Cinéma / TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE d’ Arnaud Despléchin.

Le cinéaste dont l’oeuvre puise pour une bonne part dans les souvenirs et s’emballe dans les rapports humains et les variations sentimentales où le romantisme affleure, nous propose avec son dernier opus en « trois souvenirs » marquants d’une enfance et d’une adolescence où la violence , la joie et la souffrance s’y retrouvent imbriqués? en plein cœur d’une passion amoureuse dont la fièvre ne s’est jamais éteinte …

l'Affiche  du Film.
l’Affiche du Film.

Paul Dédalus est le héros du film que l’on retrouve , après l’avoir croisé dans Comment je me suis disputé ( Ma Vie sexuelle ) , et sous d’autres aspsects dans d’autres films du cinéaste né dans le Nord de la France à Roubaix , et qui, depuis La vie des morts  , a souvent puisé dans les souvenirs ( Conte de Noël , l’Aimée …) qui ont marqué les étapes de sa vie. Il y revient ici par le biais de son héros , Paul ( Mathieu Amalric ) devenu homme politique installé au quai d’Orsay, qui se les remémore dans un flash-back sur son enfance à Roubaix et les crises de folie de sa mère , puis de ses seize ans à l’école et de son voyage en URSS en mission « clandestine » , et aussi sur ses Dix-neuf ans en compagnie de ses amis des folles soirées et  ceux qu’il perdra, ensuite,  de vue …ou le trahiront , puis ,de ses études à Paris et de la rencontre avec Esther cette belle jeune fille qui deviendra « le cœur fanatique de sa vie », lui dira-t-il « parce que ton visage tient toute la signification du monde dans ses traits ». Esther, avec qui il vivra une passion amoureuse romantique et dévastatrice qui restera pour lui à jamais , un Amour intact. Celui qui peut susciter ( la scène finale ) et faire sourdre , encore , la colère et la souffrance restée enfouie au plus profond.
Arnaud Despléchin nous invite et nous plonge dans ses souvenirs avec une sorte de nécéssité fièvreuse , comme s’il s’agissait de les exorciser et en même temps de les transcender par une approche cinématographiques en se ( nous )  projetant,  en compagnie de Paul dans ses envolées romantique et lyriques, où s’inscrivent les références cinématographiques , comme celle à François Truffaut , peut-être encore plus assumées ici dans la dernière partie du récit de la description ( l’approche , la naissance et des ravages de la passion amoureuse du couple Paul / Esther)  qui s’incrit dans le parcours léger , d’abord  dans la lignée  de Baisers Volés pour s’enfiévrer  ensuite dans la passion dévorante de La femme d’à Coté .

Lou Roy-Lecollinet  et Quentin Dolmaire
Lou Roy-Lecollinet et Quentin Dolmaire

Le récit de ces trois souvenirs de Jeunesse , embrasse en effet dans le parcours de Paul , et celui d’un cinéma dans lequel il s’identifie . Celui d’un enfance dure et difficile ( qui fait penser aussi à Pialat et à son Enfance nue ) , celui d’une prime jeunesse aventureuse prête à se mettre en danger par soif de justice ou d’utopie ( qui renvoie aux thrillers et au films d’espionnage ) , et celui d’une adolescence où la découverte de la vie ,et des autres ( vie sociale , amitié , amour , travail ) et des tourments de l’amour, font écho à un cinéma ( drame, mélodrame …) où les relations humaines , les sentiments et les passions prennent le pas.
Le roman de ces destinées qui renvoeint au spectateur la multiplicité des ressentis que tout un chacun peut éprouver dans le parcours de sa vie. Ces destinées qui sont faites de rencontres et de liens ( amicaux , familiaux , de travail , amoureux …) et qui construisent une vie faite de déceptions , de trahisons, d’aventure inattendues , de liens et de recontres qui la changent avec ces souvenirs qui restent , et qui , parfois vous apaisent ou ravivent les bléssures. C’est tout celà que distille le film dans une sorte de tourbillon de la vie . Celui de l’enfance qui perdure et reste vivace tout au long,  avec ce souvenir d’une mère et ses scrises de folie et d’une énième dispute,qui finit par renvoyer Paul chez tante Rose ( Françoise Lebrun) , le souvenir du lien avec le petit frère Ivan , coléreux et réfugié dans la réligion , et celui d’un père qui fait ce qu’il peut pour « tenir » la famille , et qui restrea à jamais inconsolable à la mort de sa femme .

Lou Roy- Lecollinet  et  Oliveir Rabourdin ( le père )
Lou Roy- Lecollinet et Oliveir Rabourdin ( le père )

Paul qui va prendre les distance et chercher à s’assumer , s’investissant dans ses rencontres, comme dans ses études, prenant la direction de la capitale où la rencontre avec le Docteur Behazin , fera naître sa vocation pour l’anthropologie.
C’est ce second parcours qui va finir par construire l’identité de Paul dans son, rapport avec les autres et au monde . Au cours de ses 16 à 19 ans , c’est la période des découvertes et des aventures de toutes sortes, c’est la vie dans laquelle il entre et qui l’invite à se défaire du cercle familial au delà de sa sœur Delphine, de son frère et de son cousin Bob … ce sont les nouveaux copains d’école et les rencontres qui se prolongent dans les soirées et les « boums » et plus tard , les choix qu’il lui faudra faire lorque il partagera sa vie entre Roubaix et la capitale. Mais avant, c’est cette première aventure qui va prendre la dimension d’un film d’espionnage, qui va relier Paul au monde dans sa globalité , liée à sa marche et à la politique des années 1980 , dans laquelle il sera entrâiné avec son ami d’école d’origine Juive, lors d’un voyage scolaire en URSS . Tous deux vont accepter de s’investir dans une « mission » et approter un colis au Juifs traqués par le pouvoir …et Paul accepetra même de céder son identité ( sa carte ) à un jeune juif Russe pour qu’il puisse quitter le Pays . Cette Identité dont Paul va perdre un partie donnée à son double , devient presque constituive du thème du troisième volet des souvenirs de sa jeunesse qui va se décliner sur le mode de l’attachement et de la séparation avec les lieux, et celui de sentiments sur le mode du « je t’aime, moi non plus » .

Mathieu Amalric  ( Paul  âgé )
Mathieu Amalric ( Paul âgé )

Passionnant et le plus étoffé , cet épisode des souvenirs y inscrit cette « dualité » sous trois aspects ( celle du travail , celle des liens amicaux , et celle de la passion amoureuse qui finira par prendre une place majeure dans la vie de Paul… ) sur lesquels elle interfère . Ses études Parisiennes qui l’obligent à se partager entre sa ville natale et la capitale, et dont l’influence de ses absences finissent par se répercuter sur les relations faisant se distendre les liens . Et,  si les liens se distendant ou s’enveniment avec certains dont l’amitié se transforme trahison , comme c’est le cas avec son meiller ami , Kovalki ( Paul Andrau ) , c’est aussi le cas pour cette relation et passion amoureuse qui va se nouer avec la Jolie Esther ( Lou Roy -Lecollinet , formidable!) . Entre Paul lycéen ( Quentin Dolmaire , épatant lui aussi ) et Esther , c’est la rencontre incandescente avec cette fille belle et merveilleuse qui sait qu’elle fait « cet effet là , aux garçons » , alors qu’il est , lui ,maladroit et ne trouve pas les mots pour lui dire pourquoi « il la mange des yeux !», il y a pourtant quelque chose qui s’installe , comme un non-dit , un jeu… peut-être que les absences de Paul stimulent le désir d’Esther , peut-être que les infidélités de l’un et de l’autre qui s’installent au coeur de ces séparations ( elle multiplie les aventures à Roubaix , il en a, aussi à Paris ) , mais au bout du compte , pour lui comme pour elle , elles ne comptent pas !. Au contraire , ces aventures qu’ils ne se cachent pas , suscitent la jalousie et exacerbent le désir qu’ils finissent par s’avouer ( superbe scène nocturne dans les rues de Roubaix ) dans une sorte de pudeur que refreinent  encore les gestes . Mais c’est dit . ,

Photo de  tournage  ( à droite  Arnaud  Despléchin )
Photo de tournage ( à droite Arnaud Despléchin )

Et ils viendront comme un torrent d’élans , puis de reculs , qui s’y dissimulent au coeur . Ils vont s’aimer , se quitter,  se reprendre , se faire mal à en souffrir l’un et l’autre et y revenir pour se faire plus mal, encore . La passion qui les détache puis les reprend, s’installe dans cette « dualité » citée plus haut, qui inscrit le désarroi chez chacun cherchant à garder sa liberté mais ne pouvant pas se détacher, ou se résoudre, à perdre l’autre. Ces instants sont captés admirablement par Arnaud Despéchin dans tout leur éffervescence déraisonnable emportés par le tourbillon lyrique des mouvements de caméras qui enveloppent les amants au cœur d’une mise en scène qui , dans ces instants joue des artifices ( cadrages , mouvements de caméra , voix – off, inserts , musique …) pour faire sourdre à la fois la violence , l’urgence d’une passion où la nécéssité physique et l’attachement sentimental se retrouvent   en un  élan de « fureur intacte » , dont le souvenir et le chagrin hantera juqu’à ses derniers jours Paul , comme il le dit dans un « cri » de de colère désespéré, dans la sublime scène finale . Un excéllent Despléchin …

(Etienne Ballérini)

TROIS SOUEVENIRS DE MA JEUNESSE d’Arnaud Despléchin – 2105-
Avec : Quentin Dolmaire , Lou roy- lecollinet, Mathieu Amalric , françoise Lebrun, Oliveir Rabourdin , Pierre Andrau , Lili Taïeb….

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s