Danse / Je suis Nao le robot de Blanca Li

Robots. Blanca Li

Cinquante huit centimètres de haut et il sait tout faire ou presque, en tous cas, il danse. Pour les 20 ans de la naissance de sa compagnie, la chorégraphe Blanca Li avec sa dernière création Robot en 2013 a fait fort en explorant une fois encore notre société. Elle se passionne cette fois pour les nouvelles technologies et voit là un fantastique outil de travail pour des créations artistiques les plus insensées.

 Que de chemin parcouru pour la plus brillante des chorégraphes actuelles qui très vite n’est jamais restée les deux pieds dans le même « chausson », elle a proposé Songe du Minotaure en 1998 inspiré de la Grèce antique, Macadam, Macadam très hip, hop en 1990, Univers Unique avec le monde des trapézites sans oublier Don Giovanni, Bagdad Café ou Electrokif. Pour Robot, c’est une rencontre en 2011 avec le japonais Maywa Denki, la référence en matière d’objets animés qui va l’inspirer. Le nouveau pari est lancé, Blanca Li fera évoluer ses danseurs au milieu de personnages robotisés, ils seront cinq petits avec derrière eux une dizaine de robots musicaux de grande taille, chacun capable de jouer de la batterie, du violon et d’autres instruments pour obtenir des sons bizarres. Bien sûr, il a fallu pour une telle création de belles lumières, là aussi, les progrès de la technologie nous amène très vite dans un univers que l’on appelle régulièrement futuriste…Bon gardons ce mot et laissons nous aller dans ce spectacle où bien entendu, les danseurs et danseuses de Blanca Li sont comme d’habitude agiles dans des positions peu courantes, arrivent enfin les Nao, ils sortes de leurs petites boîtes bleues et là, on est fasciné, on en oublierait les danseurs car bien sûr, c’est la curiosité qui l’emporte même si depuis quelque temps, les objets robotisés envahissent notre univers, mais là, tout y est, ils marchent, ils tombent, ils se relèvent, un danseur les prend dans ses bras avec derrière eux tous ces musiciens en carbone et aluminium bourrés de capteurs et de caméras. De passage au théâtre Anthéa d’Antibes dans les Alpes Maritimes pour deux soirées, Glyslein Lefever, danseuse et assistante chorégraphique explique le pari audacieux de Blanca Li

 

Je pense que tous ces spectacles sont un pari, celui là c’est encore différent des autres c’est aussi un pari de partager un spectacle avec toute cette technologie la robotique. A chaque fois elle ne veut pas aller dans la facilité, c’est quelqu’un de très curieux, à chaque fois, elle pousse très loin sa curiosité, donc là, en l’occurrence en s’entourant de tous ces robots et de toutes ces machines qui sont quand même une grosse contrainte pour nous à chaque fois.

Elle a dit un jour qu’elle n’était pas très portée sur les nouvelles technologies ?

Ce n’est pas qu’elle n’était pas portée, je pense qu’effectivement, une fois qu’elle a tout, qu’elle a fait beaucoup de chose aujourd’hui, si on se retourne un peu, on voit que les gens ont des téléphones dans la main, tout est robotisé finalement, les aéroports ce sont des portiques, de même quand vous faites vos courses…en fait, on ne s’en rend pas compte mais on a affaire avec des robots toute la journée, tous les jours…je pense que Bianca vit avec son temps.

 IMG_6764 Magali Bragard

 

Vous qui dansez devant les robots, quelle est votre impression ?

Ici, les robots sont engagés au même titre que les danseurs, ils ont leurs partitions et nous avons la notre, on ne prend pas la partition du robot, chacun a la sienne…il y a une très jolie rencontre avec un danseur et un robot mais c’est vraiment une rencontre, un partage et, d’un coup, c’est très humain et ils ont leur place tous les deux. On ne les subit pas, ils ne nous subissent pas.

Vous êtes devant ce robot, au bout d’un moment avez-vous l’impression d’être devant quelqu’un d’autre ?

Le robot, c’est un peu comme les jouets finalement, qu’on le veuille ou pas, on est très touché par l’attitude d’un petit robot, il nous touche parce que c’est fragile,finalement, c’est une machine mais on ne voit pas la machine, nous on voit la magie de la machine.

IMG_7488 Magali Bragard

Il y a une émotion avec la danse, le robot n’en enlève-t-il pas un peu ?

Le robot, ce qu’il fait, ce sont les danseurs qui l’ont programmé, finalement, c’est quelque part l’émotion d’un danseur qui a fait que le robot marche, tout çà se ressent, ce n’est pas une machine qui a créé, qui a donné les pas à un robot c’est un être humain, on a travaillé pendant un an pour que le robot trouve tous ses mouvements de danse. C’est un danseur qui était avec lui, qui lui faisait faire des choses. A chaque fois, on enregistrait tous les pas que le danseur essayait de faire avec le robot, c’est sûr que ce n’est pas la même chose qu’un être humain, un robot, vous le mettez sur un pied, il tombe et si vous le programmez pour qu’il reste sur son pied, il ne tombe pas mais il faut le programmer avant pour lui faire faire des choses comme çà. Il y a toute une mécanique, tous les mouvements doivent être enregistrés mais même les micromouvements… quand l’ingénieur a rentré toutes les données dans la machine il y a eu une lecture de faite mais la chorégraphie est d’abord venue d’un être humain, d’un danseur et de Blanca qui manipulent le robot.

Quand on travaille avec Blanca Li on n’attend pas déjà l’autre aventure ?

On est toujours dans l’aventure avec Blanca, ce qui est génial c’est qu’on ne sait jamais comment cette aventure va finir et alors, il y a beaucoup de doute et puis finalement, tout retombe sur ses pieds, tout reprend sa place et, à chaque fois on dit, on ne s’en sortira pas cette fois ci, c’est trop compliqué surtout avec les robots, les machines qui tombent en panne et puis, à chaque fois il y a la magie du théâtre.

Et si un robot tombe en panne ?

Il y a un ensemble de robots et il y a des robots qui sont en coulisse qui sont prêt à rentrer à la place de celui qui ne marche pas, on a des remplaçants qui suivent et qui font le spectacle en coulisses, s’il y a un problème, ils rentrent à la place de l’autre.

 

Bien entendu après un tel spectacle, on reste suspendu à un questionnement peu habituel, j’aime ou j’aime pas…non ces robots qui semblent parfois très vivants exprimeront-ils un jour des sentiments vu les progrès technologiques, certains chercheurs le croient mais est ce que les humains en chair et en os le désirent, si on veut aller plus loin, seront nous à moitié humain et à moitié robot et pour aller un peu plus loin…  « Dis moi Jonathan, tu as su que Jacques s’est marié avec Amilca une superbe robotesse avec des yeux…je ne te dis pas ???

 

Jean Pierre Lamouroux

Robot de Blanca Li – Musique de Tao Gutierrez et Maywa Denki

Robots Nao Aldebaran Robotics

Robots musicaux Maywa Denki

Lumière Jacques Châtelet

Vidéo Charles Carcopino

 

Tournées en France 2014/2015

 

28 novembre : St Maximin la st Baume

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s