DVD / Hollywood Legends – épisode 4 : Quelques gangsters bien sympathiques

30 films oubliés ou méconnus signés par les plus grands cinéastes américains édités en DVD par ESC conseils… Que des pépites !* 

 

 

Les aventuriers du Lucky Lady
Les aventuriers du Lucky Lady

Les Aventuriers du Lucky Lady (Lucky Lady), USA, 1975, de Stanley Donen avec: Gene Hackman, Liza Minnelli, Burt Reynolds
1930. Trois aventuriers, Walker, sa fiancée Claire, une chanteuse de cabaret, et Kibby, un Américain s’associent pour acheminer des caisses d’alcool vers les Etats-Unis en pleine prohibition.
Un divertissement signé Stanley Donen est le gage d’un bon moment de cinéma. Certes, le trio joue sur la même longueur d’onde avec un plaisir évident, le mélange de comique, de luckyladydvdsérieux, de cynisme et de vaudeville fonctionne plutôt bien. Et pourtant ce film nous laisse sur notre faim et un drôle de goût de déjà vu… Eh oui, ce n’est qu’un plagiat évident et pas meilleur du Boulevard du Rhum, réalisé quatre ans avant par Robert Enrico.

 

les auatres malfrats Les Quatre Malfrats (The Hot Rock), USA, 1972, de Peter Yates avec Robert Redford, George Segal
Des gangsters amateurs réussissent un coup fantastique par la voie des airs, parmi les gratte-ciels. Le but est de s’emparer d’un énorme diamant exposé au museum de Brooklyn, pour le compte d’un ambassadeur africain revendiquant le bijou.
Sur une idée mille fois utilisée (le hold up si audacieux qu’il ne semble pas possible), Peter Yates réussit un film plein de charme et de rythme. Les aventures à rebondissements de ces braves types conduits par un Redford impérial sont toujours plaisantes, à la limite de la parodie. Ce polar américain gonflé à l’humour anglais est une réussite.

 

 

Têtes Videartoff7338s Cherchent Coffre Plein (The Brink’s Job), USA, 1978, de William Friedkin 
avec Peter Falk, Peter Boyle, Warren Oates, Gena Rowlands
Cambrioleur à la petite semaine, Tony parvient à voler 30.000 $. Pourtant, la presse n’en fait pas état. Il découvre alors que le système de sécurité de la Brink’s est faillible, et décide de l’exploiter pour un coup encore plus gros.têtes vides
William Friedkin, le cinéaste aux sujets plutôt sociétaux et dramatiques où le pessimisme affleurent continuellement, s’est autorisé une bien agréable récréation avec ce petit polar à la fois drôle et pathétique (on pense au Pigeon de Mario Monicelli) inspiré d’un hold up bien réel qui eu lieu en 1950 et défraya la chronique. The Brink’s Job réunit une brochette d’acteurs épatants qui s’en donnent à cœur joie, aidés par des dialogues savoureux et des situations ubuesques. La séquence du vol des sacs de billets dans les locaux de la Brinks est un modèle du genre.

 

Des œuvres pas si « mineures »

Ces trois films réalisés par de grands cinéastes hollywoodiens sont peu connus et souvent considérés comme des œuvres mineures dans leurs carrières qui comptent plusieurs chefs d’œuvre. Et pourtant, ils débordent de qualités évidentes tant par leurs thématiques que par leurs réalisations.

 

neigeUne Poignée de Neige (Hatful of Rain), USA, 1957, de Fred Zinnemann avec Don Murray, Eva Marie Saint
Blessé pendant la guerre de Corée, Johnny Pope rentre chez lui. Sa femme Celia, qui attend un enfant, le trouve changé: Johnny est sujets à des accès de violence. Célia demande de l’aide à Polo, son beau-frère, qui est amoureux d’elle…
neiges2Hormis L’Homme au bras d’or de Otto Preminger en deux ans avant, peu de films dans ces années 50 abordent de front le problème de la drogue et de sa dépendance. C’est ce que fait Fred Zinnemann avec cette Poignée de neige, traitant ce fléau avec l’humanisme sincère qu’on lui connaît. Face à ce G.I. perdu, incapable de reprendre une vie normale et de comprendre son entourage, il prône une aide compréhensive plutôt que la répression aveugle qui est plutôt dans l’air du temps. Le propos n’est jamais moralisateur, et les moments mélodramatiques parfaitement maitrisés.

 

 

quintet2Quintet (Quintet), USA, 1949, de Robert Altman avec Paul Newman, Bibi Andersson, Fernando Rey, Vittorio Gassman, Brigitte Fossey
La Terre est entrée dans une nouvelle ère glacière. A travers des paysages enneigés, Essex se rend avec sa femme dans la ville où il a grandi. Ils découvrent une cité à l’agonie dont les habitants tentent de survivre et n’ont pour seules occupations que l’alcool et un étrange jeu, le Quintet. Le but du jeu semble être de rester en vie, mais les règles, obscures, changent sans arrêt.
quintetCe conte philosophique n’est certes pas le film le plus facile de Robert Altman, l’histoire est plutôt hermétique mais la realisation, les paysages et certaines sequences sont absolument fascinantes. Paul Newman, étonnant et impressionnant, habite complètement ce personage d’Essex, sorte d’ultime sage d’une planète condamnée.

 

 

hongkongLe Rendez-vous de Hong Kong (Sodier of Fortune)
USA, 1955, de Edward Dmytryk avec Clark Gable, Susan Hayward, Michale Rennie
Parti faire un reportage en Chine, le journaliste Louis Hoyt disparaît. Sa femme Jane se rend à Hong Kong afin de le retrouver. Mais ni le consulat américain, ni les autorités britanniques ne veulent lui venir en aide. En désespoir de cause, elle fait appel à Hank Lee, un aventurier qui vit de la contrebande. Leurs recherches vont se révéler pleines de danger.
le-rendez-vous-de-hong-kong_18661_6717Sans doute le moins ambitieux des trios, Ce Rendez-vous de Hong Kong n’est guère plus qu’un bon film d’aventures. Ce qui n’est déjà pas mal quand on connaît les qualités de Edward Dmytryk. Le cocktail suspense-rebondissements-coups de theatre fonctionne très bien et se double en filigrane d’un regard critique l’attitude des deux blocs en pleine guerre froide.

 

Par Gérard Camy

 

* ESC CONSEILS a fait le bonheur des cinéphiles en créant cette collection « HollywoodLegends ». Avec 30 DVD pour commencer (espérons que ce n’est qu’un début), les éditeurs ont frappé fort. En puisant dans les productions de 20th Century Fox et Metro-Goldwyn-Mayer, ils permettent la (re)découverte en DVD de films invisibles depuis très longtemps, œuvres rares ou considérées (souvent à tort) comme mineures de grands réalisateurs travaillant à Hollywood. Et la liste des cinéastes et des stars convoqués est impressionnante. Le tout Hollywood de son âge d’or se retrouve au fil de ces 30 longs métrages.

 

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