Cinéma / Journal de CANNES 2015 ( No.9 )

Avant dernier jour de la Compétition et Cinquième sélection pour Jacques Audiard qui présentait hier Dheepan sur l’itinéraire d’une famille d’exilés Tamouls ,Sri Lankais. Tandis que le grand réalisateur Taïwanais Hou Hsiao Hsien , habitué lui aussi de Cannes revenait avec The Assassin , un récit situé dans la Chine du IX éme siécle à l’ère de la Dynastie Chang où la rebellion menace le pouvoir central. Roberto Minervini présentait lui son second long métrage, The Other  Side , à Un Certain Regard sur les laissés pour comptes de l’ Amérique abandonnées par les services sociaux …

Une scène de  The  Assassin  de  Hou  Hsiao Hsien
Une scène de The Assassin de Hou Hsiao Hsien

The Assassin de Hou Hsiao Hsien ( Compétition )
Le Cinéaste Taïwanais de Millénium Mambo (2001) et de The Three Times (2005 ) apprécié pour ses films intimistes à caractère social , se penche cette fois-ci sur l’histoire et ce récit de la Chine et la période du IXème siècle et de la Dynastie Chang période tourmentée en luttes de pouvoirs et de rebellions contre le pouvoir central , abordant pour la première fois me films de genre d’arts Martiaux. Une histoire de luttes de pouvoirs et de clans, assez complexe dans le démêlé des événements au sein de laquelle s’inscrit une histoire d’amour et de sacrifice. Revenue de son exil ,Nie Yinniang qui a été éduquée aux arts martiaux par une nonne , devenue justicière , elle a pour mission d’éliminer les tyrans ..Et se voit remettre le morceau de jade symbole de la paix entre la cour Impériale et la province de Weibo , mais aussi de son mariage avorté avec son cousin Tian Ji’an . Ce dernier devenu gouverneur de la Province de Weibo décide de défier le pouvoir central . Nie Yinniang , elle , a reçu pour mission de Tuer son cousin et va devoir choisir entre sacrifier l’homme qu’elle aime ou rompre pour toujours avec « L’ordre des assassins ». Intrigues de Palais , bruit et fureur des batailles rangées ou des défis individuels au sabre , traque des traîtres et des rebelles , défis aux hommes de mains et aux légions de l’empereur. Le cinéaste construit une mise en scène magistrale d’une beauté formelle à couper le souffle où le travail sur les couleurs construit les scènes de jour et de défis ou ,scènes d’intérieurs d’intimité et ( ou ) d’intrigues de Palais, comme de tableaux ou le travail sur la couleur mais aussi sur le cadre , est époustouflant . Le travail sur les lumières et les ombres des intérieurs trouve écho dans la beauté des paysage sur celui des lumières naturelles offrant aux « défis » toute la beauté et la violence sauvage qui s’y déroule et le souffle de l’épique qui s’y déploie . Tandis que le dilemme auquel Nie Yinniang va se retrouver confrontée , au delà du sacrifice amoureux ou du choix Politique ,  et qui  renvoie- lui- à une tradition littéraire qui inscrit l’histoire et sa légende . Au delà delà de la complexité des intrigues on l’on se perd parfois , la beauté formelle vous accroche à l’écran et ne vous lâche plus …

Une scène de  Dheepan de  Jacques  Audiard
Une scène de Dheepan de Jacques Audiard

Dheepan de Jacques Audiard ( Compétition )
La guerre civile au Sri Lanka et ses exactions et ses morts morts . Le film commence par ce scènes de meurtre s et de violence eu des dizaines de cadavres dont un bûcher va consumer les corps . Au cœur de cette violence et ceux qui tentent de la fuir , les exilés Tamouls : un soldat , une jeune femme et une petite fille vont récupérer les papiers des victimes afin de partir chercher asile à l’étranger . Réfugiés en France Dheepan le soldat accompagné de sa désormais femme et de sa fille va obtenir les papiers officiels et , avec l’aide au placement ils vont  l’ être placés dans une cité sensible de banlieue où ils vont tenter de Se construire un Foyer. Jacques Audiard aime bien s’attache aux itinéraires de ses héros ( Un héros très discret , Le Prophète , de Rouille et d’os ) , il le poursuit au travers de Dheepan son soldat réfugié en France devenu gardien d’immeuble dans une cité où il s’investit dans son travail , tandis que sa femme va s’occuper d’aide a des personnes, et la petite fille sera inscrite à l’école pour une formation accélérée de Français. Réussie toute la partie qui décrit les efforts effectués par la famille pour s’insérer et les difficultés rencontrées , notamment lorsque ils subiront le contre-coup de la guerre des luttes d’influences et de territoires pour le trafic de drogue dans la cité. Il y a une scène très belle et très juste qui en dit long sur la perception des différences et des modes de vies ressenties par les étrangers confrontés à une culture qui n’est pas la leur, lorsque Dheepan dit à sa femme «  parfois j’écoute les discussions entre français et maintenant que je comprend bine la langue , je ne comprend pas pourquoi ils rient autant lorqu’ils racontent des histoires ! » et la femme qui lui rétorque «  c’est parce que tu n’as pas la même conception de l’humour ! » . Par contre lorsque le parcours de Dheepan se retrouve confronté à la violence des Cités qui lui renvoie celle du souvenir traumatique de la guerre civile , à vouloir forcer le trait  et le  télescoper  au cliché  sur la violence des cités , ou lorsqu’il intervient pour se poser en médiateur , puis encore lorsqu’un émissaire de la rébellion de son pays vient le relancer pour reprendre du service et qu’il se fait tabasser  pour  refus , on a un peu de mal à croire qu’il le soit pas inquiété… de même que sur le rôle ambigü du traducteur employé par les services d’immigration. Mais l’habileté de la mise en scène , sa virtuosité et sa force emportent les réticences , d’autant que la réflexion sur le parcours de Dheepan s’inscrit dans le final sur un questionnement qui interpelle , lorsqu’on retrouve celui-ci semblant avoir trouvé ( la scène finale ) une sérénité nouvelle en Angleterre , après avoir essuyé l’échec en France .

l'Affiche de The  Other  Side  de  Roberto Minervini
l’Affiche de The Other Side de Roberto Minervini

The Other Side de Roberto Minervini ( Un Ceratin Regard )
C’est l’Amérique de la crise et des laissés pour compte qui survivent abandonnés par les service s sociaux et qui sur vivent au quotidien d’expédients , de petits boulots et se réfugient dans les drogues , l’alcool et dans le refuges des valeurs ( familiales ), tandis que d’autres se radicalisent dans une violence radicale et extrémiste . C’est dans l’état du Texas que Roberto Minervini a situé son récit et son film et au cœur de la période très récente qui lui permet de faire écho aux difficultés qui persistent et à la multiplication des laissés pour compte de la deconde mandature de Barak Obama, à laquelle il est fait référence par les personnages d’un film choral qui tourne autour d’un personnage principal Addict à la drogue qui se raccroche à l’amour d’un compagne aimante , et à celui d’une mère malade qu’il adore et ne veut pas abandonner comme il le décalre dans un très belle scène «  si elle s’en va je ne pourrais pas y survivre » . Alors le travail quand il y en a il n’y rechigne pas , et la drogue il envisage de nouveau de se constituer prisonnier  «  pour pouvoir décrocher » . Il y a ses amis , voisins ou rencontres qui se retrouvent tout aussi abandonnés et démunis, et  qui comme lui pour oublier le quotidien se réfugient dans la drogue ou l’alcool. Au cœur de certaines discussions les commentaires vont bon train sur la Politqiue et ceux «  pour qui on ne compte que lorsqu’ils ont besoin de nos votes » , on y fustige Obama , on y est favorable à Hilary Clinton «  elle sera la future présidente des Etat-Unis » , dit un homme qui ajoute «  elles ont toujours mené le monde comme elle le font au foyer et au lit ! » . Puis insensiblement les discours se font plus durs encore et le ressentiment se laisse aller a des commentaires de haine et de racisme . Le climat  se fait plus lourd  … alors le récit bascule dans un camp d’entraînement d’hommes en treillis qui disent se préparer pour la révolution qui va éclater ( on y fustige tous les ennemis des Usa, et l’Otan … on y célèbre les soldats qui défendent la patrie ) , la haine est là , et elle éclate dans une séquence qui vient  illustrer ,un discours raciste qui fustige Obama . Une voiture dans laquelle est installé un mannequin à son effigie, sous les ordres d’un chef de commando la désigne comme cible et ordonne à un peloton de soldats  de tirer elle , puis de l’incendier … la révolte est ainsi installée dans les esprits qui préparent une autre ère où «  plus personne ne nous marchera dessus ! » . la virtuosité de la mise en cène , la force du récit qui bascule insensiblement vers une inquiétante radicalisation, au delà de l’impact des images sur l’écran , donne à percevoir un inquiétant scénario ( de possible fiction ) évoquant le Docteur Folamour de Stankey Kubrick . Angoissant.. ;

(Etienne Ballérini)

Le programme du Jour :
Chronic de Michel Franco ( Compétition)
Valley Of Love de Guillaume Nicloux ( Compétition)
Le Petit Prince de Mark Osborne ( Hors Compétition )
Masaan de Neeraj Ghayman ( Un Certain Regard )
Alias Maria de José Luis Regeles Garcia ( Un Certain Regard )
Madonna de Shin Su- Won ( Un Ceratin Regard )
-La Quatrieme Voie de Guryvinder Singh ( Un Certain Regard )

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