra d’ailleurs l’aider à décoller ces empreintes artistiques. Les espaces apparaissent alors dans une forme abstraite mais jamais coupés du lieu-référent. De ce lieu modèle.

C’est ainsi que cette exposition intitulée Ville-Modèle convoque Vallauris au travers de ces formes et ces lignes s’allongeant sur les murs, au sol des salles d’exposition ouvrant l’imaginaire sur un escalier du 13 rue de la Tours, lieu qu’il a investit pendant de nombreuses années, sur une porte. Il délimite un nouvel espace imaginaire à partir de l’existant.

Charvolen explique dans la passionnante interview présente dans le catalogue d’exposition et réalisée par Raphaël Monticelli : « Lorsque j’obtiens, comme à Vallauris, un lieu pendant longtemps, c’est un vrai bonheur. Ça se prête à la réflexion autrement. Les lieux se livrent différemment. Ils offrent toute une quantité de tentatives que seul le temps permet. Le long terme ouvre à des relations spatiales et corporelles riches de réflexion et de pratique. Je ne veux pas dire que les lieux ponctuels, dans un temps court ne sont pas intéressants, mais ils demandent des prises de décision rapides qui peuvent être moins audacieuses, plus conformes à ce que je sais déjà… »

A Vallauris, 13 rue des Tours - Escalier, mur, palier, huisserie - 2002 - Série Sonde Dimension de l’espace d’origine: 420 x 270 x 395 cm. Dimension de l’œuvre: 1171 x 692 cm Noir: mur (face int.). Bleu: mur (face ext.). Orange: mur escalier. Colle non colorée, traces de passage et de travail: escalier et palier Photo Julien Bonnefoi
A Vallauris, 13 rue des Tours – Escalier, mur, palier, huisserie – 2002 – Série Sonde / Photo Julien Bonnefoi

La relation qu’il développe avec les lieux est toujours liée à une réflexion plus profonde sur l’architecture comme espace de vie. Et au final, l’homme est au cœur de son travail. Ce depuis toujours. Charvolen a travaillé un temps avec l’architecte Oscar Niemeyer qui conçut notamment la ville de Brasilia et imagina le siège du parti communiste français actuel. Il est aussi parti en Grèce pour faire – il aime ce terme de « faire », une mise à à plat des vestiges grecques de Delphes. Son œuvre est une trace tout d’abord sur le lieu même, puis souligne à la fois l’absence de cette chose mais aussi son existence, mettant alors en exergue une vérité à la forte puissance évocatrice car ainsi détachée de la réalité.

Mx CHARVOLEN  9 rue des Tours Vallauris  Matrification de façade travail en cours
Max CHARVOLEN
9 rue des Tours, Vallauris
Matrification de façade travail en cours

« Pour moi, un lieu est un immense réservoir de possibles, de mesures, de corporéité, de dépassement, de surprise, d’enjeux. Mais un lieu ne se livre jamais d’emblée : il faut du temps pour voir un peu plus que ce que l’on reconnaît. »

Il y a une volonté de se réapproprier ce qui détermine notre espace, tout d’abord en l’investissant de ces tissus colorés sur sa surface. Puis de le découper. De le disséquer. De l’étudier comme dans un cours de géométrie où l’on étudierait méthodiquement les lignes et les éléments qui le forment. Mais seulement à un moment donné tout cela lui échappe. L’imaginaire se projette sur ses murs, dans ces œuvres ainsi créées. 

Son art n’a jamais été dans un circuit fermé culturel. Charvolen a toujours fait attention à ne pas appartenir à ce petit monde contemporain. En investissement un lieu, il cherche à cer une dynamique avec toute l’humanité qui a construit l’artiste qu’il est et continue de le construire. Cette particularité est sans doute une pierre angulaire. Sa clé de voûte. Son travail n’est au final jamais le point de vue d’un artiste ou l’expression d’un ego. Charvolen met en avant un lieu, un espace en le libérant géométriquement de sa réalité au travers d’une pratique et d’un savoir-faire. Il ouvre alors pour tous un champ des possibles rare et unique.

CHARVOLEN Vallauris 07B
A Vallauris, 13 rue des Tours – Escalier, murs, palier, huisserie, sol – 2OO1 – Série sonde  / Photo André Morin

Julien Camy

Charvolen à Vallauris, la Ville-Modèle
Salle Eden, place de la Libération à Vallauris
Exposition jusqu’au 14 juin 2015
10h-12h et 14h-17h, fermé le mardi

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