Le fondateur du festival de Cannes au Panthéon !

A ciaovivalaculture nous aimons beaucoup le cinéma. Mais pas que : le théâtre, la littérature, la musique, la peinture, la sculpture, la bande dessinée… quand on s’appelle ciaovivalaculture, il est normal que la culture soit notre « fonds de commerce », si vous me passez l’expression.

Donc, le cinéma. Et donc, forcement, le festival de Cannes. A l’heure où vous lirez ceci, notre vaillant critique, Etienne Ballerini, sera plongé dans le grand bain. Mais qui a eu cette idée folle, d’inventer ce festival ? Et bien le coupable s’appelle… Jean Zay. Quid ? Commodo ? Quando ?
Le 21 février 2014, le président de la République  annonce le transfert des cendres de Jean Zay ainsi que celles de Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle-Anthnioz et Germaine Tillion au Panthéon en tant que « grandes figures qui évoquent l’esprit de résistance ». Le 7 janvier 2015 est paru un décret du ministère de la Culture et de la Communication annonçant l’hommage de la Nation à la mémoire de ces quatre personnalités et le transfert des cendres de deux d’entre elles, dont Jean Zay, au Panthéon. La cérémonie est prévue le 27 mai 2015.

Jean Zay
Jean Zay

Jean Zay est un ministre du Front populaire qui a payé de sa vie son opposition au gouvernement de Vichy. Il  est né à Orléans en 1904. Ses grands-parents paternels étaient des juifs alsaciens qui avaient opté pour la France en 1871. Son père, secrétaire général des Prud’hommes, était rédacteur en chef du journal radical local « Le Progrès du Loiret ». Sa mère, institutrice, était de lignée protestante. Jean Zay est un brillant élève ; après le bac, il entre au Progrès du Loiret et prépare une licence en droit tout en militant au Parti Radical. Il se fait élire aux législatives de 1932 et entre en 1936 au gouvernement comme Sous- Secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil. Cette ascension rapide provoque beaucoup de polémique.
En 1936, Léon BLUM lui propose le ministère de l’Education Nationale et de la Culture. En septembre 1939, Jean Zay se porte volontaire pour le front et entre ensuite dans la résistance. Arrêté le 15 août 1940, il sera emprisonné, et le 20 juin 1944 des miliciens déguisés en résistants l’abattront puis le jetteront dans un puits. Son corps ne sera retrouvé qu’en 1946. Étant juif par son père, protestant par sa mère, franc-maçon et radical de gauche… Il suscitait la haine de la part des nazis et miliciens.
Jean Zay compte à son actif la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans, il contribua à faire de l’école un lieu d’instruction pour tous : riches et pauvres, Il est à l’initiative de la médecine préventive, de la radio scolaire, du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), il modifia la notion de droit d’auteur dans les domaines de l’écrit, du cinéma et de la radio.
Comme ministre des Beaux-arts, on lui doit la création de la réunion des théâtres lyriques nationaux et le musée national des traditions populaires, il encourage par ailleurs le principe de bibliothèques mobiles appelées bibliobus.

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Ingrid Bergman à l’affiche de l’édition 2015 du Festival de Cannes.

Il proposera également la création d’un festival de cinéma… à Cannes, venant concurrencer l’image de la Mostra de Venise, devenue la vitrine du fascisme italien. La première édition devait se tenir en septembre 39 mais l’histoire et la guerre devait en décider autrement.
Je voyais en janvier 2014 une pièce de théâtre, qui s’appelait « Jean Zay ». C’était à Cannes, à l’auditorium Debussy qui est, avec l’amphithéâtre Louis Lumière, l’une des deux salles du palais des Festival. La boucle était bouclée.
Le 5 mai, en présence de membres de la famille de l’homme politique assassiné par des miliciens à Molles (Allier) le 20 juin 1944, Najat Vallaud-Belkacem a officiellement installé dans son bureau le meuble sur lequel Jean Zay travaillait à l’époque où il était ministre de Léon Blum dans le gouvernement du Front Populaire. « Cœur battant à l’idée de m’asseoir chaque jour à ce qui fut sa place »
« Pour Jean Zay, la République repose avant tout sur le civisme et l’intelligence des citoyens, c’est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et morale. […] La politique est ce mouvement par lequel l’humanité s’approfondit et devient en quelque sorte plus digne d’elle-même. » (Antoine Prost)

Jacques Barbarin

Eléments bibliographiques
 Jean Zay et Patrick Pesnot, Souvenirs et solitude précédé de Jean Zay, ministre de l’intelligence française, Éditions de l’Aube,‎ 2004, 384 p
Jean Zay, Écrits de prison 1940-1944, Paris, Belin, 2014, 1051 p.
François Marlin, Jean Zay, un républicain, Éditions Infimes, 2015, 216 p.

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