L’Age d’Or, vive la vie !

Après son succès l’an dernier avec Le Passager de 10h09, la Compagnie azuréenne Grain de Scène propose à partir du 7 avril une nouvelle création au plus près de notre société vieillissante. La pièce se déroule au sein d’une maison de retraite mais disons le tout de suite, ce n’est pas le désespoir dans l’Age d’Or.

 Rideau ! Paul est dans son fauteuil roulant, Albert est debout, rien ne transparaît de sa déficience vasculaire, bon pied, bon œil…tic… tac, les têtes tournent à droite, à gauche, ils regardent passer un brancard recouvert d’un drap blanc…ici, c’est la retraite mais très vite la vie reprend, ils se balancent des vannes, ils évoquent le chômage, les crèches, le quotidien quoi…mais après un long silence d’Albert, les mots sont jetés…si on se barrait, on achèterait un camping car…la conversation s’interromp, l’aide soignante souriante Ophellia apporte le café et sort, les deux compères sortent de dessous leur chemise un flacon de gniole, la discussion reprend…il faudra prendre un crédit…t’es fou, on ne prête pas au vieux…Dans cette pièce, on aborde tous les problèmes de la vieillesse mais sans tristesse, une séquence rappelle leur situation sexuelle par des jeux de mots que seuls les hommes aiment évoquer, ils papotent comme tout le monde notamment d’une copines à eux, Clara, quand ils étaient jeunes et valides, une épopée à trois en Andalousie… Rideau, le noir…nous avons du courrier…annonce Albert…Qui nous écrit ? Ce n’est pas vrai, c’est Clara !…Rideau…le noir.

Charlotte Aubert et Didier Beaumont
Charlotte Aubert et Didier Beaumont

Clara arrive avec ses bagages, les deux compères surpris d’autant de valises apprennent que leur amie va prendre pension aussi dans cette maison de retraite. Les voilà revenus dans leur jeunesse, elle danse pour eux, les mecs chantent, se charrient en voyant leur état physique, se calment, jouent à la belote mais  ça trotte toujours dans leur tête …  mourir ailleurs mais libre…libre sans fric…il faut préparer un plan…ce sera tellement beau l’Andalousie tous les trois… Vous n’en saurait pas plus, il faut laisser l’intrigue à son maximum, à partir de là tout est permis, il faut du fric, ils vont en trouver. Cette comédie, mais oui une vraie comédie avec un propos sur le vieillissement a été écrite par Didier Beaumont « l’idée m’est venue un jour, envoyant une série de Caméra Cachée à la télé où les acteurs principaux étaient des vieux, on les soumettait à des situations totalement anachroniques par rapport à leur âge et on filmait la réaction des gens qui étaient sidérés de les voir faire des trucs que l’on ne s’attend pas à voir faire par des gens d’un certain âge… pour ma pièce, je n’ai pas fait d’enquêtes dans les maisons de retraite, je suis partie sur le principe des rumeurs qui existent, il se passe des choses, j’ai inventé une histoire et puis on a fait un dialogue autour de çà. Moi, j’ai une façon un peu bizarre de fonctionner, je sais comment va démarrer la pièce, je sais comment elle va se terminer et au milieu, je ne sais pas ce qui va se passer, don ça arrive au fur et à mesure. Parfois, j’ai une idée comme çà qui jaillit et puis, je pars dans mon délire, en fait, j’adore parler de problèmes entre guillemets graves mais au second degré et avec beaucoup de décalages et beaucoup d’acide caustique »

Danielle Di Sandro, Jean Luc Aufeuvre, Didier Beaumont
Danielle Di Sandro, Jean Luc Aufeuvre, Didier Beaumont

La mise en scène est de Danielle Di Sandro, dans la pièce, elle joue le rôle d’Ophelia, l’aide soignante « En fait, je n’ai pas été très surprise par la lecture puisque, au fur et à mesure, il y avait des passages qu’il me faisait lire, je n’ai pas eu la surprise parce que, à chaque fois, je connaissais l’évolution et pour la mise en scène j’avais quand même un fil conducteur mais, moi, je ne calcule rien à l’avance…j’arrive le jour J, on commence la première scène et on y va, le temps de voir et il y a plein de choses qui viennent et, à chaque fois, je me dis, c’est grâce aux comédiens, eux ne le savent pas forcément. J’ai choisi la maison de retraite avec un décor neutre, blanc, vide, je voulais que Clara, à chaque entrée amène un élément de joie, de couleur, de gaîté, la pièce est faite de contrastes tout le temps, ça va du rire aux larmes, ça passe de la joie à l’angoisse et à la fin, je la voulais pareille, contrastée entre ces personnes âgées qui sont complètement dépitées et anéanties, elles ont tout perdu, on ne dit pas quoi, ils n’ont plus de raisons de continuer à vivre… » Quelque soit la fin que vous pouvez imaginer dans cette comédie, l’essentiel est avant cette vie en maison de retraite, on pourrait dire cette fin de vie car, en général, les pensionnaires n’imaginent pas de projet d’évasion, pour ceux  qui le veulent, il reste le rêve, l’humour, l’envie de ne pas sombrer. Cette comédie est complètement d’actualité depuis la parution des statistiques sur l’allongement de la vie…mais quelle vie ?                                                           Jean Pierre Lamouroux

L’age d’or avec Danielle Di Sandro « Ophelia » – Charlotte Aubert « Clara » – Jean Luc Aufeuvre « Albert » – Didier Beaumont « Paul »

Compagnie Grain de Scène 06 62 78 35 28

Théâtre Raimu à Cannes : 04 93 47 21 26

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