Musique / A l’Ouest, on jazze aussi !

Si le jazz en période hivernale a son QG principalement à Nice, la Note Bleue a réussi depuis 3 ans à déployer ses ailes pour aller vers l’Ouest du département des Alpes Maritimes pour se poser à Mandelieu La Napoule avec l’heureuse permission de la municipalité et l’aide artistique d’une entreprise antiboise Label Note (1) – Nuits Carrées.

 

Electric - Epic (c)Enguerran -Ouvray
Electric – Epic
(c)Enguerran -Ouvray

Déjà l’an dernier, l’Espace Léonard de Vinci avait accueilli Baptiste Trotignon, Boyan Z et Michel Portal. Pour ce début d’année, l’affiche est aussi alléchante avec Guillaume Perret, Yaron Herman et Eric Truffaz. Claire Rolando, programmatrice au pôle Evènement Culturel se réjouit de cette initiative «… il y avait une demande de ce côté du département de la part de tous ceux qui aiment le jazz dans la mesure où aller à Nice n’est pas toujours évident, nous avons pensé aussi qu’il ne fallait pas attendre seulement la période touristique pour des évènements culturels…d’ailleurs, toutes les villes accumulent des concerts pendant cette époque, le succès de ces rendez vous en hiver prouvent qu’il y a une attente du public.. » Une telle initiative n’a pu se réaliser qu’avec une ossature de professionnels du spectacle, en l’occurrence, Label Note a réussi son implantation comme l’explique Sébastien Hamard, créateur aussi des Nuits Carrées à Antibes « …Il y avait moins de chose dans ce secteur qu’à Nice, on a la chance de travailler dans une salle exceptionnelle, j’adore y travailler, les artistes aiment y jouer. On confirme cet essai en proposant désormais un concert par mois ou plusieurs concerts par trimestre…je suis assez fier d’être sur ces évènements car je suis un amoureux du jazz et j’ai la chance aussi de travailler avec un grand musicien Boyan Z et nous rencontrons beaucoup de jeunes talents mais le secteur jazz reste très petit en France, c’est une musique peu relayée dans les média en dehors des grands festivals et, bien sûr, la difficulté des musiciens moins connus de figurer sur une grande affiche mais il faut dire que depuis plusieurs années dans notre région, il y a de nombreux musiciens de qualité et le nombre de lieux pour se produire est en augmentation…je pense qu’avoir la possibilité de faire venir dans notre région de grosses pointures peut inciter des mélomanes, pas forcément toujours dans la culture jazz à se rendre aux concerts avec des musiciens moins connus et qui sont souvent dans leur région ». Les Nuits Carrées sont encore loin, allons à la rencontre de Guillaume Perret, premier invité 2015 à Mandelieu la Napoule et l’un des plus jeunes et des plus brillants saxophonistes, on pourrait dire saxophoniste « électrique » de part son instrument, ses compositions et sa façon de jouer. Révélé quand il a sorti son premier album avec son groupe Electric Epic en 1992 (2) Brutalum Voluptous, il aime dire qu’il est autodidacte mais il fut un brillant élève de plusieurs Conservatoires avant de prendre très vite son envol pour la sphère des jazzmen, un envol loin d’un jazz formaté mais qui va plutôt vers une musique qui interroge les puristes de la spécialité quand un son nouveau apparaît…on pourrait dire des éclatements de phrases musicales, d’ailleurs à ce sujet, mon confrère de Télérama, Michel Contat disait «  …cet effet de puissance, on ne l’avait pas éprouvé depuis Weather Report… »

(c)Paul Charbi
(c)Paul Charbi

Avec son groupe Electric Epic, on peut prononcer les mots de Jazz Métal, distorsion, rock progressif, riffles effrénés des synthés, impros débridées, bref il y a certainement d’autres termes qui conviennent à cette musique mais il ne faut pas oublier que derrière tout cela, les musiciens qui entourent Guillaume Perret sont dans le jus avec Philippe Bussonnet à la basse électrique qui travaille avec Magma, le guitariste Jim Grand a joué à côté d’Eric Lelan et à la batterie le niçois Yoann Serra qui a joué au sein de l’ONJ de Daniel Yvinec et qui connaît Guillaume Perret depuis sept ans et qui nous fait rentrer un peu dans les ambiances du début du trio « … ça dépend, ,les impros ça peut vraiment partir dans des endroits qui ne sont pas prévus mais là aussi, c’était quand on était en recherche du son du groupe au début, après les répétitions, c’était à la fois de la recherche, on ne savait pas où on allait, où on mettait les pieds et, en même temps, c’était très structuré dans le sens où Guillaume avait des compositions toutes faites, donc pour nous, la recherche c’était surtout comment s’accaparer la composition qui existe déjà pour ensuite, comment l’interpréter et comment trouver notre son de groupe…après, par la suite, au bout de plusieurs années, on a même composé des choses ensemble. Guillaume enregistrait beaucoup les répétitions où des fois on faisait les contres, il y a plein de petites idées comme çà qui sont apparues ou alors parfois, c’était en répétition, on jouait un morceau mais on ne savait pas comment faire et puis, des fois…Boum, il y a une espèce d’étincelle. Au début des répétitions, c’était plutôt nous trouver, nous et le groupe et par la suite, on a eu un son de groupe qui s’est créé depuis quelques années et après, ça a été, quoi jouer d’autre ? »

(c) Fabrice - Journo
(c) Fabrice – Journo

Quoi jouer d’autre, ça n’a pas été difficile pour le groupe avec la sortie du deuxième album en septembre 2014 (2) et entre deux tournées, Guillaume Perret est un insatiable travailleur, il écrit pour le théâtre et la danse, il propose des arrangements à de nombreux élèves du Conservatoire, il organise des workshops avec des étudiants de plusieurs pays à la rencontre des sourds muets et, il continue son aventure avec celui qui le premier a cru qu’il allait devenir un grand compositeur de musique d’avant garde John Zorn saxophoniste lui aussi et immense compositeur et découvreur de talent dans la musique actuelle et qui n’a pas hésité à créer un label (TZADIK) et une encyclopédie, The book of Angels qui regroupe dans chaque volume un musicien ou un groupe très branché dans une musique inventive où justement va figurer Guillaume Perret. En attendant, à Mandelieu, l’Electric Epic jouera en priorité des morceaux du nouveau CD avec un morceau de Brutalum Volupto que je traduis en toute modestie « Brutalité de la volupté » quelques mots qui me semble convenir a cet inventeur de sons…Un musicien qui ne fait pas semblant de jouer en effet, quand il souffle, une petite lumière rouge s’allume sur son sax. Une seule consigne, laissez vous surprendre le 30 janvier!

 

                                                                             Jean pierre Lamouroux

 

  • Brutalum Voluptuous chez TZADIK
  • Open me chez Kakoum records distribué par Harmonia Mundi
  • Le groupe avait joué le 8 juillet 2013 au Nice Jazz Festival pour les After Hours
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