Cinéma / Journal de Cannes 2015 ( No.11 )

Dernier film de la compétition hier l’adaptation du Macbeth de Shakespeare par l’australien Justin Kurzel avec Michaël Fassbinder et Marion Cotillard . Présentation également en séance publique du film de Clôture, La Glace et Le ciel de Luc Jacquet , très beau film pédagogique sur le thème du réchauffement climatique et les recherches scientifiques  de Claude Laurius  lors de  ses expéditions qui ont permis  de  révéler les secrets du climat et son évolution depuis des millions d’années. Passionnant . Voilà , le rideau va donc tomber sur la 68 éme édition, avec, ce Dimanche la proclamation du Palmarès , en attendant les pronostics vont bon train…

Une scène de  Macbeth  de Justin Kurzel
Une scène de Macbeth de Justin Kurzel

Macbeth de Justin Kurzel ( Compétition )
La pièce de William Shakespeare , a fait l’objet au delà de sa présence sur les scènes de Théâtre du monde entier ,  de nombreuses adaptations Cinématograhiques. Il est vrai que l’oeuvre du dramaturge Anglais a de quoi attirer les Cinéastes par la dimension de la tragédie et ce qu’elle dit d’une époque , de la violence et de la guerre  qui est au cœur et qui finit par imprégner les personnages, les traumatiser et les radicaliser , les condamnant à rentrer dans l’engrenage au motif de la défense et de sauvegarde de leurs vies et notamment de la préservation des liens du sang. Le cinéaste dont l’intention a été à la fois de «  confronter le texte à une nouvelle génération de comédiens ets e l’approprier » , en même temps que de « lui donner une dimension moderne sur le plan des thèmes abordés dans la pièce comme l’avidité et les ravages qui sont d’actualité en tant que fléau  qui corromp des millions de gens et detruit leur vies , l’histoire de Macbeth est particulièrement bouleversante quand on a en tête,  le climat économique de ces denrières années » explique-t-il encore. Il a fait également le choix de conserver  le texte en vers afin de garder le rapport intime avec celui-ci , enfin, il a choisi de concenter sur les personnages qui gravitent autour de Macbeth ( Michaël fassbinder ) et Lady Macbeth ( Marion Cotillard) et  de chercher à approfondir les motivations profondes et leurs relations de couple , confronté au  traumatisme de la guerre et des souffrances de Macbeth revenu du combat. Les Intentions y sont et la réalisation s’évertue  à offrir la résonnance voulue à celles-ci , et ,  elle est réussie dans l’utilisation des décors naturels et du réalisme décoratif , dans la colonté de respecter le « climat » . De la même manière que les scènes intimistes y gagnent en force dramatique par le choix du respect du texte en vers . Par contre, le gros bémol réside dans celui d’une grandiloquence qui entoure le récit tant au niveau de la musique envahissante qui ne cesse de surligner les images ; de la même manière que dans les scènes de guerre et de violence , le découpage de celles -ci par l’utilisation des ralentis ou accélérés qui viennent se mêler aux filmage normal des 24 images secondes , ne sont justifiés par aucune utilité dramatique ( comme chez Peckinpah) et le clin d’oeil Western moderne voulu par le cinéaste, fait cliché . Et le modernisme voulu de la relacture montre dès lors ses limites que ne fait qu’amplifier,  le lourd héritage laissé par les adaptations nombreuses de la Pièce dont les chef d’oeuvre indépassables que sont le Macbeth d’orson Welles ( 1948) ou Le Chateau de l’ Araignée d’Akira Kurosawa ( 1957 ) ….

Une scène de  La  Glace et le  Ciel  de  Luc  Jacquet
Une scène de La Glace et le Ciel de Luc Jacquet

La glace et le Ciel de Luc Jacquet ( Hors compétition, film de Clôture )

Après il était une fois la Forêt (2012) le cinéaste continue son exploration des problèmes de la survie de la planète , après la forêt c’est la glace et ce qu’elle révèle du réchauffement climatique depuis les premières expéditions scientifiques réalisée dans les années 1950 jusqu’à nous jours . Luc jacquet suit l’itinéraire de Jacques Lorius qui a consacré sa vie à étudier les glaces de l’antarctique qui ont fini par révéler le mystère de l’évolution du climat de notre terre depuis des milliers d’années grâce au travail et aux recherches de ces pionniers du début et des progrès techniques qui ont permis d’améliorer au fil des ans , notamment par exemple par les prélèvements de morceaux de glace par ces fameuse machines « carotides » qui pénètrent la calotte glacière jusqu’à plus de 900 mèters de profondeur , permettant de connaître à l’issue de l’étude des éléments prélevés,  l’évolution de la température depuis plus de 400 Millions d’années . Mais révélant aussi, par le biais de l’air contenu dans la glace ( superbe séquence où Claude Lorius révèle comment lui est venue l’idée d’étudier les « bulles » de la glace fondante )  pour  mesurer   précisément le degré de pollution de l’air , et la manière dont il a évolué au cours des siècles,  suite à la production des gaz toxiques par l’homme. Le film  est  passionnant à plusieurs titres , d’abord parce que Claude Lorius est un « conteur » hors pair et un vulgarisateur qui sait mettre à portée de tous les connaissances scientifique pointues dont il a été – avec ses équipes d’expédition et aussi en collaboration avec le travail de celles de nombreux pays- l’un des découvreurs des secrets de la glace et des différentes périodes glaciaires . Et puis ,parce que le film révèle aussi des images rarement vues de ces expéditions et les conditions difficiles dans lesquelles elles ont été réalisées . On y découvre la rencontre avec l’expédition, Charcot , puis les phases suivantes et l’installation des matériels , les campements dans les abris souterrains , et la vie quotidienne qui s’y déroule , avec ses aléas , et ce travail a l’extérieur a des températures de moins de 50 degrès parfois!.  ce qui nous vaut la réflexion suivante filmée à l’époque par Claude Loris «  quand on descend à Mojns 25 c’est la canicule ! » . Et il nous décrypte toutes les expéditions et les progrès dans la connaissance , révélant que,  déjà dès 1974 les dirigeants des pays d e notre planète  savaient le danger du réchauffement  climatique dont les confirmations seront encore « peaufinées » dans les années qui suivent. Il nous parle de sa grande  déception lorsque les premiers  résultats portés à la connaissance de tous , ont  suscité une  levée de bouclier contestant leur scientificité … et plus tard, lorsque les résultats de recherches encore plus poussées ont confirmé la chose et déclenché des réunions mondiales pour tenter de trouver des accords de régulation climatique , il nous fait confidence de cette réflexion «  la reconnaissance que j’ai pu recevoir depuis m’a laissé amer,  parce que je me suis rendu compte que les intérêts économqiues freinaient les décisions et, je me suis senti inutile » . Luc Jacquet suit cet itinéraire et nous offre en parallèle des documents et du commentaire en voix – off , ses propres images mettant en perspective  les ravages du réchauffement climatique,  et  en situation  le  Claude Lorius d’aujourd’hui à 83 ans à certains paysage d’hier dans lesquels il a passe près de la moitié de sa vie , sacrifiant souvent celle de sa famille , pour nous permettre de tirer les leçons et de mesurer la nécessité- plus que capitale – de prendre les mesures pour éviter la catastrophe «  je suis vieux maintenant ,mais c’est aux générations futures que je pense , il faut faire vite …il y a des réticences mais je reste confiant, car l’homme a toujours su faire face et réagir quand il s’est retrouvé face à un grand danger » . Beau message d’espoir auquel on ose croire … Le film sortira sur les écrans le 21 octobre 2015 . Prenez date , ne le manquez pas .

Pour qui la palme ?
Comme Chaque année les bruits de couloirs et les rumeurs ou speculations de toutes sortes font le quotidien des derniers jours du Festival , les paris sont donc ouverts.
Mais il y a quand même un sentiment qui domine au niveau des festivaliers qui ont suivi la compéttion officielle , et celui-ci fait l’unanimité : la sélection est d’un niveau d’ensemble bien  plus faible que l’an dernier . On a critiqué également une sélection Française trop importante ( 5 Films sur 19 en compétition) dont la qualité d’ensemble a divisé public et critiques.
Alors , il est évident que le jury présidé par les frères Coen , va se trouver face a des choix à faire sur une sélection  de films dont aucun n’émerge réellement comme favori , hormis peut-être le Mia Madre de Nanni Moretti ( une seconde palme ? ) qui a recueilli les faveurs du public et de la critique .
Mais , il pourrait y avoir un « palme » surprise …ou consensuelle. Les avis sont en effet partagés y compris sur les meilleurs films ou ceux qui semblent se détacher .
Dans le lot possible des « palmables » ou candidats à des prix, il devrait y avoir en dehors du Moretti , le Carol de Todd Haynes , La loi du marché de Stéphane Brizé, Mountains Mays Depart de Jia Zhang-Ké , Youth de Paolo Sorentino , The Assassin de Hou Hsiao Hsien et, en outsiders pour leur qualités et leur originalité , on y ajoutera The Lobster de Yorgos Lanthimos et Le Fils de Saul de Lazlo Nemes . Les paris sont ouverts …
Réponse ce Dimanche lors de la cérémonie de Proclamation du Plamarès ( 19 heures )

(Etienne Ballérini)

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